La .223 Remington est une cartouche de carabine à percussion centrale, sans bourrelet, qui tire une balle de 0,224″ (5,70 mm). Elle dérive de la .222 Remington par allongement de l'étui. Son pendant militaire, le 5,56 × 45 OTAN, a les mêmes cotes extérieures, mais une autre chambre et un chargement plus fort (voir Calibres militaires et équivalents civils). Sa pression maximale C.I.P. est de 4 300 bar [3].
La fiche C.I.P. (TAB. I, révision du 17 mai 2017) donne, en millimètres [3] :
| Cote | Cartouche (maxi) | Chambre (mini) |
|---|---|---|
| Longueur d'étui (L3) | 44,70 | 45,01 |
| Longueur hors-tout (L6) | 57,40 | — |
| Diamètre de culot (R1) | 9,60 | 9,66 |
| Diamètre à la base (P1) | 9,58 | 9,61 |
| Diamètre à l'épaulement (P2) | 9,00 | 9,02 |
| Diamètre au collet (H1) | 6,43 | 6,48 |
| Diamètre de balle (G1) | 5,70 | 5,69 |
| Angle d'épaulement (α, angle inclus) | 46° | 46° |
| De la bouche de chambre à l'entrée des rayures (G) | — | 2,18 |
| Demi-angle du cône de raccordement (i) | — | 3°10′36″ |
| Pression maximale moyenne (Pmax) | 4 300 bar | |
| Pression maximale d'une cartouche (PK) | 4 945 bar | |
| Pression d'épreuve (PE) | 5 375 bar |
Le canon d'épreuve a 6 rayures, un diamètre à fond de rayure de 5,69 mm et un pas de 305 mm (1:12). L'étui s'amorce en Small Rifle (choisir ses amorces). Le volume utile retenu par la base du site est de 1,80 cm³.
La chambre de la norme SAAMI est la même. Mesurées depuis la face du culot, la bouche de chambre est à 1,772″ (45,01 mm), un tronçon cylindrique de 0,224″ s'étend jusqu'à 1,812″ (46,02 mm), puis un cône de 3°10′36″ rejoint les rayures à 1,857″ (47,17 mm) [10]. La C.I.P. place l'entrée des rayures à 45,01 + 2,18 = 47,19 mm.
La C.I.P. fixe la .223 Remington à 4 300 bar, la SAAMI à 55 000 psi (3 792 bar), mesurés au capteur piézoélectrique [3][10]. Ces deux chiffres ne se convertissent pas l'un dans l'autre : les deux organismes ne mesurent pas au même endroit ni avec les mêmes capteurs (voir C.I.P. et SAAMI).
Le guide Western publie la .223 en trois sections : « 223 Remington, 55,000 PSI, standard SAAMI commercial », « 223 Remington (custom long throat) » pour les chambres à gorge allongée, et « 5.56 × 45 mm NATO, CIP commercial and NATO/MIL specification (62,350 PSI) » [13]. Les 62 350 psi de cette dernière section valent 4 300 bar, le Pmax C.I.P. de la .223.
Jamais de 5,56 dans une arme marquée .223 Remington seulement. La SAAMI le maintient dans sa norme de 2026 : « The use of any 5.56 ammunition, including all military variants as well as ammunition produced to this standard in a 223 Remington chamber creates increased pressure and is considered an unsafe combination » [11]. L'inverse, une .223 dans une chambre 5,56, est la combinaison admise (voir Calibres militaires). La SAAMI précise qu'aucune norme publique ne définit le 5,56 OTAN : aucune déclaration générale de compatibilité n'est possible, et elle renvoie, pour toute autre combinaison, au fabricant de l'arme ou de la munition.
Les deux chambres, leurs cônes et leurs pressions sont comparés sur Calibres militaires et équivalents civils. Pour le rechargeur, la différence se lit dans les tables. Le guide Western publie 71 couples poudre-balle (même poudre, même balle) à la fois dans sa section .223 et dans sa section 5,56, au même canon de 24″ : la charge maximale du 5,56 y est plus forte dans les 71 cas, de 6,4 % en médiane (de 3,8 à 9,5 %), pour 173 fps (53 m/s) de plus ; la pression publiée médiane est de 61 951 psi contre 54 690 en .223 [13]. Une table de 5,56, ou de chambre à gorge longue, ne se recharge pas pour une chambre .223.
Les guides relevés par le site publient des balles de 30 à 90 gr. Le canon d'épreuve C.I.P. a un pas de 305 mm (1:12), et le plan SAAMI indique le même pas, comme option [3][10] ; beaucoup d'armes ont un pas plus rapide, comme le M16A2, passé au 1:7 avec la balle SS109 (voir Le M16). Le tableau donne le facteur de stabilité $S_g$ (formule de Miller, implémentation de l'outil pas de rayure du site, atmosphère standard) à la vitesse médiane des charges maximales publiées pour chaque poids, tous guides réunis (canons de 22″ et plus), avec la longueur publiée de la balle.
| Balle | Longueur | Vitesse | 1:12″ | 1:9″ | 1:8″ | 1:7″ |
|---|---|---|---|---|---|---|
| 55 gr FMJBT (Sierra) | 0,752″ | 976 m/s | 1,30 | 2,31 | 2,92 | 3,82 |
| SS109 (62 gr) | 0,912″ | 923 m/s | 0,83 | 1,48 | 1,87 | 2,44 |
| 69 gr MatchKing (Sierra) | 0,900″ | 893 m/s | 0,95 | 1,68 | 2,13 | 2,78 |
| 77 gr MatchKing (Sierra) | 0,994″ | 837 m/s | 0,77 | 1,38 | 1,74 | 2,28 |
| 80 gr MatchKing (Sierra) | 1,066″ | 837 m/s | 0,66 | 1,17 | 1,48 | 1,93 |
Le 1:12″ stabilise la 55 gr, pas les balles de 62 gr et plus ($S_g$ < 1, en italique). La SS109, balle militaire de 62 gr à pénétrateur d'acier, est plus longue qu'une balle à noyau de plomb du même poids : 0,912″ (4,07 calibres) d'après les mesures du laboratoire balistique de l'armée américaine [8]. Elle demande un pas de 1:9″ ou plus rapide. La 69 gr est à l'aise au 1:9″ ; la 77 gr y reste juste (1,38), et les balles de 75 à 80 gr demandent le 1:8″ ou le 1:7″. Les seuils sont expliqués sur Stabilité gyroscopique : un canon plus court, donc une vitesse plus basse, et l'air froid abaissent $S_g$.
Médianes des vitesses maximales publiées, par masse de balle et par guide, au canon d'essai de chaque guide ; entre parenthèses, le nombre de charges [5][6][7][12][13].
| Balle | Vihtavuori (620 mm) | Hodgdon (24″) | Western (24″) | Lyman (24″) | Lovex (600 mm) |
|---|---|---|---|---|---|
| 55 gr | 981 m/s (66) | 962 m/s (41) | 979 m/s (52) | 956 m/s (11) | 990 m/s (12) |
| 62 gr | 933 m/s (31) | 904 m/s (21) | 929 m/s (6) | — | — |
| 69 gr | 875 m/s (9) | 886 m/s (7) | — | 891 m/s (21) | — |
| 77 gr | 841 m/s (25) | 834 m/s (10) | — | 841 m/s (21) | — |
Sur l'ensemble des dix guides relevés par le site (1 147 charges maximales, tous canons, chaque copie d'un guide à l'autre comptée une fois), les poudres les plus publiées sont, dans l'ordre, les Vihtavuori N135, N140 et N133, la Ramshot TAC, l'Accurate 2460, la Ramshot X-Terminator et la N540, la Benchmark et l'Accurate 2200, l'Accurate 2015, la N130, l'IMR 8208 XBR et la N530, la Varget, puis la H335 et l'Accurate 2520.
Une charge se lit pour la balle exacte, pas pour son poids. Avec la même poudre N133, Vihtavuori arrête la Lapua Scenar de 69 gr à 21,9 gr et la Sierra HPBT de 69 gr à 22,8 gr [12] : la charge maximale de l'une dépasse celle de l'autre.
Volume. Balle en place, le plus souvent à la longueur hors-tout maximale de la cartouche (2,260″, soit les 57,40 mm de la C.I.P.), les fiches Nosler donnent une capacité de 27,0 à 29,2 grains d'eau jusqu'à la balle de 69 gr, mais de 26,5 gr avec une balle de 78 gr et de 24,7 gr avec une 85 gr [9]. Les balles longues, enfoncées plus profond dans l'étui pour respecter cette longueur, prennent la place de la poudre : à charge égale, la pression monte. C'est une raison de plus de suivre la table de la balle employée.
Douilles militaires. Beaucoup d'étuis militaires ont l'amorce sertie, qu'il faut défaire avant de réamorcer ; certains sont amorcés Berdan et ne prennent pas les amorces Boxer du commerce. Les deux cas sont décrits sur L'amorçage des cartouches.
Le pas fixe les balles utilisables : 1:12″ pour les balles légères, 1:9″ jusqu'à 69 gr, 1:8″ ou 1:7″ pour les balles lourdes de tir à longue distance (voir le tableau plus haut). Le marquage de la chambre, .223 Remington ou 5,56, fixe les munitions du commerce admises.
La .223 figure parmi les cartouches « équilibrées » de Longévité des canons, avec la .308 Winchester : de 5 000 à 10 000 coups couramment cités, et un remplacement plus précoce en tir de précision exigeant.
Aucune fiche C.I.P. du 5,56 × 45 n'a été trouvée dans le relevé du site, et aucune norme publique ne définit le 5,56 OTAN. Les tables des poudres belges PCL et Rottweil, citées sur le forum, n'ont pas été lues. Le classement français vise le « calibre 5,56 × 45 » : aucun texte lu ne dit si l'administration y range la .223 Remington.
Page établie le 2026-10-17 — fiche de vérification.