Carabine 50 m 3 positions
La Carabine 50 mètres 3 positions (50m Rifle Three Positions) est l'épreuve reine du tir à la carabine, et la seule des disciplines carabine à 50 m encore au programme olympique. Le tireur enchaîne les trois positions du tir sportif — genou, couché, debout — avec une carabine de petit calibre .22 LR, sur une cible située à 50 mètres.
Là où le 50 m couché mesure la précision pure et le 10 m l'immobilité debout, le 3 positions exige les deux à la fois, plus la capacité à passer de l'une à l'autre sans perdre le fil.
Olympique, épreuve masculine depuis 1952 et féminine depuis 1984. C'est la seule épreuve carabine 50 m encore aux Jeux : le 50 m couché en a été retiré après Rio 2016.
L'ordre des positions : genou, couché, debout
Le règlement ISSF (art. 7.7.1) impose un ordre strict : genou d'abord, couché ensuite, debout en dernier.
Cet ordre n'a rien d'anodin. Il place la position la plus difficile — le debout — à la fin, quand la fatigue physique et nerveuse est maximale et que le score est déjà largement engagé. C'est là que les matchs se gagnent et se perdent.
Genou : le tireur est assis sur le talon du pied arrière, un rouleau sous la cheville, le coude appuyé sur le genou avant. Position intermédiaire en stabilité, techniquement la plus délicate à régler.
Couché : la position la plus stable, l'arme portée par la bretelle et le squelette. Les scores y sont très élevés — on n'y gagne pas le match, mais on peut le perdre.
Debout : sans aucun appui, l'arme tenue à bout de bras sur la hanche. La plus exigeante, et celle qui départage.
Match : 3 × 20 coups, soit 60 coups de compétition, dans un bloc de temps unique de 1 h 45 en stand extérieur (1 h 30 seulement en stand couvert) — le tireur gère lui-même la répartition entre les trois positions et les changements. Un temps combiné de préparation et d'essais de 15 minutes précède le match (art. 7.7.2), et des coups d'essai restent autorisés avant chaque changement de position.
Score : la qualification se tire
en points entiers — maximum
600 (règle 6.11.9.2). Contrairement à la
50 m couché et à la
10 m, le 3 positions
n'est pas noté en décimal.
Finale : les huit meilleurs disputent une finale de 35 coups, dans les trois positions.
Le déroulé de la finale (règle 6.17.3)
C'est l'un des grands moments du tir olympique, et il est construit pour que tout se joue debout :
10 coups à genou, puis 10 coups couché, dans cet ordre, en 22 minutes au total.
Passage au debout : deux séries de 5 coups, chacune en 250 secondes. Les deux derniers du classement sont alors éliminés.
La finale se poursuit coup par coup, chaque coup tiré en 50 secondes, avec élimination du dernier après chaque coup — jusqu'à ce qu'il ne reste que deux tireurs pour le coup de l'or.
Le format a beaucoup changé — attention aux sources anciennes. Les messieurs ont longtemps tiré 3 × 40 (120 coups). Les dames tiraient 3 × 20, puis sont passées au 3 × 40 en janvier 2018 au nom de l'égalité. Depuis janvier 2022, tout le monde tire le 3 × 20. Un article ou une vidéo antérieurs à 2022 décriront donc un format qui n'existe plus. La finale a elle aussi changé : longtemps de 45 coups, elle en compte 35 au règlement en vigueur.
L'arme
Carabine de match en
.22 Long Rifle, à un coup, culasse manuelle — la même que pour le
50 m couché.
Poids maximum : 8,0 kg, accessoires compris. (Les dames étaient limitées à 6,5 kg jusqu'à l'unification des règles d'équipement en 2018.)
Visée : dioptre et tunnel porte-guidon, sans grossissement.
Équipement : veste et pantalon de tir rigides, bretelle (interdite au debout), gant, tapis, et une plaque de couche à crochet ainsi qu'un appui-main réglables — indispensables pour retrouver exactement la même tenue dans trois positions différentes.
La cible
C'est la même cible qu'au 50 m couché, dans les trois positions.
Le 10 mesure 10,4 mm de diamètre, le « inner ten » (départage) 5,0 mm.
Le visuel noir mesure 112,4 mm : il englobe les zones 4 à 10 et déborde sur une partie du 3 (règle 6.3.4.2).
Le diamètre total (le « 1 ») est de 154,4 mm.
Le fait que la cible soit identique dans les trois positions dit tout de la discipline : c'est le tireur qui change, pas la difficulté de la cible. Un même 10 vaut autant couché — où il est presque acquis — que debout, où il se mérite.
La technique
Trois positions, trois réglages : busc, plaque de couche, appui-main et bretelle se règlent différemment pour chaque position. Les carabines de match sont conçues pour que ces réglages soient repérés et reproductibles au clic.
La gestion du temps : avec un bloc unique de 1 h 30, le rythme est une compétence à part entière. Trop lent au genou, et l'on finit le debout dans l'urgence — la pire des situations.
Le passage d'une position à l'autre : les changements coûtent du temps, mais aussi de la lucidité. Beaucoup de tireurs perdent leurs premiers coups d'une position parce qu'ils y entrent sans l'avoir « reprise » mentalement.
Le debout final : c'est là que l'entraînement paie. La stabilité y est un acquis lent, et la gestion du stress de fin de match un exercice en soi.
Outils pratiques
Format, ordre des positions, temps de match, notation, déroulé de la finale et cotes de cible vérifiés sur le règlement ISSF en vigueur (édition 2025, 2e tirage 07/2026 — règles 6.11.9.2, 6.17.3, 7.7.1, 7.7.2 et 7.7.4). La cible ci-dessus est générée par notre propre outil, aux dimensions officielles.
Page vérifiée le 2026-07-28 contre le règlement ISSF lui-même — aucune correction n'a été nécessaire. Détail des points confrontés et de ce qui n'a pas pu l'être : fiche de vérification des épreuves de carabine.