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Pistolet 50 m (pistolet libre)

Le Pistolet 50 mètres (50m Pistol), longtemps appelé pistolet libre (free pistol), est l'épreuve reine du tir au pistolet : 60 coups à bras franc, une main, sans appui, sur une cible placée à 50 mètres. C'est le tir de précision poussé à son extrême — et l'une des rares épreuves où le règlement, au lieu d'encadrer l'arme, la libère presque entièrement.

Une épreuve ISSF qui n'est plus olympique. Le pistolet 50 m a figuré au programme des Jeux jusqu'à Rio 2016 inclus. Il en a été retiré à partir de Tokyo 2020, dans le même mouvement de refonte du programme qui a coûté sa place à la carabine 50 m couché. Il reste une épreuve ISSF à part entière, disputée notamment aux Championnats du Monde.

« Libre » : ce que le mot veut dire

Le nom vient du règlement lui-même. Là où le pistolet 10 m et le pistolet 25 m sont enserrés dans une longue liste de limites, la table des spécifications ISSF porte, pour le pistolet 50 m, la même mention dans presque toutes les colonnes : no restriction.

Caractéristique Pistolet 50 m Pistolet 25 m (pour comparaison)
Poids de l'arme Aucune limite 1400 g maximum
Poids de détente Aucune limite 1000 g minimum
Longueur de canon Aucune limite 153 mm maximum
Ligne de mire Aucune limite 220 mm maximum
Boîte de contrôle Aucune 300 × 150 × 50 mm

Ce qui reste imposé tient en peu de lignes :

  • Calibre .22 Long Rifle (5,6 mm), à percussion annulaire.
  • Un seul coup à la fois : l'arme ne peut être chargée que d'une cartouche. Le pistolet libre est donc, de fait, un monocoup.
  • Visée métallique uniquement : tout dispositif optique, télescopique, à miroir ou à laser est interdit, comme dans toutes les épreuves ISSF au pistolet.
  • Projectiles en plomb ou matériau mou ; les balles chemisées sont interdites.
  • Les crosses spéciales sont autorisées, ainsi que les couvre-mains, à condition qu'ils ne couvrent pas le poignet.

La détente sans minimum. C'est la conséquence la plus spectaculaire de cette liberté : le règlement ne fixe aucun poids de détente minimal. Les pistolets libres utilisent des détentes de type set trigger (détente à bossette) réglées si légèrement que le coup part à la simple intention — sans commune mesure avec les 1000 g exigés au 25 m ou les 500 g du 10 m. Le tireur ne « presse » plus : il pense le départ.

Le format

  • 60 coups de compétition, sans séries imposées : le tireur gère son match comme il l'entend.
  • Temps : 1 h 30 sur ciblerie électronique, 1 h 45 sur cible papier — auxquels s'ajoutent 15 minutes de préparation et d'essais.
  • Coups d'essai : illimités pendant le temps de préparation et d'essais.
  • Score maximum : 600 points (notation en points entiers).
  • Pas de finale : les finales ISSF sont réservées aux épreuves olympiques (règle 6.17). Le classement des 60 coups décide seul des médailles.

La cible

Le pistolet 50 m tire sur la même cible que la phase de précision du 25 m sportif — ce n'est pas une ressemblance, c'est littéralement la même cible au règlement (« 25m Precision and 50m Pistol Target »).

Cible ISSF 50 m pistolet (identique à la cible 25 m précision)

Cible ISSF 50 m pistolet (identique à la cible 25 m précision)

  • Le 10 mesure 50 mm de diamètre.
  • L'inner ten (dix intérieur), qui départage, mesure 25 mm.
  • Le visuel noir mesure 200 mm et englobe les zones 7 à 10.
  • Diamètre total de la cible : 500 mm.

Le vrai niveau de difficulté

La cible paraît généreuse — un 10 de 50 mm, contre 11,5 mm au pistolet 10 m. Mais, comme toujours, c'est l'angle qui compte, pas la taille absolue :

  • 10 m : 11,5 mm à 10 m → 1,15 mm par mètre
  • 50 m : 50,0 mm à 50 m → 1,00 mm par mètre

Le 10 du pistolet 50 m est donc légèrement plus exigeant que celui du 10 m — d'environ 15 %. Et le 50 m ajoute tout ce que l'air comprimé ignore : le vent, la munition, et une ligne de mire que le tireur doit tenir bien plus longtemps sur une image de visée plus lointaine.

La technique

  • Le bras franc, longtemps. Sans limite de temps par coup et avec 90 minutes de match, la difficulté est autant physique et mentale que technique : il faut lever le bras soixante fois en gardant le même geste au dernier coup qu'au premier.
  • Le lâcher est tout. Avec une détente aussi légère, il n'y a plus de « pression finale » à gérer : le coup part au moment où le tireur le décide, dans la fenêtre de stabilité. Toute crispation, tout doute, se lit immédiatement sur la cible.
  • Renoncer. Corollaire du point précédent : le tireur de pistolet libre doit savoir reposer l'arme quand la fenêtre ne vient pas. C'est le temps illimité par coup qui rend ce renoncement possible — et l'orgueil qui le rend difficile.
  • La munition compte. À 50 m, le lot de .22 LR se choisit comme en carabine 50 m : en testant plusieurs lots dans son arme.

Outils pratiques


Spécifications d'arme, format de match et cotes de cible vérifiés sur le règlement ISSF en vigueur (édition 2025, 2e tirage 07/2026 — règles 6.3.4.5, 6.17 et section 8). La cible ci-dessus est générée par notre propre outil (techniques/targets), aux dimensions officielles.

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