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Le Fusil d'Assaut M16

Arme à tir sélectif — non civile. Le M16 est une arme d'infanterie à tir sélectif (semi-automatique et rafale). Sa détention par les civils est interdite ou sévèrement restreinte dans la quasi-totalité des pays. Les amateurs de tir sportif se tournent généralement vers sa dérivée semi-automatique, l'AR-15, traitée dans la section matériel.

Le M16 (United States Rifle, 5.56mm, M16) est le fusil d'assaut en service standard de l'armée américaine depuis les années 1960. Léger, chambrée dans la petite cartouche 5,56 × 45 mm OTAN, il rompt avec la doctrine de l'arme puissante et lourde (illustrée par le M1 Garand et le M14), au profit de la rapidité de tir et du volume de feu. Il reste l'un des fusils militaires les plus influents du XXe siècle.

Genèse et Développement

Le contexte : la fin du M14

À la fin des années 1950, l'armée américaine est équipée du M14, fusil puissant chambré en 7,62 × 51 mm OTAN, successeur du M1 Garand. Bien que précis à longue portée, le M14 est lourd (~4,5 kg chargé), difficile à contrôler en rafale, et encombrant dans les environnements forestiers denses. Les analyses des combats de la Seconde Guerre mondiale révèlent que la majorité des engagements ont lieu à moins de 300 mètres.

Eugene Stoner et ArmaLite

Le projet naît chez ArmaLite, une petite filiale de Fairchild Aircraft. L'ingénieur Eugene Stoner y conçoit à partir de 1956 un fusil radicalement différent : l'AR-15 (ArmaLite Rifle 15), chambré dans une toute nouvelle cartouche légère, le .223 Remington (ancêtre du 5,56 × 45 mm). Les choix de Stoner sont audacieux :

Ce que Stoner a réellement inventé — et ce que le nom lui fait dire. On lit couramment que l'AR-15 reprend l'emprunt de gaz direct du Ljungman suédois (Ag m/42) ou du MAS-49 français, les gaz venant frapper la culasse. Stoner a écrit l'inverse dans son propre brevet (US 2 951 424) : « this invention is a true expanding gas system instead of the conventional impinging gas system ».

Les gaz ne frappent rien. Ils sont admis dans une chambre ménagée à l'intérieur du porte-culasse, où la queue de la culasse, garnie de segments, fait office de piston et le porte-culasse de cylindre. La pression écarte les deux pièces : le porte-culasse recule tandis que la culasse reste verrouillée en avant, jusqu'à ce que la came la fasse pivoter. Le mécanisme est un piston — simplement logé à l'intérieur de l'arme au lieu d'être posé au-dessus du canon. C'est ce qui explique à la fois la légèreté de l'ensemble et son encrassement caractéristique, les gaz débouchant dans le boîtier de culasse.

Faute de capitaux, ArmaLite vend les droits de l'AR-15 à Colt en 1959 — 75 000 dollars comptant et 4,5 % de redevance sur la production future.

L'adoption militaire (1961–1969)

La voie vers l'adoption est laborieuse. Des tests en 1962 au Vietnam, menés par des forces spéciales, sont spectaculairement positifs : l'arme légère et la balle rapide à effet yaw (basculement dans les tissus) impressionnent. Mais la résistance interne de l'armée américaine, attachée au calibre puissant, freine l'adoption.

Les décisions se succèdent :

La catastrophe de fiabilité au Vietnam

Le déploiement initial au Vietnam révèle une crise grave. Des soldats sont retrouvés morts, leur M16 démonté à côté d'eux, tués en tentant de débloquer une culasse coincée. Les causes sont multiples :

  1. Changement de poudre sans validation : le Bureau de l'Ordnance impose une poudre à gravure sphérique (ball powder) plus encrassante que la poudre IMR initialement spécifiée par Stoner, générant des dépôts excessifs dans la chambre.
  2. Suppression du chromage de la chambre pour des raisons budgétaires.
  3. Absence de kit de nettoyage lors des premières livraisons — l'arme avait été vendue comme « autonettoyante ».
  4. Pas de baguette de démontage fournie, rendant les enrayages difficiles à débloquer.

Une commission d'enquête du Congrès (1967) force des corrections majeures : chambre et canon chromés, kit de nettoyage systématique, poudre IMR réintroduite, et une campagne intensive de formation à l'entretien — dont le DA Pamphlet 750-30 est le fruit direct.

Caractéristiques Techniques

Critère M16A1 (standard Vietnam)
Calibre / munition 5,56 × 45 mm (.223 Rem. M193)
Fonctionnement Emprunt de gaz dit direct — piston interne au porte-culasse, sans tige de manœuvre —, culasse rotative (7 tenons)
Sélecteur Sûreté / Semi-automatique / Rafale (full-auto sur A1)
Cadence (théorique) ~800 coups/min en rafale
Longueur totale 990 mm (crosse fixe)
Longueur du canon 508 mm (20 pouces)
Masse à vide ~2,9 kg
Chargeur 20 ou 30 coups (STANAG)
Organes de visée Guidon réglable, dioptre de combat (réglage dérive par outil ou balle)

Les Grandes Variantes

L'AR-15 : la dérivée civile semi-automatique

Le M16 a engendré une famille civile florissante : l'AR-15 de Colt, approuvé à la vente civile le 10 décembre 1963 et commercialisé à partir du 2 janvier 1964 (modèle R6000 Sporter), puis repris par d'innombrables fabricants après l'expiration des brevets. Purement semi-automatique, il est légal dans de nombreux pays (sous réserve de la réglementation locale sur les armes semi-auto) et très populaire dans le tir de précision, le tir longue distance et les compétitions de type PRS ou 3-Gun. Voir la page dédiée : La carabine AR-15.

Archives et Manuels

Deux documents officiels de l'US Army couvrent l'instruction au tir et la maintenance de terrain du M16 :

Pour aller plus loin


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