Table des matières

Vérification — Guide de rechargement, chapitre 3 (la douille)

Fiche de traçabilité du chapitre 3 et de sa source chapter3.tex. Voir la méthode.

Dernier chapitre à forte conséquence du guide : il porte la préparation des étuis, du tri initial au calibrage.

Aucune erreur trouvée

C'est le deuxième dossier de toute la passe dans ce cas, après le démontage du M1911. Le détail, puisque c'est là que réside la valeur d'une fiche :

L'exemple de tournage de collet est exact, contre-exemple compris

Le chapitre pose la formule $\text{épaisseur} = (\varnothing_{\text{chambre}} - \varnothing_{\text{ogive}} - \text{jeu})/2$ et la déroule sur un cas concret. Tout a été refait :

Publié Recalculé
$(7{,}47 - 6{,}71 - 0{,}03)/2$ $0{,}365$ mm $0{,}365$
Collet chargé qui en résulte $7{,}44$ mm $7{,}44$
Jeu effectivement obtenu $0{,}03$ mm, celui visé
Contre-exemple : jeu ajouté après coup $0{,}41$ mm $0{,}41$
Collet chargé du contre-exemple $7{,}53$ mm $7{,}53$

Le contre-exemple est particulièrement bien vu : il montre qu'ajouter le jeu après la division donne un collet de 7,53 mm dans une chambre de 7,47 — la cartouche ne chambre pas. C'est une erreur d'ordre des opérations, et le chapitre la met en scène plutôt que de l'énoncer.

Le reste

La piste du volume : suspicion non confirmée, mais autre chose trouvé

Repris le 2026-08-10. Le doute portait sur la .308 Winchester, à qui la base de calibres attribue $2{,}981$ cm³, soit $46{,}0$ grains d'eau — une valeur qui paraissait basse.

Sur la .308 : rien à reprocher

Un volume interne a été recalculé pour les 137 calibres exploitables, à partir des seules cotes de la base (longueur, diamètres de culot, d'épaulement et de collet), sous hypothèses uniformes de paroi et de culot plein. Le rapport entre volume déclaré et volume géométrique a une médiane de 0,914 sur l'ensemble ; la .308 est à 0,85.

L'écart est donc dans la dispersion normale d'un modèle géométrique aussi grossier — épaisseur de paroi supposée constante, angle d'épaulement fixé, longueur de collet estimée. La suspicion ne survit pas au contrôle, et la seule raison de douter était un ordre de grandeur retenu de mémoire. Le chiffre n'a pas été touché.

Ce que le contrôle a trouvé à la place : douze fiches impossibles

Le calcul géométrique a rendu des volumes absurdes pour une poignée de calibres — moins de 1,2 cm³ pour des étuis magnum. L'examen de leurs enregistrements montre pourquoi : le diamètre de culot y porte le diamètre de l'ogive.

Douze calibres de carabine sont concernés. Pour les douze, trois grandeurs physiques distinctes portent une seule et même valeur : diamètre de bourrelet, diamètre de culot et diamètre d'ogive. Un .300 PRC s'y voit attribuer un culot de $7{,}82$ mm — la cote de sa balle.

Aucune source externe n'est nécessaire pour l'établir : l'enregistrement se contredit lui-même. Le volume déclaré dépasse celui d'un cylindre plein aux cotes déclarées — sans paroi, sans culot massif, sans rétreint :

Calibre Ø culot déclaré Volume max possible Volume déclaré
6,5 PRC $6{,}71$ mm $1{,}83$ cm³ $3{,}95$
7 mm PRC $7{,}21$ mm $2{,}33$ cm³ $4{,}40$
.300 PRC $7{,}82$ mm $3{,}12$ cm³ $5{,}57$
.243 Ackley Improved $6{,}17$ mm $1{,}56$ cm³ $3{,}21$
6×47 Lapua $6{,}17$ mm $1{,}41$ cm³ $2{,}79$
.220 Swift $5{,}69$ mm $1{,}43$ cm³ $2{,}59$

Onze des douze sont dans ce cas ; le douzième (10,3 × 60 R) échappe de justesse, sa cote d'ogive étant proche d'un vrai diamètre de culot.

Ces champs sont affichés au public sur les fiches calibres et la recherche d'armes.

Corrigé le 2026-08-10, sur les tables C.I.P.

Les cotes ont été relevées une à une sur les tables C.I.P. (TDCC), consultables en ligne — colonne CARTRIDGE MAXI : bourrelet $R_1$, culot $P_1$, épaulement $P_2$, collet $H_1$, longueur $L_3$. Les documents ne sont pas redistribués ; seules les valeurs ponctuelles sont reprises.

Dix des douze sont homologués et ont été corrigés — 46 champs. Les diamètres d'épaulement, absents de toutes ces fiches, sont renseignés pour la première fois.

Calibre Culot : avant → après Bourrelet Collet
6,5 PRC $6{,}71 \rightarrow \mathbf{13{,}51}$ $13{,}51$ $7{,}54$
7 mm PRC $7{,}21 \rightarrow \mathbf{13{,}51}$ $13{,}51$ $8{,}05$
.300 PRC $7{,}82 \rightarrow \mathbf{13{,}53}$ $13{,}51$ $8{,}66$
.375 Ruger $9{,}53 \rightarrow \mathbf{13{,}52}$ $13{,}51$ $10{,}29$
.220 Swift $5{,}69 \rightarrow \mathbf{11{,}36}$ $12{,}01$ $6{,}64$
.30 R Blaser $7{,}82 \rightarrow \mathbf{12{,}20}$ $13{,}50$ $8{,}73$
10,3 × 60 R $10{,}30 \rightarrow \mathbf{13{,}85}$ $15{,}70$ $11{,}40$
5,6 × 50 R Mag. $5{,}70 \rightarrow \mathbf{9{,}59}$ $10{,}90$ $6{,}48$
7 × 57 R $7{,}24 \rightarrow \mathbf{12{,}05}$ $13{,}50$ $8{,}25$
7 × 65 R $7{,}24 \rightarrow \mathbf{11{,}89}$ $13{,}32$ $7{,}95$

Les deux autres — .243 Ackley Improved et 6×47 Lapua — ne sont pas homologués C.I.P. : ce sont des cartouches non normalisées, aucune fiche n'existe. Leur géométrie a été mise à null plutôt que laissée fausse : l'affichage montre désormais « N/A », ce qui est exact, au lieu d'une cote inventée. Leur volume est conservé — rien ne permet d'en douter.

Un second défaut, trouvé en écrivant le garde-fou

En codant le contrôle, une seconde incohérence est apparue : vingt cartouches étaient marquées « à bourrelet » alors que leur bourrelet égale leur culot. Parmi elles, la .223 Remington — que la C.I.P. classe en table I, « Rimless cartridges », sa fiche donnant $R_1 = 9{,}60$ et $P_1 = 9{,}58$.

Corrigées, ainsi que deux types que les nouvelles cotes ont tranchés : .220 Swift en semi-rimmed ($R_1 - P_1 = 0{,}65$ mm) et .375 Ruger en rimless ($R_1 = P_1$, pas de bourrelet — la base la donnait pour « Rimmed »).

Le garde-fou

scripts/check_calibers.py porte les deux règles qui ne produisent aucun faux positif :

  1. le volume déclaré ne peut dépasser celui d'un cylindre plein aux cotes déclarées — c'est le test qui a démasqué les douze ;
  2. une cartouche dite « à bourrelet » doit en avoir un.

Deux règles apparemment évidentes ont été écartées après essai : la décroissance des diamètres de la culasse vers la bouche, que les étuis à bourrelet rebaté enfreignent par conception (15 fiches légitimes), et « le collet enserre l'ogive », faux pour une balle à talon comme la .22 LR. La première version du contrôle produisait 53 signalements, tous légitimes sauf un. Une règle qui crie au loup vaut moins que pas de règle — la même leçon que la règle d'ancres, plus tôt dans la passe.

Le reste de la base tient

Sondage sur deux calibres de référence : le .30-06 Springfield concorde avec la C.I.P. au centième. Le .243 Winchester porte des cotes arrondies — 12,00 pour 11,96 — imprécises mais pas fausses ; elles n'ont pas été touchées, une passe systématique sur les 140 fiches étant un autre chantier.

Une question de fond qui reste entière

La base ne porte qu'un seul volume par calibre, sans dire s'il s'agit de la capacité pleine ou de la capacité utile — alors que le chapitre 3 consacre une section à les distinguer. Quel que soit le sort des douze fiches ci-dessus, cette ambiguïté mérite d'être levée : la valeur alimente l'affichage public.

Ce qui n'a pas été vérifié