Le fusil à poudre noire se charge par la bouche : la poudre d'abord, puis la balle, enfoncée à la baguette jusqu'à la poudre. La mise à feu vient d'une capsule posée sur une cheminée (percussion) ou d'une pierre qui frappe une batterie d'acier et enflamme une pincée de poudre dans un bassinet (silex). Cette page décrit le tir avec ces armes ; leur histoire est sur Le fusil à silex et Les systèmes de mise à feu, et les épreuves de compétition sur les épreuves MLAIC.
Les fabricants de poudre noire ne numérotent pas les granulations de la même façon. Pedersoli donne la correspondance suivante [5] :
| Usage | Suisse | Française (Vectan) | Allemande | Américaine |
|---|---|---|---|---|
| Gros calibres, petits canons | 4 | PNF1 | Fg | 1f |
| Fusils de calibre .45 et plus | 3 | PNF1 | FFg | 2f |
| Revolvers, pistolets et fusils jusqu'au .45 | 2 | PNF2 | FFFg | 3f |
| Pistolets jusqu'au .31, bassinets des fusils à silex | 1 | PNF4 | FFFFg | 4f |
La poudre noire ne se range pas dans un récipient en plastique, qui peut se charger d'électricité statique, sauf s'il est antistatique, ni près d'une source de chaleur ; les capsules se rangent à part, dans leur emballage d'origine et jamais dans du verre [5].
Pedersoli publie pour chaque modèle deux charges : une charge pour le tir sur cible, établie avec de la poudre suisse dans la granulation qui convient à l'arme, et une charge maximale à ne pas dépasser [3]. Sur les 125 lignes de fusils du tableau, la charge de cible vaut de 33 à 91 % de la charge maximale, 60 % en médiane. Quelques modèles :
| Modèle (Pedersoli) | Mise à feu | Calibre | Charge de cible | Charge maximale | Projectile | Calepin |
|---|---|---|---|---|---|---|
| Charleville 1777 | silex | .69 (17,5 mm) | 70 gr (4,54 g) | 100 gr (6,48 g) | balle ronde .675 (17,14 mm) | 0,18 mm |
| Brown Bess | silex | .75 | 75 gr (4,86 g) | 100 gr (6,48 g) | balle ronde .732 (18,59 mm) | 0,25 mm |
| Jäger Target | silex | .54 | 70 gr (4,54 g) | 100 gr (6,48 g) | balle ronde .535 (13,59 mm) | 0,25 mm |
| Swiss Match | silex | .45 | 38 gr (2,46 g) | 90 gr (5,83 g) | balle ronde .454 (11,53 mm) | 0,12 mm |
| Tryon Target | percussion | .45 | 30 gr (1,94 g) | 90 gr (5,83 g) | balle ronde .445 (11,30 mm) | 0,18 mm |
| Enfield P1853 | percussion | .577 | 60 gr (3,89 g) | 90 gr (5,83 g) | Minié .577, 620 gr | — |
| Whitworth | percussion | .45 | 50 gr (3,24 g) | 100 gr (6,48 g) | balle hexagonale .451 | — |
La charge se lit pour un modèle et un projectile, pas pour un calibre : le même Jäger en .54 à percussion prend 55 gr de poudre noire derrière une balle ronde et 65 gr derrière une balle allongée « maxi » de 420 gr [3]. Au-delà d'une charge raisonnable, la pression et le recul augmentent nettement pour un gain de vitesse faible [5].
La balle ronde est plus petite que l'âme ; c'est le calepin graissé, une rondelle de tissu, qui comble l'écart. En .69, la balle de .675 (17,14 mm) laisse 0,36 mm, deux épaisseurs du calepin de 0,18 mm [3]. Le calepin doit être en fibre naturelle, jamais synthétique [5].
La balle Minié est une balle allongée qui se charge sans calepin ; Pedersoli la donne pour les fusils réglementaires des années 1850-1860, Enfield et Springfield 1861 notamment [3]. Sa notice la fait mouler, calibrer au diamètre prescrit pour l'arme puis graisser d'une graisse tendre [5].
Selon la notice Pedersoli [5] :
La pierre se serre dans les mâchoires du chien entre deux lamelles de plomb [5]. Sa taille dépend de l'arme : de 5/8 de pouce (Kentucky) à 1 pouce (Brown Bess) selon le guide Pedersoli [4]. La pierre et la batterie doivent être parfaitement sèches ; sans pierre, on ne laisse jamais tomber le chien sur la batterie, et sur une arme à percussion, jamais sur une cheminée sans capsule [5].
Garder l'arme dirigée vers la cible. Une étincelle peut couver dans la poudre et faire partir le coup à tout moment : Pedersoli demande d'attendre au moins une minute avant de réamorcer [5] ; en compétition, le règlement MLAIC impose de rester en visée au moins dix secondes et de prévenir l'arbitre avant de vider l'arme [6].
Après plusieurs essais sans succès, Pedersoli décrit la décharge [5] : retirer la capsule et mettre le chien en sécurité ; noyer la charge en injectant de l'eau par la culasse, trois à cinq fois, puis attendre au moins trente minutes ; extraire la balle avec un tire-balle à vis au calibre de l'arme. Ne jamais démonter la culasse d'une arme chargée [5]. Une balle restée à mi-canon ne se tire pas : un espace d'air entre la balle et la poudre peut endommager l'arme et blesser le tireur [5].
L'encrassement de la poudre noire est abondant et très corrosif : on nettoie après chaque journée de tir [5]. Sur une arme à percussion, démonter la cheminée. Frotter l'âme à l'eau chaude savonneuse, rincer à l'eau la plus chaude possible, sécher le canon et les pièces métalliques avec des calepins propres pendant qu'ils sont encore chauds, puis huiler légèrement l'intérieur et l'extérieur une fois refroidis [5].
Les épreuves MLAIC pour armes longues sont décrites sur les épreuves MLAIC. Le règlement impose notamment [6] :
Les charges citées sont celles des tables Pedersoli pour ses propres armes ; elles ne se transposent pas à une autre arme, ni à une arme originale dont l'état n'a pas été contrôlé par un armurier.
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