Le pistolet .22 LR est l'arme de poing par laquelle presque tout le monde commence, et en Belgique il occupe une place à part : c'est la seule arme de poing moderne qu'une licence de tireur sportif permet de détenir sans autorisation. Le choix se fait donc à trois niveaux — ce que la loi admet, ce que le règlement de la discipline admet, et ce qui convient à la main et à l'usage. Cette page les prend dans cet ordre. Les caractéristiques propres à chaque épreuve sont sur les pages des disciplines ; la munition, sur celle de la .22 Long Rifle.
La loi sur les armes dispense les titulaires d'une licence de tireur sportif de l'autorisation de détention pour les armes « conçues pour le tir sportif » dont le ministre de la Justice arrête la liste (article 12, alinéa 1er, 2° ; voir La licence de tireur sportif). Cette liste est l'arrêté ministériel du 15 mars 2007, dont l'article 1er énumère sept catégories, « pour autant que la licence de tireur sportif prévoie leur utilisation ». Trois concernent l'arme de poing :
| Point de l'article 1er | Texte | Ce qui y entre |
|---|---|---|
| 6° | « les pistolets conçus spécifiquement pour le tir sportif, à cinq coups maximum de calibre .22 » | le pistolet .22 de tir sportif semi-automatique |
| 4° | « les armes à feu à un coup à percussion annulaire dont la longueur totale est au moins 28 cm » | les armes .22 à un coup, dont le pistolet de 50 m, s'il atteint 28 cm |
| 7° | armes « se chargeant par la culasse, par la bouche du canon ou par l'avant du barillet, exclusivement avec de la poudre noire » ou des cartouches à poudre noire à amorçage séparé, « dont le brevet est antérieur à 1890 » | le revolver à poudre noire (voir Le revolver à poudre noire) |
Ce que « pistolet » veut dire. La circulaire du 29 octobre 2010 relative à l'application de la législation sur les armes définit le pistolet comme une « arme courte dans laquelle l'extraction de l'étui vide, l'introduction d'une nouvelle cartouche et l'armement se font automatiquement, après le départ du coup », et le revolver comme une « arme courte à magasin rotatif ou barillet ». Le point 6° vise donc le semi-automatique — la circulaire ajoute en commentaire qu'« il existe également des pistolets à un coup sans chargeur », qui, en .22 et à partir de 28 cm, entrent de toute façon au 4°. Un revolver .22 moderne, lui, n'entre dans aucun des sept points, et reste soumis à autorisation. La circulaire le résume : « Une autorisation est nécessaire pour toutes les autres armes pouvant être utilisées pour le tir sportif. »
Deux listes, deux rôles. On lit aussi, dans les listes de disciplines et de catégories de la licence, des « pistolets et revolvers » : en Flandre, par exemple, la licence compte les revolvers comme une catégorie à part (voir Obtenir et conserver la licence). Ces textes des Communautés disent ce que la licence couvre ; l'arrêté ministériel fédéral dit quelles armes sont dispensées d'autorisation. L'article 12 exige les deux à la fois — l'arme doit figurer sur la liste fédérale, « pour autant que la licence […] prévoie leur utilisation ». Un revolver .22 peut donc relever de la licence sans être dispensé d'autorisation.
Ce que les textes ne définissent pas. Ni l'arrêté ni la circulaire ne disent ce qui fait qu'un pistolet est « conçu spécifiquement pour le tir sportif », ni comment s'entend « cinq coups maximum » pour une arme à feu — alors que, pour les armes à air, le même corpus précise « chargeur ou magasin d'une capacité de 5 coups maximum ». Ces deux points se tranchent au cas par cas ; avant l'achat, c'est au service des armes du gouverneur ou à l'armurier qu'il faut poser la question, pour le modèle précis. Cette page ne les tranche pas.
Dans le règlement ISSF 2026, les trois épreuves de 25 m à percussion annulaire — pistolet 25 m sportif, pistolet standard, tir rapide — admettent tout pistolet de calibre 5,6 mm (.22) à percussion annulaire chambré pour la cartouche long rifle, sauf un pistolet à un coup (art. 8.4.3.2), et partagent la même ligne du tableau des spécifications (art. 8.12) :
| Limite (ISSF 2026, art. 8.12) | Valeur |
|---|---|
| Poids, tous accessoires et chargeur vide compris | 1 400 g au plus |
| Poids de détente | 1 000 g au moins |
| Boîte de contrôle, pistolet complet avec ses organes de visée | 300 × 150 × 50 mm |
| Longueur du canon | 153 mm au plus |
| Rayon de visée | 220 mm au plus |
| Compensateur, frein de bouche, canon percé | interdits |
Un même pistolet sert donc aux trois ; les pistolets de tir rapide sont des armes spécialisées, mais conformes à la même ligne. Le pistolet 50 m est d'une autre famille : tout pistolet .22 long rifle y est admis, chargé d'une seule cartouche (art. 8.4.3.4), sans limite de poids ni de détente ; un pistolet de 25 m y est légal, mais désavantagé.
Un pistolet dessiné pour ces épreuves se tient au plus près des limites : la fiche d'un pistolet de match .22 annonce par exemple 295 × 140 × 49 mm hors tout, 1 095 g, un canon de 120 mm et un rayon de visée de 220 mm — le maximum — pour une boîte de 300 × 150 × 50. Ces limites sont celles de l'ISSF ; pour un championnat national ou un concours de club, c'est le règlement de l'organisateur, dans son édition en cours, qui fait foi.
Un pistolet de match se distingue d'abord par ce qui se règle à la main du tireur :
Un pistolet de loisir robuste et bon marché permet de débuter et de savoir si l'on continue ; un pistolet de match d'occasion offre ces réglages pour un prix comparable, avec l'incertitude d'une arme usagée. Le choix entre les deux dépend de l'usage et du budget — et, pour la compétition ISSF, des vérifications ci-dessus.
Un pistolet semi-automatique .22 se réarme avec l'énergie du coup. S'il en reçoit trop peu, l'étui n'est pas éjecté ou la cartouche suivante n'est pas chambrée ; s'il en reçoit trop, la culasse frappe fort. Le fonctionnement dépend donc de la munition, et pas seulement de l'arme.
Cet article a fait l'objet d'une vérification factuelle : voir la fiche de vérification.