Choisir un pistolet .22 LR
Table des matières
Le pistolet .22 LR est une arme de poing courante pour débuter, et son régime légal change d'un pays à l'autre : en Belgique, c'est la seule arme de poing moderne qu'une licence de tireur sportif permet de détenir sans autorisation ; en France, il est en catégorie B, comme toute arme de poing, et demande une autorisation du préfet. Le choix se fait donc à trois niveaux — ce que la loi admet, ce que le règlement de la discipline admet, et ce qui convient à la main et à l'usage. Les caractéristiques propres à chaque épreuve sont sur les pages des disciplines ; la munition, sur celle de la .22 Long Rifle.
En bref
- En Belgique, avec une licence de tireur sportif, l'arme de poing admise sans autorisation est le pistolet conçu spécifiquement pour le tir sportif, à cinq coups maximum, de calibre .22 (arrêté ministériel du 15 mars 2007). Un revolver .22 n'y figure pas.
- « Pistolet » a, en droit belge, un sens précis : une arme courte qui se réarme seule après le coup, c'est-à-dire le semi-automatique ; un revolver n'en est pas un. Une arme .22 à un coup d'au moins 28 cm entre, elle, dans un autre point de la même liste.
- En France, pistolet et revolver .22 sont en catégorie B : autorisation du préfet, licence de tir et avis favorable de la fédération, quinze armes au plus — six pendant les cinq premières années, sauf pour qui participe à des compétitions nationales ou internationales.
- Un seul pistolet .22 sert aux trois épreuves de 25 m à percussion annulaire de l'ISSF : mêmes limites de poids, de détente, de boîte de contrôle, de canon et de rayon de visée.
- Deux détails écartent des pistolets du commerce en compétition ISSF : un canon de plus de 153 mm (7 pouces font 177,8 mm) et un guidon à fibre optique, interdit.
- Les chargeurs des pistolets de match .22 de Feinwerkbau, Pardini, Walther, Morini et Benelli contiennent 5 ou 6 cartouches selon le fabricant ; ceux des pistolets de série de Ruger, Browning et Smith & Wesson, 10.
- La munition fait partie du choix : un semi-automatique ne fonctionne qu'avec les cartouches qui le font cycler ; seul l'essai de plusieurs lots le dit.
En Belgique : ce que la licence de tireur sportif permet
La loi sur les armes dispense les titulaires d'une licence de tireur sportif de l'autorisation de détention pour les armes « conçues pour le tir sportif » dont le ministre de la Justice arrête la liste (article 12, alinéa 1er, 2° ; voir La licence de tireur sportif) [3]. Cette liste est l'arrêté ministériel du 15 mars 2007, dont l'article 1er énumère sept catégories, « pour autant que la licence de tireur sportif prévoie leur utilisation » [1]. Trois concernent l'arme de poing :
| Point de l'article 1er | Texte | Ce qui y entre |
|---|---|---|
| 6° | « les pistolets conçus spécifiquement pour le tir sportif, à cinq coups maximum de calibre .22 » | le pistolet .22 de tir sportif semi-automatique |
| 4° | « les armes à feu à un coup à percussion annulaire dont la longueur totale est au moins 28 cm » | les armes .22 à un coup, dont le pistolet de 50 m, s'il atteint 28 cm |
| 7° | armes « se chargeant par la culasse, par la bouche du canon ou par l'avant du barillet, exclusivement avec de la poudre noire » ou des cartouches à poudre noire à amorçage séparé, « dont le brevet est antérieur à 1890 » | le revolver à poudre noire (voir Le revolver à poudre noire) |
Ce que « pistolet » veut dire. La circulaire du 29 octobre 2010 relative à l'application de la législation sur les armes définit le pistolet comme une « arme courte dans laquelle l'extraction de l'étui vide, l'introduction d'une nouvelle cartouche et l'armement se font automatiquement, après le départ du coup », et le revolver comme une « arme courte à magasin rotatif ou barillet » [2]. Le point 6° vise donc le semi-automatique — la circulaire ajoute en commentaire qu'« il existe également des pistolets à un coup sans chargeur », qui, en .22 et à partir de 28 cm, entrent de toute façon au 4°. Un revolver .22 moderne, lui, n'entre dans aucun des sept points, et reste soumis à autorisation. La circulaire le résume : « Une autorisation est nécessaire pour toutes les autres armes pouvant être utilisées pour le tir sportif. »
Licence et liste fédérale. On lit aussi, dans les listes de disciplines et de catégories de la licence, des « pistolets et revolvers » : en Flandre, par exemple, la licence compte les revolvers comme une catégorie à part (voir Obtenir et conserver la licence). Ces textes des Communautés disent ce que la licence couvre ; l'arrêté ministériel fédéral dit quelles armes sont dispensées d'autorisation. L'article 12 exige les deux à la fois — l'arme doit figurer sur la liste fédérale, « pour autant que la licence […] prévoie leur utilisation ». Un revolver .22 peut donc relever de la licence sans être dispensé d'autorisation.
Ce que les textes ne définissent pas. Ni l'arrêté ni la circulaire ne disent ce qui fait qu'un pistolet est « conçu spécifiquement pour le tir sportif », ni comment s'entend « cinq coups maximum » pour une arme à feu — alors que, pour les armes à air, le même corpus précise « chargeur ou magasin d'une capacité de 5 coups maximum ». Ces deux points se tranchent au cas par cas ; avant l'achat, c'est au service des armes du gouverneur ou à l'armurier qu'il faut poser la question, pour le modèle précis.
En France : catégorie B, sur autorisation
Le Code de la sécurité intérieure range en catégorie B les « armes à feu de poing et armes converties en armes de poing non comprises dans les autres catégories » (article R311-2, II, 1°) [10]. Il n'existe pas, pour l'arme de poing, de catégorie C comme pour la carabine (voir Choisir une carabine .22 de précision) : pistolet semi-automatique, pistolet à un coup et revolver .22 sont soumis à autorisation.
| Arme de poing | Catégorie | Régime |
|---|---|---|
| pistolet .22 semi-automatique ou à un coup, revolver .22 | B (II, 1°) | autorisation |
| arme de poing qui tire plus de 21 coups sans réapprovisionnement, avec un chargeur de plus de 20 cartouches | A1 (2°) | interdite |
| reproduction d'une arme dont le modèle est antérieur au 1er janvier 1900, ne tirant que des munitions sans étui métallique | D (IV, f) | « acquisition et détention libres », sauf si sa technique de fabrication améliore sa précision et sa durabilité |
Qui peut être autorisé. Pour la pratique du tir sportif, l'autorisation est délivrée par le préfet du département du domicile (article R312-2, 4°) aux membres majeurs d'une association sportive agréée, membre de la fédération qui a reçu délégation pour le tir, dans la limite de quinze armes (article R312-40, 2°). Pendant les cinq ans qui suivent la première autorisation, la limite est de six armes, sauf pour qui participe à des compétitions nationales ou internationales (article R312-41-1). Un mineur d'au moins douze ans qui ne participe pas à des compétitions internationales peut être autorisé à détenir jusqu'à trois « armes de poing à percussion annulaire à un coup » de la catégorie B (article R312-40, 2°) : le pistolet .22 à un coup lui est accessible, le semi-automatique ne l'est pas [10].
Le dossier. La demande se fait en ligne depuis le compte du détenteur dans le système d'information sur les armes (SIA) [15]. Elle comprend un extrait d'acte de naissance de moins de trois mois, la licence de tir en cours de validité et l'avis favorable de la fédération, « subordonné à la pratique régulière du tir » (article R312-5, 4°). La loi exige un certificat médical de moins d'un mois (article L312-4) ; la licence en tient lieu si sa délivrance a demandé un certificat de moins d'un an et si elle est tamponnée par un médecin ou accompagnée de ce certificat (article R312-5, 4°, b) [10]. L'autorisation vaut cinq ans (article R312-13). Elle est nulle de plein droit dès que son titulaire cesse d'en remplir les conditions, et trois mois après la fin de validité de la licence si celle-ci n'a pas été renouvelée (article R312-15). Selon service-public.fr, la préfecture répond dans les trois mois, son silence vaut refus, et le renouvellement se demande au plus tard trois mois avant l'échéance [15].
L'avis de la fédération. Un arrêté du 28 avril 2020 en fixe les conditions : il habilite la Fédération française de tir à le délivrer, par son président, aux membres d'une association agréée titulaires d'une licence fédérale [9]. Pour une première demande, l'avis atteste la participation à trois séances de tir contrôlées, espacées d'au moins deux mois, au cours des douze mois qui précèdent la demande ; le président de l'association, ou la personne qu'il désigne, contrôle ces séances et tient la liste nominative des participants (article 3). Pour un renouvellement, il atteste une pratique régulière pendant toute la durée de l'autorisation précédente ; douze mois consécutifs au moins sans tirer y font obstacle (article 4). Si les conditions d'assiduité ne sont plus réunies, ou en cas d'infraction grave aux règles de sécurité, la fédération retire son avis et en informe le préfet ; dans le premier cas, l'arrêté précise que l'autorisation est nulle de plein droit (article 6). Selon la fédération, le carnet de tir a été supprimé au 1er juillet 2020 [7].
Munitions et chargeurs. Le détenteur peut acquérir 3 000 cartouches par arme et par période de douze mois (article R312-47, 3°), et détenir au plus dix chargeurs par arme (article R312-45) [10].
Quel pistolet pour quelle épreuve
Dans le règlement ISSF 2026, les trois épreuves de 25 m à percussion annulaire — pistolet 25 m sportif, pistolet standard, tir rapide — admettent tout pistolet de calibre 5,6 mm (.22) à percussion annulaire chambré pour la cartouche long rifle, sauf un pistolet à un coup (art. 8.4.3.2), et partagent la même ligne du tableau des spécifications (art. 8.12) [11] :
| Limite (ISSF 2026, art. 8.12) | Valeur |
|---|---|
| Poids, tous accessoires et chargeur vide compris | 1 400 g au plus |
| Poids de détente | 1 000 g au moins |
| Boîte de contrôle, pistolet complet avec ses organes de visée | 300 × 150 × 50 mm |
| Longueur du canon | 153 mm au plus |
| Rayon de visée | 220 mm au plus |
| Compensateur, frein de bouche, canon percé | interdits |
Un même pistolet sert donc aux trois ; les pistolets de tir rapide sont des armes spécialisées, mais conformes à la même ligne. Le pistolet 50 m est d'une autre famille : tout pistolet .22 long rifle y est admis, chargé d'une seule cartouche (art. 8.4.3.4), sans limite de poids ni de détente ; un pistolet de 25 m y est légal.
Vérifier un pistolet contre le règlement
- Le canon. Pour un semi-automatique, il se mesure « de la bouche à la face de la culasse (canon plus chambre) » (art. 8.4.3.1). Les catalogues l'annoncent souvent en pouces : 5,5″ font 139,7 mm, 6″ font 152,4 mm (de justesse sous 153), 7″ font 177,8 mm et 7,25″ font 184,15 mm — hors limite.
- Les organes de visée. Seuls les organes de visée ouverts sont admis ; la fibre optique, les points rouges, les lunettes et les visées projetées sont interdits (art. 8.4.1.2). Un pistolet livré avec un guidon à fibre optique doit en changer pour concourir.
- La boîte. Le pistolet doit y entrer complet, organes de visée montés : un canon long, une poignée volumineuse ou un rail ajouté peuvent l'en empêcher.
- La poignée. Elle ne doit pas envelopper la main ; la partie qui repose sur le dessus de la main, entre le pouce et l'index, ne dépasse pas 40 mm ; l'arrière est taillé en remontant d'au moins 45° (art. 8.4.1.6). Et l'axe du canon doit passer au-dessus du creux de la main en position de tir (art. 8.4.3.1).
- La détente. Elle se pèse (voir Peser et régler une détente) ; 1 000 g au moins aux 25 m.
Un pistolet dessiné pour ces épreuves se tient au plus près des limites : la fiche du Pardini SP annonce 295 × 140 × 49 mm hors tout, 1 095 g, un canon de 120 mm et un rayon de visée de 220 mm — le maximum — pour une boîte de 300 × 150 × 50 [14]. Ces limites sont celles de l'ISSF ; pour un championnat national ou un concours de club, c'est le règlement de l'organisateur, dans son édition en cours, qui fait foi.
Les pistolets de match
Les pistolets de 25 m ci-dessous sont décrits d'après les pages et les notices de leurs fabricants [4] [8] [12] [13] [14] [20] [21] :
| Pistolet | Chargeur | Canon | Rayon de visée | Masse annoncée | Tir à sec |
|---|---|---|---|---|---|
| Feinwerkbau AW 93 | « 5 (+1) » | 152 mm | 217 mm | 1,14 kg avec chargeur ; 1,08 kg en version légère | oui, sans douille amortisseuse |
| Pardini SP | 5 | 120 mm | 220 mm | 1 095 g | oui |
| Pardini SP RF (tir rapide) | 5 | 120 mm | 220 mm | 1 150 g | oui |
| Walther GSP500 .22 | 6 | 123 mm | 220 mm | 1 040 g avec deux chargeurs et deux masses | oui, avec le tampon fourni |
| Walther GSP500 Rapid Fire | 6 | 123 mm | 220 mm | 1 140 g avec deux chargeurs et six masses | non précisé |
| Morini CM22M RF Aluminium | 6 | 130 mm | 220 mm | 950 g | non précisé |
| Benelli MP 90 S World Cup | 6 | 110 mm | non donné | environ 1 100 g | non précisé |
| Benelli MP 95 E | 6 | 110 mm | non donné | environ 1 000 g | non précisé |
| Matchguns MG2 | 5 | 152 mm | 219 mm | 880 à 1 150 g | oui |
* Feinwerkbau annonce « 5 (+1) » sans expliquer le « +1 » ; la page produit précise que la culasse reste ouverte après le cinquième coup tiré du chargeur. La version légère doit son nom à une pièce de verrouillage en aluminium. Les poignées existent en plusieurs tailles, pour droitier et pour gaucher.
- Pardini présente le SP pour les épreuves de pistolet sport et de pistolet standard, et le SP RF, dérivé du SP, pour le tir rapide : culasse et canon modifiés, six masses en tungstène au lieu des masses d'acier.
- Walther : la SSP et la GSP Expert ne figurent plus au catalogue ; le pistolet de 25 m est la GSP500, que le fabricant présente aussi pour le tir rapide, et dont il existe une version Rapid Fire. Poignées S, M et L pour droitier, M pour gaucher.
- Hämmerli appartient au groupe Umarex-Walther depuis 2006. La Hämmerli X-Esse, fabriquée ensuite à Ulm, est devenue la Walther CSP (voir plus bas) ; la dernière série X-Esse est annoncée comme « last sale of this series ».
- Morini n'a qu'un pistolet .22 de 25 m au catalogue 2026, le CM22M RF Aluminium ; sa détente est réglée en usine à 1 000 g.
- Benelli décrit le MP 90 S comme la « version spécialité PS (pistolet standard) » ; pour le MP 95 E, aucune discipline n'est nommée. Ses pages ne donnent ni rayon de visée, ni dimensions, ni poids de détente.
- Matchguns présente le MG2 en versions standard, tir rapide et tir rapide à détente électronique (MG2E) ; la dernière actualité de son site date du 24 juin 2015, et rien n'y dit si ces modèles sont encore fabriqués.
Les chargeurs et la liste belge. Les fabricants annoncent des chargeurs de 5 cartouches (Feinwerkbau, Pardini, Matchguns), de 6 (Walther GSP500 .22, Morini, Benelli) ou de 10 (Walther CSP et les pistolets de série plus bas), et les pages consultées ne proposent pas de chargeur de 5 pour les modèles à 10. L'arrêté belge vise des pistolets « à cinq coups maximum » sans dire comment ils se comptent (voir plus haut) : pour un modèle précis, c'est au service des armes qu'il faut poser la question.
Le pistolet de 50 m. Pardini et Morini ont chacun un pistolet libre au catalogue :
| Pistolet | Mécanisme | Canon | Rayon de visée | Longueur | Masse annoncée |
|---|---|---|---|---|---|
| Pardini FPM | détente à deux temps réglable | 280 mm | 390 à 425 mm | 490 mm | 1 130 g |
| Morini CM 84E | système Martini, détente électronique | 290 mm | 330 à 425 mm | 495 mm | 1 240 g ; 1 175 g en version légère |
Tous deux dépassent 28 cm de long : en Belgique, ils relèvent du point 4° de l'arrêté de 2007. En France, ce sont des « armes de poing à percussion annulaire à un coup », les seules armes de poing que peut détenir un mineur de douze ans ou plus qui ne participe pas à des compétitions internationales.
Les pistolets de série
Les pistolets .22 de série ci-dessous sont décrits d'après les fiches et les notices de leurs fabricants ; la Walther CSP reprend la lignée de la Hämmerli X-Esse [5] [6] [16] [17] [18] [20] :
| Pistolet | Chargeur | Canon | Guidon | Tir à sec selon le fabricant |
|---|---|---|---|---|
| Ruger Mark IV Target (40103) | 10 | 5,50″ (139,7 mm) | fixe | admis « in moderation » ; douille amortisseuse pour un entraînement prolongé |
| Ruger Mark IV Hunter (40118) | 10 | 6,88″ (174,8 mm) | fibre optique | idem |
| Ruger Mark IV Competition (40112) | 10 | 6,88″ (174,8 mm) | fixe | idem |
| Browning Buck Mark Field Target | 10 | 5 1/2″ (139,7 mm) | Pro-Target | interdit |
| Browning Buck Mark Hunter | 10 | 7 1/4″ (184,15 mm) | fibre optique | interdit |
| Smith & Wesson SW22 Victory (108490) | 10 | 5,5″ (14,0 cm) | fibre optique | interdit, sauf pour le réglage de la détente des modèles Performance Center |
| Walther CSP Expert | 10 | 150 mm | orientable | admis, avec le tampon fourni |
* Pour concourir aux épreuves ISSF, un canon de 6,88″ ou de 7 1/4″ dépasse la limite de 153 mm, et un guidon à fibre optique doit être remplacé.
- Le rail : le Mark IV est percé pour un rail Weaver ou Picatinny, le Buck Mark Field Target porte un rail Picatinny sur toute sa longueur, la SW22 Victory est livrée avec un rail, la CSP Expert a un rail de 11 mm. Les épreuves ISSF n'admettent aucune optique (art. 8.4.1.2).
- La Walther CSP Expert annonce une détente de 1 000 à 1 360 g, 950 g, un rayon de visée de 215 mm et 245 × 145 × 50 mm : des cotes annoncées qui entrent dans les limites de l'ISSF. Son chargeur est de 10 coups.
La main, la poignée et la détente
Un pistolet de match se distingue d'abord par ce qui se règle à la main du tireur :
- La poignée anatomique, taillée pour la main, se choisit à la taille de la main et existe en version gaucher : la fiche du Pardini SP propose quatre tailles pour droitier et trois pour gaucher [14]. Elle doit tenir la main sans la forcer : c'est elle qui ramène chaque coup dans la même position. Les règles de l'ISSF ci-dessus fixent ce qu'on peut y ajouter.
- La détente réglable — course, point de départ, poids au-dessus du minimum — et la possibilité de tirer à sec, qui permet l'entraînement chez soi. Les notices ne disent pas toutes la même chose : Feinwerkbau et Pardini prévoient le tir à sec, Walther fournit un tampon pour le faire, Ruger l'admet « in moderation » et recommande une douille amortisseuse pour un entraînement prolongé, Browning et Smith & Wesson l'interdisent (voir les tableaux plus haut).
- L'équilibre : des masses d'équilibrage se montent sous le canon ; elles comptent dans les 1 400 g.
Un pistolet de loisir robuste et bon marché permet de débuter et de savoir si l'on continue ; un pistolet de match d'occasion offre ces réglages pour un prix comparable, avec l'incertitude d'une arme usagée. Le choix entre les deux dépend de l'usage et du budget — et, pour la compétition ISSF, des vérifications ci-dessus.
La munition et le fonctionnement
Un pistolet semi-automatique .22 se réarme avec l'énergie du coup. S'il en reçoit trop peu, l'étui n'est pas éjecté ou la cartouche suivante n'est pas chambrée ; s'il en reçoit trop, la culasse frappe fort.
- La notice du fabricant fait foi, et les notices divergent. Celle du Ruger Mark IV admet la .22 LR « standard velocity or high velocity » fabriquée aux normes de l'industrie américaine, et met en garde : certaines munitions haute vitesse peuvent faire apparaître des douilles gonflées ou fendues ; dans ce cas, il faut cesser de les employer [18]. Celle du Walther GSP500 déconseille les munitions haute vitesse (« HV ammunition ») et les rechargements poussés, à cause de l'usure [21].
- Chaque pistolet a ses cartouches. Deux lots d'une même munition peuvent se comporter différemment dans la même arme. Le seul moyen de savoir est d'essayer plusieurs lots, pour le fonctionnement d'abord, pour la précision ensuite (voir le couple canon–lot).
- Les chargeurs s'usent et se déforment ; un incident de chargement peut venir d'eux plutôt que de l'arme.
Limites de cette page
- Aucun prix n'est donné : le marché du neuf et de l'occasion change trop vite pour être daté utilement.
- Les tableaux reprennent ce que les fabricants écrivent ; leurs documents se contredisent parfois (capacité, masse, plage de détente), et la page retient alors la page produit. Aucun essai indépendant n'a été lu. Les modèles retirés des catalogues (Walther SSP et GSP Expert, Hämmerli SP20, Pardini K22) ne sont pas décrits.
- Ce qui rend un pistolet « conçu spécifiquement pour le tir sportif » et la portée exacte de « cinq coups maximum » : les textes belges ne le définissent pas, et la page ne dit pas lesquels des pistolets décrits y répondent ; elle renvoie au service des armes.
- Les kits de conversion .22 montés sur une arme d'un autre calibre : leur statut n'est pas traité ici.
- Pour la France, transport et conservation ne sont pas traités.
- Le droit suisse n'est pas traité : la loi fédérale soumet à un permis d'acquisition d'armes « toute personne qui acquiert une arme ou un élément essentiel d'arme » (LArm, art. 8, al. 1), et les exceptions de l'article 10 ne comprennent aucun pistolet de tir [19]. Le Luxembourg n'est pas traité.
- Les règlements nationaux et de club : seules les règles de l'ISSF sont citées.
Voir aussi
- Pistolet 25 m sportif, pistolet standard, tir rapide et pistolet 50 m — l'épreuve, la cible et l'arme de chacune.
- La .22 Long Rifle — la cartouche, ses vitesses, le couple canon–lot.
- Choisir une carabine .22 de précision — la même question pour la carabine.
- La licence de tireur sportif et La détention d'armes — la loi, article par article.
Références
- Belgique — arrêté ministériel du 15 mars 2007 déterminant la liste des armes à feu conçues pour le tir sportif, pour lesquelles les titulaires d'une licence de tireur sportif sont exemptés de l'obligation d'autorisation, Moniteur belge, numac 2006009968 : article 1er, 4°, 6° et 7° ; version consolidée (Justel) consultée le 2026-09-26, sans modification depuis l'entrée en vigueur, le 30 mars 2007.
- Belgique — circulaire du 29 octobre 2010 relative à l'application de la législation sur les armes, Moniteur belge, numac 2010009903 : définitions du revolver (24°) et du pistolet (25°), section relative aux tireurs sportifs.
- Belgique — loi du 8 juin 2006 réglant des activités économiques et individuelles avec des armes, article 12.
- Benelli Armi — « MP 90 S World Cup cal.22 LR » et « MP 95 E cal.22 LR », pages produit, consultées le 2026-10-12. benelli.it.
- Browning — « Buck Mark Field Target » et « Buck Mark Hunter », pages produit, consultées le 2026-10-12. browning.com.
- Browning — Buck Mark Pistol, notice en ligne, consultée le 2026-10-12. browning.com.
- Fédération française de tir — « 2020 – Nouveau régime de la délivrance des avis préalables », 7 mai 2020. fftir.org.
- Feinwerkbau — « FWB AW 93 », page produit, et Mode d'emploi, modèle AW 93 à partir du numéro de série 16 000, consultés le 2026-10-12. feinwerkbau.de.
- France — arrêté du 28 avril 2020 relatif aux avis favorables et aux attestations délivrés par les fédérations ayant reçu délégation du ministre chargé des sports prévus par l'article R. 312-5 du code de la sécurité intérieure, NOR INTA1933589A, Journal officiel n° 0104 du 29 avril 2020 : articles 1er à 4 et 6 ; version en vigueur depuis le 30 avril 2020, lue sur Légifrance le 2026-10-12.
- France — Code de la sécurité intérieure, articles L312-4, R311-2 (version issue du décret n° 2025-894 du 5 septembre 2025), R312-2, R312-5, R312-13, R312-15, R312-40, R312-41-1, R312-45 et R312-47 ; lu dans l'édition consolidée de codes.droit.org du 1er octobre 2026.
- ISSF — Rule Book, édition 2025, second tirage 07/2026, en vigueur au 1er juillet 2026 : art. 8.4.1.2 (visée), 8.4.1.6 (poignées), 8.4.3.1 à 8.4.3.4 (armes de 25 m et de 50 m), 8.12 (tableau des spécifications).
- Matchguns — « MG2 Standard », « MG2 Rapid Fire » et « MG2E Rapid Fire », pages produit, consultées le 2026-10-12. matchguns.com.
- Morini Competition Arm — « CM22M RF Aluminium » et « CM 84E », pages produit et modes d'emploi, consultés le 2026-10-12. morini.ch.
- Pardini — « SP », « SP RF » et « FPM », pages produit et fiches techniques, consultées le 2026-10-12. pardini.it.
- Service-public.fr (Direction de l'information légale et administrative) — « Armes de catégorie B pour un tireur sportif (soumises à autorisation) », vérifié le 20 mars 2025, consulté le 2026-10-12. service-public.gouv.fr.
- Smith & Wesson — « SW22 Victory », page produit, fiche technique (référence 108490) et mode d'emploi, consultés le 2026-10-12. smith-wesson.com.
- Sturm, Ruger & Co. — Mark IV Target (40103), Hunter (40118) et Competition (40112), fiches techniques, consultées le 2026-10-12. ruger.com.
- Sturm, Ruger & Co. — Instruction Manual for Ruger Mark IV Pistols : chapitre « Ammunition », avertissement sur le tir à sec. ruger.com.
- Suisse — loi fédérale du 20 juin 1997 sur les armes, les accessoires d'armes et les munitions (LArm), RS 514.54, art. 8 et 10. fedlex.admin.ch.
- Walther (Carl Walther) — « GSP500 .22 l.r. », « GSP500 Rapid Fire », « CSP Expert » et « Hämmerli X-Esse Midnight Black », pages produit, consultées le 2026-10-12. carl-walther.com.
- Walther (Carl Walther) — Sportpistolen, catalogue, 2024, et mode d'emploi du GSP500. carl-walther.com.
Cet article a fait l'objet d'une vérification factuelle : voir la fiche de vérification.