Le Pistolet 10 mètres (10m Air Pistol) est l'une des disciplines reines du tir sportif de précision. Inscrite au programme olympique depuis Séoul 1988 (épreuves masculine et féminine), elle est régie par la Fédération Internationale de Tir Sportif (ISSF). Elle se pratique avec un pistolet à air comprimé de calibre 4,5 mm (.177), à une seule main, sur une cible située à 10 mètres.
Céline Goberville (France) en match de pistolet à air 10 m aux Jeux de Londres 2012 : position de profil, tir à bras franc, visée ouverte. Photo : Hemmers, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons.
Sous une apparente simplicité — un pistolet, une cible, un bras tendu — se cache l'une des épreuves les plus exigeantes qui soit sur le plan de la stabilité, de la gestion mentale et de la régularité. La marge d'erreur est infime : à 10 mètres, le mouvement de quelques dixièmes de millimètre à la bouche du canon suffit à faire perdre un point.
Pistolet à air comprimé de match Steyr LP2 (système PCP), avec sa crosse anatomique et son réservoir d'air sous le canon. Photo : Hemmers, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons.
Plomb diabolo de match 4,5 mm (.177) à tête plate (wadcutter) : la face plane perfore la cible en y laissant un trou rond et net. Photo : Francis Flinch, domaine public, via Wikimedia Commons.
Comme la carabine 10 m, le pistolet tire des plombs diabolo de match au calibre 4,5 mm (.177), à tête plate (wadcutter). Cette tête plate perfore la cible en y laissant un trou rond et net, ce qui facilite le calibrage au gabarit et la notation. La forme en diabolo (corps en sablier et jupe creuse) assure la stabilité du plomb malgré sa faible vitesse. La régularité d'un plomb à l'autre étant déterminante, les plombs de match sont triés pour l'uniformité de poids et de forme, puis livrés en boîtes et emballages soignés qui les protègent des déformations — une simple jupe écrasée suffit à gâcher un coup.
Abhishek Verma (Inde) en position de tir au pistolet à air 10 m, Jeux de Tokyo 2020 : bras franc tendu, corps de profil. Photo : U.S. Army — Staff Sgt. Nickolaus Mowrer, CC BY 2.0, via Wikimedia Commons.
Le tireur est en position debout, de profil ou de trois-quarts par rapport à la cible. Le pistolet est tenu et tiré à une seule main (bras franc), bras tendu, sans aucun appui corporel. La main libre est généralement glissée dans une poche ou contre le corps pour ne pas perturber l'équilibre.
Pistolet et carabine ne se notent pas de la même façon. Le règlement ISSF est formel (règle 6.11.9.1) : en qualification, la carabine 10 m se note en décimal — d'où ses scores en 6xx,x — tandis que le pistolet 10 m se note en points entiers, sur 600. Un score de « 654 » ou de « 10,9 » en qualification au pistolet n'existe donc pas : c'est une confusion fréquente, née du voisinage des deux épreuves. Seules la carabine 10 m et la carabine 50 m couché tirent leur qualification en décimal.
La difficulté centrale du pistolet 10 m est de stabiliser une masse au bout d'un bras tendu tout en déclenchant le départ du coup au bon instant.
La cible du pistolet 10 m est plus grande que celle de la carabine 10 m, afin de compenser la difficulté inhérente au tir à bras franc.
Format de match, notation, spécifications d'arme et cotes de cible vérifiés sur le règlement ISSF en vigueur (édition 2025, 2e tirage 07/2026 — règles 6.3.4.6, 6.11.9.1 et 6.15.1).
Crédits photographiques : voir les légendes ci-dessus. Toutes les images sont diffusées sous licence Creative Commons via Wikimedia Commons, avec mention de l'auteur et de la licence conformément à leurs conditions.