Cette page documente la validation de l'outil de simulation de balistique intérieure de Tireur.org (Gordon's Reloading Tool — version web) face à des données fabricant publiées, les constats qui en découlent, et les avertissements d'utilisation nécessaires. Pour la théorie, voir Balistique intérieure.
En bref. Le modèle sous-estime la pression (~25–35 %) et la vitesse (~15–25 %) par rapport aux données fabricant. Une charge réellement au‑dessus de la limite CIP peut donc s'afficher « sûre ». Outil indicatif et pédagogique (tendances) — ne développez jamais une charge réelle sur ses seules valeurs ; vérifiez toujours dans les données officielles du fabricant ou l'application GRT.
L'outil implémente le modèle thermodynamique 0D décrit dans Balistique intérieure. Pour le valider, on a modélisé des charges réelles dont les composants sont connus, puis comparé la vitesse initiale (v0) et la pression maximale (Pmax) simulées aux valeurs publiées.
Source de référence : Guide Reload Swiss 2025. Choix motivé :
Deux régimes ont été testés : carabine (.308 Win) et pistolet (9 mm Luger).
| Charge de référence | Δ vitesse | Δ pression | combustion simulée |
|---|---|---|---|
| .308 Win / RS52 / 130 gr — charge min (38,6 gr) | −26 % | −36 % | 62 % |
| .308 Win / RS52 / 130 gr — charge max (47,5 gr) | −22 % | −24 % | 70 % |
| 9 mm Luger / RS12 / 115 gr — charge max (4,3 gr) | −17 % | +1 % | 88 % |
Le solveur sous-estime systématiquement la vitesse et (en carabine) la pression, et ne termine pas la combustion (62–88 % au lieu de ~100 %).
Le manuel GRT définit la vivacité à partir d'une mesure en bombe manométrique : $$\frac{Ba \cdot \phi(z)}{p_0} = \frac{\dot P}{P} \cdot \frac{\left(1 - b,z,\delta - (1-z),\delta/\rho_c\right)^2}{\delta \cdot F_{se} \cdot (1 - \delta/\rho_c)}$$ En y réinjectant l'équation d'Abel de la bombe ($P = \delta,z,F_{se}/V_{term}$), le facteur volume²/énergie se simplifie exactement et l'on retrouve la forme directe : $$\frac{dz}{dt} = Ba \cdot \phi(z) \cdot P / p_0$$ C'est exactement la loi implémentée. La loi de combustion n'est donc pas la cause de l'écart.
Le cas 9 mm est révélateur : pic de pression correct (+1 %) mais vitesse −17 %. À pression de pic identique, l'outil délivre trop peu de travail ($\int P,dx$) à la balle : la courbe $P(x)$ est trop pointue (aire ≈ 0,21·pic contre ≈ 0,30 mesuré). C'est un défaut de forme de combustion / partage d'énergie, pas d'amplitude.
Une recherche sur plusieurs paramètres (échelle de vivacité, exposant de pression $n$ dans $dz/dt = Ba\cdot P^{,n}\cdot\phi$, perte thermique, forme de la queue de $\phi$) ne descend pas sous ~16 % de RMS. Augmenter la vivacité complète la combustion mais fait exploser le pic (+28 à +78 %) : vitesse et pression sont couplées et inconciliables avec ce modèle.
GRT est un « custom development » : la fonction de forme à 3 étages ($z_1$, $z_2$, $a_0$) et le partage d'énergie (masse effective « Sebert », pertes friction/gaz dépendantes du matériau) ne sont pas publiés en formules. Notre $\phi(z)$ en est une approximation — probable origine du défaut 3.2.
Les modèles de la littérature (Carlucci, IBHVG2, STANAG 4367) sont de la même famille 0D, mais exigent des paramètres de poudre (géométrie de grain, loi de Vieille $\beta$, $n$) disponibles surtout pour les poudres militaires. Pour les poudres commerciales (canister), ces paramètres proviennent de mesures bombe close propriétaires (QuickLOAD) ou communautaires (GRT) ; les fabricants ne publient que des tables de charge. Changer de modèle ne résout donc rien sans données adaptées.
Suivi détaillé : roadmap docs/balistique_interieure_roadmap.md (dépôt du site).