# Le fusil Lee-Enfield Le **Lee-Enfield** est la famille de fusils à verrou de l'armée britannique chambrés en **.303 British** : le Magazine Lee-Enfield de 1895, le Short Magazine Lee-Enfield (SMLE) de 1902, puis les Rifles No. 4 et No. 5, encore en service en 1951 [9][16]. Tous gardent la culasse de Lee, dont les tenons de verrouillage sont à l'arrière du cylindre et la tête de culasse ne tourne pas, et un magasin de 10 cartouches qu'on garnit par lames-chargeurs de cinq [13][16]. Le nom associe cette culasse à la rayure Enfield, qui a remplacé en 1895 la rayure Metford du premier modèle, le Lee-Metford de 1888 [16]. ![Short Magazine Lee-Enfield Mk III, daté entre 1907 et 1918, au York Castle Museum. Photo : York Museums Trust, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons.](histoire:lee_enfield_smle_mk3.jpg?800) ## Caractéristiques | Grandeur | Lee-Metford Mk I* (1892) [7] | Lee-Enfield Mk I* (1899) [7] | SMLE Mk III | Rifle No. 4 Mk I [9] | Rifle No. 5 Mk I [9] | | :--- | :---: | :---: | :---: | :---: | :---: | | Masse | 4,31 kg (9 lb 8 oz) | 4,20 kg (9 lb 4 oz) | 3,91 kg (8 lb 10 oz) [9][16] | 4,00 à 4,11 kg (8 lb 13 oz à 9 lb 1 oz) | 3,25 kg (7 lb 2½ oz) | | Longueur, crosse normale | 1,257 m (4 ft 1½ in) | 1,257 m (4 ft 1½ in) | 1,118 m (3 ft 8 in) [9] | 1,130 m (3 ft 8½ in) | 1,003 m (3 ft 3½ in) | | Canon | 767 mm (30,2 in) | 767 mm (30,2 in) | 640 mm (25,19 in) [16] | — | environ 165 mm de moins que le No. 4 | | Rayures | 7, segmentaires (Metford) | 5 (Enfield) | 5, à gauche, un tour en 254 mm (10 in) [16] | 5 (canons Mk 1 et Mk 3) ou 2 (canon Mk 2), à gauche, un tour en 10 in | — | | Magasin | 8 cartouches | 10 cartouches | 10 cartouches [16] | 10 cartouches | 10 cartouches | | Hausse | — | — | 200 à 2 000 yd [16] | Mk 1 : 200 à 1 300 yd ; Mk 2 : 300 et 600 yd | 200 à 800 yd, œilleton de combat à 300 yd | | Rayon de visée | — | — | 494 mm (19,44 in) [9] | 730 mm (28,74 in) | 588 mm (23,14 in) | Les documents d'époque ne s'accordent pas toujours au demi-pouce ou à la demi-once près. Pour le SMLE Mk III, les //Musketry Regulations// de 1909 donnent 3,93 kg (8 lb 10½ oz) et 1,130 m (3 ft 8½ in), contre 3,91 kg et 1,118 m dans le //Text Book of Small Arms// de 1929 et le précis des armuriers de 1951 [9][13][16]. ## Du Lee-Metford au Lee-Enfield Le brevet américain 221 328 de **James Lee**, d'Ilion (État de New York), publié le 4 novembre 1879, décrit une arme à verrou qui peut servir à un coup ou recevoir un magasin amovible [8]. En Grande-Bretagne, un comité chargé de remplacer le Martini-Henry essaie en 1887 une arme et une munition de calibre .3 dues au colonel Rubin. Il recommande le petit calibre en juin 1887, puis en janvier 1888 un fusil à magasin de calibre .303, avec la culasse de Lee et la rayure segmentaire peu profonde de Metford [16]. La première cartouche est chargée de **70 grains (4,54 g) de poudre noire** comprimée en pastille, sous une balle de **215 grains (13,93 g)** à 1 850 pieds par seconde (564 m/s) : la poudre sans fumée est encore à l'essai [16]. Le magasin du Lee-Metford Mk I contient 8 cartouches ; il en reçoit 10, sur deux colonnes, à partir du Mk II [16]. La doctrine de l'époque fait charger l'arme coup par coup et garder le magasin, fermé par un arrêt, en réserve [16]. ![Lee-Metford Mk II, côté droit, dans les collections de l'Armémuseum de Stockholm. Photo : Armémuseum, domaine public, via Wikimedia Commons.](histoire:lee_metford_mk2.jpg?800) La **cordite**, introduite en 1892, porte la vitesse à 2 000 pieds par seconde (610 m/s) et ne laisse plus d'encrassement [16]. La rayure segmentaire de Metford avait été choisie pour ne pas retenir l'encrassement de la poudre noire ; l'érosion de la cordite l'efface trop vite. En 1895, l'armée revient à des rayures à bords francs, aussi larges que les cloisons, dont la profondeur passe de 0,0045 à 0,0065 pouce (0,11 à 0,17 mm) : le fusil prend le nom de **Lee-Enfield Mark I** [16]. Le Lee-Enfield Mk I* de 1899 n'a plus de baguette ; Fremantle donne à ce fusil et au Lee-Metford Mk I* le même pas, à gauche, de 33 calibres, et la même vitesse de 2 000 pieds par seconde avec 31,5 grains de cordite [7]. ## Le SMLE Le **Short Magazine Lee-Enfield** est approuvé le 23 décembre 1902 pour remplacer à la fois le Lee-Metford et le Lee-Enfield, appelés « fusils longs » [16]. La //List of Changes// de 1904 le donne environ 1¼ livre (570 g) plus léger et 5 pouces (127 mm) plus court que le Lee-Enfield Mk I ; son magasin de 10 coups se remplit par lames-chargeurs, et l'arrêt de magasin n'est plus fourni qu'à la Marine [12]. La lame-chargeur porte cinq cartouches et ne s'introduit pas dans l'arme, à la différence d'un clip [17]. Le //Text Book of Small Arms// de 1929 récapitule les marques du SMLE [16] : | Marque | Date donnée par le Text Book | Différence | | :--- | :---: | :--- | | Mk I | 1902 | fusil neuf | | Mk II | — | transformation d'un fusil long, semblable au Mk I | | Mk III | 1907 | guides de lame-chargeur sur un pont au-dessus du boîtier, guidon à lame, cran de hausse en U | | Mk IV | — | transformation d'anciennes marques, semblable au Mk III | | Mk III* | 1918 | sans arrêt de magasin, sans hausse à longue portée ni dérive | | Mk V | 1922, à titre provisoire | hausse à œilleton ; remplacé avant d'être produit en nombre | | Mk VI | — | amélioration du Mk V, pas encore distribuée en 1929 | La hausse du Mk III est graduée tous les 100 yards de 200 à 2 000 yards (183 à 1 829 m). Pour le tir collectif à très longue portée, le Mk III recevait en plus, sur le côté gauche, un œilleton et une hausse à cadran graduée de 1 600 à 2 800 yards [13] ; le //Text Book// donne 1 700 à 2 800 yards [16]. Cette visée a disparu sur le Mk III* [16]. Les //Musketry Regulations// de 1909 fixent les cadences : six coups par minute au plus en tir délibéré, et, en tir rapide sur un but net à moins d'environ 1 000 yards, « from 12 to 15 rounds per minute without serious loss of accuracy » pour un tireur bien entraîné [13]. ## Des numéros au lieu des marques : les No. 4 et No. 5 Le manuel d'instruction de 1942 appelle déjà le SMLE « No. 1 rifle », par opposition au « No. 4 rifle » [14]. En 1951, le précis des armuriers compte cinq modèles en service, numérotés de No. 1 à No. 5 : le SMLE devient le **Rifle No. 1 Mk 3** (avec arrêt de magasin) ou **Mk 3*** (sans) [9]. Les désignations ne se recoupent pas : le **No. 4** n'est pas un « SMLE Mk IV », marque qui désigne une transformation de fusils anciens, et la carabine « jungle » est le **No. 5 Mk 1**, non un « SMLE Mk V », marque approuvée à titre provisoire en 1922 et jamais produite en nombre [9][16]. **Le No. 4** est « une version modernisée du No. 1 » et, en 1951, l'a remplacé comme fusil principal [9]. Il n'a pas d'arrêt de magasin [14]. Sa première distribution comporte une hausse à œilleton, graduée, et un œilleton de combat pour le tir jusqu'à 300 yards baïonnette au canon [14] ; le précis de 1951 connaît trois hausses : Mk 1, à œilleton, de 200 à 1 300 yards ; Mk 2, à deux œilletons rabattables de 300 et 600 yards ; Mk 3, à loquet, de 200 à 1 300 yards [9]. Le Mk 1* se distingue du Mk 1 par le boîtier : le Mk 1 a un arrêtoir de tête de culasse vers l'arrière, le Mk 1* une encoche à droite, vers l'avant, par où la tête se dégage [9]. Parmi les canons, le Mk 2 n'a que deux rayures ; les Mk 1 et Mk 3 en ont cinq [9]. Un No. 4 Mk 1 de Maltby marqué « R.O.F.M. No4. Mk1. 1941 », conservé à l'Australian War Memorial, est présenté comme l'un des tout premiers produits ; le musée précise qu'il réunit des pièces de plusieurs fabricants [1]. ![Rifle No. 4 Mk I fabriqué en 1943, côté droit, dans les collections de l'Armémuseum de Stockholm. Photo : Armémuseum, domaine public, via Wikimedia Commons.](histoire:lee_enfield_no4_mk1.jpg?800) **Le No. 5 Mk 1** est un No. 4 raccourci et allégé, introduit pour le combat en jungle, avec un cache-flamme et une plaque de couche en caoutchouc [9]. Son canon, environ 6½ pouces (165 mm) plus court que celui du No. 4, est cannelé au renfort ; sa hausse à planche va de 200 à 800 yards, avec un œilleton de combat fixe à 300 yards [9]. ![Rifle No. 5 Mk I, côté gauche, au musée du Parachute Regiment et des forces aéroportées. Photo : Rama, CC BY-SA 3.0 FR, via Wikimedia Commons.](histoire:lee_enfield_no5.jpg?800) Dans l'armée belge, un ancien du 12e régiment du génie raconte avoir eu en dotation, à Namur en avril 1951, des Lee-Enfield en .303 British avec leur baïonnette « clou », puis des FN 49 neufs en juin 1952 ([fil du forum](https://www.tireur.org/forum/read.php?16,1334,1347)). C'est le seul témoignage lu sur ce point ; voir [[histoire:fn49|Le fusil FN modèle 1949]]. ## La culasse Lee La culasse du SMLE est un cylindre à levier coudé. Une nervure, à droite, et un tenon, à gauche, tous deux à l'arrière du cylindre, prennent appui sur le boîtier quand la culasse est fermée ; leurs faces arrière sont taillées en hélice, ce qui pousse la cartouche dans la chambre à la fermeture et donne l'extraction primaire à l'ouverture [16]. La tête de culasse est vissée dans le cylindre et ne tourne pas avec lui ; elle porte l'extracteur et un trou d'évacuation des gaz en cas de rupture d'étui [16]. Le ressort du percuteur se comprime en partie à l'ouverture et prend sa compression finale à la fermeture [16]. Le //Text Book// juge cette disposition « not a desirable arrangement » : au départ du coup, la plus grande partie du boîtier travaille en traction et la culasse en compression, ce qui fait vibrer l'arme latéralement ; le guidon du SMLE est décalé d'environ 0,015 pouce (0,4 mm) vers la gauche pour le compenser [16]. ## La feuillure et les têtes de culasse La .303 British est une cartouche à bourrelet : sa feuillure se prend sur le bourrelet, non sur l'épaulement [5]. La norme SAAMI donne au bourrelet de la cartouche une épaisseur de 0,054 à 0,064 pouce (1,37 à 1,63 mm), et à son logement dans la chambre une profondeur de 0,064 à 0,071 pouce (1,63 à 1,80 mm) [10]. Les armuriers militaires travaillaient avec des tolérances plus larges : sur le No. 1, la culasse doit fermer sur la jauge de 0,064 pouce et ne pas fermer sur celle de 0,074 pouce (1,88 mm) ; si elle ferme sur la seconde, on change la tête de culasse [9]. Entre le bourrelet le plus mince de la norme et la limite militaire, le jeu entre le culot de l'étui et la tête de culasse peut atteindre 0,020 pouce (0,51 mm). Sur le No. 4, la feuillure se règle par la **tête de culasse**, livrée en quatre longueurs numérotées de 0 à 3, de 0,003 pouce (0,076 mm) en 0,003 pouce ; le précis demande de conserver les têtes retirées, qui peuvent convenir à un autre fusil [9]. Un fusil acheté d'occasion peut donc porter une tête qui n'est plus la sienne ; seule une vérification aux jauges le dit. **Avant de recharger.** La feuillure d'un fusil de service peut aller jusqu'à la limite militaire de 0,074 pouce, plus profonde que la chambre la plus profonde de la norme SAAMI (0,071 pouce) [9][10]. Elle se vérifie aux jauges, et sur le No. 4 elle se corrige par la tête de culasse. Le mode de recalibrage et la durée de vie des étuis sont traités sur [[rechargement:preparation_etuis|Préparation et sélection des étuis]] ; les étuis d'ordonnance sont amorcés Berdan (voir plus bas). ## La cartouche .303 British | Marque | Balle | Charge | Vitesse initiale | | :--- | :--- | :--- | :--- | | Poudre noire (1888) | 215 gr (13,93 g) | 70 gr de poudre noire en pastille | 1 850 ft/s (564 m/s) [16] | | Mk VI | 215 gr, bout rond, chemise cupronickel | environ 31 gr (2,0 g) de cordite en 60 brins [17] | environ 2 060 ft/s (628 m/s) dans le SMLE [13] | | Mk VII | 174 gr (11,28 g), pointue | 35,5 à 37,5 gr (2,30 à 2,43 g) de cordite M.D.T. [17] | environ 2 440 ft/s (744 m/s) dans le SMLE [13][16] | La balle **Mk VII** est plus pointue que les précédentes, son ogive étant tracée d'un rayon de près de 8 calibres. Sa chemise est un alliage d'environ 80 % de cuivre et 20 % de nickel ; son noyau est en deux parties : à l'avant, de l'aluminium pur ou allié de 10 % de zinc, à l'arrière, du plomb à 2 % d'antimoine [17]. Le //Text Book// mentionne aussi des pointes de fibre ou de papier ; la pointe allège la balle sans la raccourcir, 174 grains au lieu d'environ 196 pour le même volume à noyau de plomb [16]. Il admet pour la Mk VII deux charges, la cordite ou une poudre nitrocellulosique ; la poudre américaine Dupont No. 16 porte dans le service britannique le nom de N.C.Z., d'où la lettre Z de certains marquages [16]. La balle Mk VII de 1909 mesure 0,311 pouce (7,90 mm) de diamètre [13]. La **Mk VIII** est la munition normale de la mitrailleuse Vickers ; le manuel de tir de 1939 précise que la graduation de hausse établie pour elle ne vaut pas pour la Mk VII [15]. **L'amorçage est Berdan.** Le culot de l'étui Mk VII comporte un logement d'amorce « in which an anvil is made by a projection of the material », percé de deux évents [17] : l'enclume fait partie de l'étui. Un tel étui se désamorce et se réamorce autrement qu'un étui Boxer : voir [[technique:amorcage|L'amorçage des cartouches]]. ### Les normes actuelles | Grandeur | C.I.P. [5] | SAAMI [10] | | :--- | :---: | :---: | | Pression | Pmax 3 650 bar (capteur) | 49 000 psi (pression moyenne maximale, capteur) ; 45 000 CUP | | Diamètre de la balle | 7,92 mm au plus | 7,86 à 7,94 mm (0,3095 à 0,3125 in) | | Longueur de l'étui | 56,44 mm au plus | 56,44 mm (2,222 in) au plus | | Longueur de la cartouche | 78,11 mm au plus | 74,04 à 78,11 mm | | Diamètre de l'âme, du fond des rayures (chambre) | 7,70 mm ; 7,98 mm | 7,70 mm ; 7,98 mm (0,303 et 0,314 in) | | Rayures | 5, un tour en 254 mm | 5, un tour en 10 in à gauche | Les deux pressions ne se convertissent pas l'une dans l'autre : elles ne sont pas mesurées au même point ni selon la même règle statistique (voir [[technique:limite_cip|Les limites de la C.I.P.]]). La SAAMI donne pour une balle de 174 grains une vitesse de 2 500 pieds par seconde (762 m/s) dans son canon d'essai de 24 pouces [10]. **Le diamètre de balle.** Le précis de 1951 admet pour l'âme du No. 4 de 0,301 à 0,304 pouce (7,65 à 7,72 mm) [9], et les rayures du SMLE sont plus profondes à la bouche qu'au tonnerre, 0,0065 et 0,00575 pouce [13] : le fond des rayures d'un fusil donné se mesure, par une empreinte ou en poussant une balle de plomb dans le canon, avant de choisir entre une balle de 0,311 et de 0,312 pouce. Une balle de 0,308 pouce (7,82 mm) est plus petite que le minimum de la norme SAAMI de la .303, 0,3095 pouce [10]. ## Visée et réglage du tir Le guidon se règle en hauteur par des **lames de hauteurs différentes**. Le No. 1 en a sept, de −0,06 à +0,03 pouce ; le No. 4 huit, de −0,03 à +0,075 pouce [9]. Sur la lame « O », la pointe est exactement à un pouce au-dessus de l'axe de l'âme, et les lames vont de 0,015 pouce (0,38 mm) en 0,015 pouce [9]. Un fusil qui tire bas reçoit une lame plus basse, et inversement : sur un No. 4, passer de la lame « O » à la lame −0,015 relève le point moyen de 1,87 pouce à 100 yards [9], soit environ 5 cm à 100 m. Le changement de lame relève de l'armurier dans les //Musketry Regulations// [13]. **La baïonnette change le réglage.** Sur le No. 4, retirer la baïonnette fait tirer plus haut, d'environ un pied (30 cm) à 200 et 300 yards ; c'est l'inverse du No. 1 [14]. Sur la hausse de combat à deux œilletons, l'œilleton « 300 » est juste à 300 yards baïonnette au canon et à 400 yards sans, l'œilleton « 600 » à 600 yards sans baïonnette [14]. ## Au stand Le règlement du fusil d'ordonnance de l'URSTB-F range le Lee-Enfield n° 4 Mk I, le Mk III et le n° 5 Mk I parmi les fusils **à verrou** (catégorie 10.2.1) ; les fusils de tireur d'élite avec leur visée d'origine, dont le n° 4 Mk I T et l'Enfield L42, vont d'office dans la catégorie des armes **modifiées** (10.2.4, art. 3.1) [11]. Une fiche technique du règlement présente le n° 4 Mk I : 4 kg, en .303 British [11]. Les conditions du match, les visées admises et le tir hors de Belgique sont décrits sur [[disciplines:fusil_ordonnance|Fusil d'ordonnance (TAR)]]. ## Le droit ### En Belgique Le Lee-Enfield est une arme à feu à répétition, soumise à autorisation [4]. La licence de tireur sportif en dispense pour « les armes à feu à répétition dont la longueur totale est supérieure à 60 cm ou dont la longueur du canon est supérieure à 30 cm », pour autant que la licence prévoie leur utilisation [2] : tous les modèles du tableau y entrent. Voir [[reglementation:licence_tireur_sportif|La licence de tireur sportif]]. Un fusil **fabriqué avant 1895**, comme un Lee-Metford de cette époque, est une arme d'intérêt historique, en vente libre [3] ; mais s'il est destiné au tir en dehors de manifestations historiques ou folkloriques, il est considéré comme une arme soumise à autorisation [4]. Voir [[reglementation:detention|Détention des armes]]. ### En France Le Code de la sécurité intérieure range en **catégorie C** (déclaration) les armes d'épaule à répétition manuelle de 11 coups au plus, mais en **catégorie B** (autorisation) toute arme d'épaule de 80 cm ou moins, ou dont le canon mesure 45 cm ou moins [6]. Le SMLE, à canon de 640 mm, est en C ; pour un No. 5, dont le canon est environ 165 mm plus court que celui du No. 4, c'est cette longueur qui décide [9]. Il range en **catégorie D** les armes historiques et de collection « dont le modèle est antérieur au 1er janvier 1900 », sauf celles qu'un arrêté classe dans une autre catégorie « en raison de leur dangerosité avérée, notamment en raison de leur année de fabrication » [6] ; le Lee-Metford de 1888 et le Lee-Enfield de 1895 sont des modèles antérieurs à 1900. ## Limites de cette page - Les dates d'adoption du No. 4, du No. 5 et de la cartouche Mk VII, et celle du passage aux numéros, ne figurent dans aucun des documents officiels lus ; la //List of Changes// n'a été lue que pour 1904. - En France, l'arrêté qui reclasse certaines armes de modèle antérieur à 1900 n'a pas été lu : la page ne dit pas si le Lee-Metford et le Lee-Enfield de 1895 y figurent. - Les transformations en 7,62 × 51 (Enfield L42, Ishapore 2A1, conversions civiles) et les fusils d'entraînement en .22 (No. 2, No. 7, No. 8, No. 9) ne sont pas traités. Un avertissement de sécurité de la NRA britannique sur les transformations en 7,62, reproduit sur des forums vers 2010, n'a pas été retrouvé dans son texte original. - Aucune charge de rechargement n'est donnée : celles des guides des fabricants de poudre s'appliquent, après vérification de la feuillure. ## Pour aller plus loin * [[disciplines:fusil_ordonnance|Fusil d'ordonnance (TAR)]] — règlement URSTB-F, catégories, visées admises. * [[histoire:fn49|Le fusil FN modèle 1949]] · [[histoire:mauser_suedois|Le Mauser suédois]] · [[histoire:k31|Le K31]] · [[histoire:mosin_nagant|Le Mosin-Nagant]]. * [[technique:amorcage|L'amorçage des cartouches]] — Berdan et Boxer · [[rechargement:preparation_etuis|Préparation et sélection des étuis]]. * [[reglementation:detention|Détention des armes]] · [[reglementation:licence_tireur_sportif|La licence de tireur sportif]]. * Le //Text Book of Small Arms// de 1929 est [hébergé par le site](https://www.tireur.org/books/libres/textbook_of_small_arms_1929.pdf), comme //The Book of the Rifle// de Fremantle ([PDF](https://www.tireur.org/books/libres/fremantle_the_book_of_the_rifle.pdf)). ## Références 1. Australian War Memorial — « Lee-Enfield No 4 Mk I Rifle », REL/16298, notice du catalogue en ligne, consultée le 2026-11-04. [awm.gov.au](https://www.awm.gov.au/collection/C244160). 2. Belgique — arrêté ministériel du 15 mars 2007 déterminant la liste des armes à feu conçues pour le tir sportif, pour lesquelles les titulaires d'une licence de tireur sportif sont exemptés de l'obligation d'autorisation, //Moniteur belge//, numac 2006009968 : article 1er. [etaamb.openjustice.be](https://etaamb.openjustice.be/fr/arrete-ministeriel-du-15-mars-2007_n2006009968.html). 3. Belgique — arrêté royal du 20 septembre 1991 relatif aux armes à feu d'intérêt historique, folklorique ou décoratif et aux armes à feu rendues inaptes au tir, art. 1er, 5° ; version consolidée de Justel, consultée le 2026-10-08. 4. Belgique — loi du 8 juin 2006 réglant des activités économiques et individuelles avec des armes (« loi sur les armes »), art. 3 ; version consolidée de Justel. 5. C.I.P. — fiche TAB. II « 303 British » (84-06-14, révision 08-09-23), lue au rendu image le 2026-11-04. Valeurs citées ponctuellement, document non redistribué. [bobp.cip-bobp.org](https://bobp.cip-bobp.org/uploads/tdcc/tab-ii/tabiical-fr-page74.pdf). 6. France — //Code de la sécurité intérieure//, article R311-2 ; lu dans l'édition consolidée de codes.droit.org du 15 octobre 2026. 7. Fremantle, T. F. — //The Book of the Rifle//, Londres, Longmans, Green & Co., 1901, p. 86 et tableau p. 110. 8. Lee, James — brevet des États-Unis n° 221 328, « Improvement in magazine fire-arms », publié le 4 novembre 1879. [patents.google.com](https://patents.google.com/patent/US221328A/en). 9. REME Technical Training School B.A.O.R. — //Armourers' Wing Précis//, vol. II, septembre 1951 : précis SA/16 (Rifles No. 1), SA/18 (Rifles No. 4), SA/19 (Rifles No. 5), SA/19A (réglage du tir), p. 247-310. [archive.org](https://archive.org/details/reme-technical-training-school-boar-armourers-wing-precis-volume-ii-1951). 10. SAAMI — ANSI/SAAMI Z299.4-2025, //Voluntary Industry Performance Standards for Pressure and Velocity of Centerfire Rifle Ammunition// : 303 British (plan de la cartouche et de la chambre, canon d'essai, vitesses et pressions). 11. URSTB-F — //Règlement de la discipline fusil d'ordonnance//, v7, 20 septembre 2023, art. 3.1 et tableau des armes ; //Bretelles et fiches techniques//, 2019. 12. War Office — //List of Changes in War Materiel and of Patterns of Military Stores//, 1er janvier 1904, § 11947 (Rifle, short, magazine, Lee-Enfield, Mark I), p. 515-520. [archive.org](https://archive.org/details/1904listchangeswarmateriel11946). 13. War Office — //Musketry Regulations, Part I//, 1909 (réimpression avec amendements, 1914), Londres, HMSO, p. 5-12, 49-51, 108. [archive.org](https://archive.org/details/musketry-regulations-part-1-1909-reprinted-1914). 14. War Office — //Small Arms Training, Volume I, Pamphlet No. 3 : Rifle//, 1942, p. 30-31. [archive.org](https://archive.org/details/1942-uk-sat-1-pam-3). 15. War Office — //Small Arms Training, Volume I, Pamphlet No. 7 : .303-inch Machine Gun, Part III, Fire Control//, 1939, p. 15. [archive.org](https://archive.org/details/1939-uk-sat-1-pam-7-pt-3). 16. War Office — //Text Book of Small Arms//, Londres, HMSO, 1929, p. 4-7, 20, 41-46, 210, 218, 224. [PDF hébergé](https://www.tireur.org/books/libres/textbook_of_small_arms_1929.pdf). 17. War Office — //Treatise on Ammunition//, 10e éd., Londres, HMSO, 1915, p. 531-533. [archive.org](https://archive.org/details/TreatiseOnAmmunition1915).