Table des matières
Vérification — Le vent : lecture, correction et dérive
Fiche de traçabilité du dossier vent : l'article Lecture du vent, la table de dérive de Balistique extérieure et l'exemple de l'« effet cumulatif » du chapitre 8 du guide de rechargement. Voir la méthode.
lecture_vent faisait partie des pages contrôlées avant l'existence des fiches (2026-07-26). Elle a été reprise entièrement avec l'outillage d'aujourd'hui, avec ses deux compagnes : les trois supports portaient chacun une erreur, toutes du côté de la sous-correction.
Source
- Le manuel militaire de formation des tireurs d'élite de la bibliothèque du site (édition de 1994), lu au rendu image pour ses tables et figures : valeur du vent selon l'heure, constantes de la formule rapide, vitesses associées au mirage, indices visuels de vitesse.
- L'échelle de Beaufort, vitesses et critères à terre, dans sa convention de hauteur (10 m).
- Le solveur 3-DOF du site (
BallisticsGuide/src/CompetitionBallistics.js), recoupé par un solveur tiers indépendant (point-masse, mêmes tables de traînée publiées) : même temps de vol à la milliseconde, même vitesse restante au fps près (175 gr, G7 0,243, 2 600 fps : 1 758 fps et 0,702 s à 500 yd ; 1 088 fps et 1,791 s à 1 000 yd). - Le profil logarithmique du vent au-dessus d'un sol herbeux (rugosité 0,01 à 0,03 m) pour le rapport entre le vent à 10 m et le vent au ras du sol.
Ce qui a été fait
- Chaque ligne de la page a été confrontée au manuel, table par table, et non de mémoire : les constantes et les vitesses du mirage n'existent qu'en image dans le PDF.
- La constante de vent a été recalculée : C = distance × vent / dérive, déduite du solveur pour deux munitions de .308, au niveau de la mer puis à 1 500 m et 2 500 m d'altitude, et par 35 °C.
- La question « quel vent pèse le plus ? » a été calculée plutôt que tranchée par autorité. La réponse latérale d'une balle au vent étant linéaire, on obtient le poids du vent à chaque distance à partir de la décélération réelle ; contrôle : pour un vent uniforme, la somme des poids redonne la règle du retard à 0,1 mm près.
- La table de dérive de la page compagne a été recalculée pour six munitions, et l'exemple chiffré du guide par le même solveur.
- La figure (cadran des heures) a été rendue et lue : ses quatre coefficients sont exacts.
- Les chiffres corrigés ont été recherchés dans tout le wiki, le guide (trois supports) et le code : aucune autre occurrence.
L'erreur principale : des constantes de vent qui annoncent les deux tiers de la dérive
La page donnait, « pour un .308 168 gr typique », une constante C ≈ 15 jusqu'à 500 yd, puis 14, 13, 12, 11, 10. Deux défauts se superposaient :
- ce n'était même pas la table traditionnelle : celle-ci est donnée en centaines de mètres, non de yards, et vaut 15 / 14 / 13 / 13 / 12 / 11 de 500 à 1 000 m ; la page décrochait d'un cran trop tôt ;
- surtout, la table traditionnelle elle-même est trop optimiste pour une .308. Recalculées, les constantes réelles au niveau de la mer sont :
| Distance | Table traditionnelle | 168 gr à 2 650 fps | 175 gr à 2 600 fps |
|---|---|---|---|
| 300 m | 15 | 10,6 | 11,6 |
| 500 m | 15 | 9,6 | 10,7 |
| 700 m | 13 | 8,5 | 9,6 |
| 1 000 m | 11 | 7,3 | 8,2 |
La dérive annoncée n'est que les deux tiers à trois quarts de la dérive réelle : on sous-corrige de 25 à 35 %. Le manuel présente d'ailleurs sa formule comme une « règle empirique seulement ». Un point à retenir, parce qu'il explique peut-être l'origine de ces chiffres : vers 2 500 m d'altitude, les constantes réelles rejoignent la table traditionnelle (14,7 / 13,7 / 12,7 / 11,1) ; à 1 500 m, l'écart n'est réduit que de moitié. La chaleur n'y change presque rien.
La page donne désormais la table traditionnelle telle qu'elle est, l'avertissement chiffré, et la méthode pour calculer sa propre constante depuis sa table balistique.
Mécanisme de l'erreur : la formule rapide est juste dans sa forme — la dérive croît comme distance × vent, et la constante décroît avec la distance. C'est ce qui la rend convaincante. Mais ses constantes sont un étalonnage, et un étalonnage ne se transporte pas d'une munition, d'une unité de distance et d'une altitude à l'autre.
La compagne : une table de dérive divisée par deux
La table de Balistique extérieure (« vent 10 km/h, CB G7 = 0,311 ») annonçait 6, 17, 42 et 60 cm à 300, 500, 800 et 1 000 m, sans préciser ni la masse ni la vitesse. Aucune munition plausible ne reproduit ces chiffres : avec ce CB, le solveur donne 10, 30, 85 et 144 cm en 6,5 mm de 140 gr à 2 700 fps, et même une vitesse initiale irréaliste de 3 200 fps laisse 108 cm à 1 000 m. La table sous-estimait la dérive d'un facteur deux environ, et le solveur du site d'avant août ne la reproduit pas davantage : ces chiffres n'avaient vraisemblablement jamais été calculés (voir la fiche du dossier balistique extérieure, où la même dérive de 60 cm figurait aussi sur la page du coefficient balistique). Elle précise désormais munition et atmosphère ; la phrase de conclusion donne la fourchette réelle à 1 000 m pour 10 km/h (0,9 m pour les magnums modernes, 1,5 m pour les 6 mm, plus de 2 m pour une .308 de 175 gr).
Corrections secondaires
| Point | Publié | Établi |
|---|---|---|
| Valeur du vent à 2h, 4h, 8h, 10h | « Beaucoup de manuels enseignent ¾ » (−13 %) | La règle militaire traditionnelle compte ces heures en demi-valeur : −42 % à 60°. L'avertissement de la page était juste sur le fond et sous-estimé |
| Tableau de Beaufort | « descriptions reprises telles quelles » | La ligne de force 2 portait un critère de la force 1 (« la fumée dérive »), et une ligne 0-1 fusionnée mêlait un critère étranger à l'échelle ; lignes 0 et 1 séparées, critères rétablis |
| Encadré « Ne rabotez pas ces valeurs » | Des bandes plus basses seraient une erreur qui sous-estime le vent | Les bandes plus basses sont celles du manuel militaire (petits arbres qui se balancent : 12-15 mph, soit 19-24 km/h). Les deux tables ne mesurent pas le vent à la même hauteur : Beaufort à 10 m, le tireur au ras du sol, où le vent ne vaut plus que les deux tiers à trois quarts. Aucune n'est fausse ; l'encadré dit maintenant pourquoi elles diffèrent et que l'estimation visuelle reste grossière |
| Même encadré | « sous-corriger, et manquer du côté d'où il souffle » | Sens inversé : une correction insuffisante laisse la balle dériver avec le vent — on manque du côté où il va. Passage retiré avec l'encadré |
| Mirage, légère inclinaison | 2-5 km/h | 5-8 km/h (3-5 mph) — la page était aussi en désaccord avec le chapitre 8 du guide, qui donnait déjà la bonne valeur |
| Mirage, 45° et à plat | 8-12 km/h ; > 15 km/h | 8-13 km/h ; 13-19 km/h, et au-delà d'une vingtaine de km/h le mirage ne permet plus de lire les variations (ajouté) |
| Guide, ch. 8, « effet cumulatif » | Un vent de travers de 15 km/h (10 mph en anglais) dévie la balle de 0,1° à 50 m | 0,01° environ (0,7 MOA en .308, 0,5 en 6,5 CM) — huit à douze fois moins. Le raisonnement restait juste ; corrigé dans le PHP, le LaTeX, la page anglaise régénérée et le PDF |
Ressorti intact
- Le tableau de la valeur selon l'heure (sinus de 30°, 60°, 90°) et la figure qui l'illustre.
- « Le vent le plus proche de la bouche a le plus d'effet » — exact, et désormais chiffré : mètre pour mètre, la bouche pèse 1,1 à 1,5 fois le mi-parcours, qui pèse 5 à 8 fois les derniers mètres ; la première moitié fait 63 à 70 % de la dérive. Le manuel militaire écrit que c'est le vent de mi-parcours qui a le plus d'effet : ce n'est pas exact au sens strict, mais ce l'est presque, et son conseil pratique (lire le mirage au tiers ou à la moitié de la distance) est bon. La page le dit maintenant.
- L'effet d'un vent de face ou de dos sur la hauteur, le choix FFP/SFP pour la correction au réticule, et la phrase sur les calibres modernes à constantes plus favorables.
Ce qui n'a pas été vérifié
- Les vitesses associées au mirage restent des ordres de grandeur : la page suit désormais le manuel militaire, mais il existe au moins un autre barème courant, en mph, légèrement différent (lente inclinaison dès 1-3 mph). Aucune mesure n'a été faite.
- Le rapport entre le vent à 10 m et au ras du sol dépend de la rugosité et de la stabilité de l'air ; les « trois quarts à 2 m, deux tiers à 1 m » valent pour un sol herbeux dégagé par atmosphère neutre. Par temps calme et ensoleillé ou la nuit, le profil peut s'en écarter nettement.
- L'origine des constantes traditionnelles — calibrées pour quelle munition, quelle altitude ? Le manuel ne le dit pas ; la coïncidence avec les valeurs calculées vers 2 500 m est relevée, pas démontrée.
- Les pondérations du vent le long du parcours ont été calculées pour deux munitions (.308 et 6,5 CM) entre 600 et 900 m, dans le modèle point-masse ; en régime transsonique ou pour une munition subsonique, elles peuvent différer.
Fiche établie le 2026-09-24. Trois supports, trois erreurs, toutes du côté de la sous-correction ; et un calcul qui a départagé la page et le manuel militaire sur la question du vent qui compte le plus.