Les pistolets et revolvers américains de poche
Table des matières
par Jean-Claude Cavalier
Remerciement spécial : cette page reproduit le texte du fascicule Les pistolets et revolvers américains de poche de Jean-Claude Cavalier (« Jesse Lone Rider »), qui a aimablement autorisé sa reprise et sa diffusion sur Tireur.org. Qu'il en soit chaleureusement remercié.
Bien avant que le revolver ne devienne le symbole de l’arme de poing américaine par excellence et qu’il ne soit popularisé par le cinéma, les voyageurs, les notables, les commerçants ou les dames aimaient s’équiper d’une arme discrète afin de se sentir en sécurité.
Rien d’ostensible à la vue, qui pourrait être considéré comme une provocation en cas de querelles ou de rixes. Juste quelque-chose dont le contact rassure au fond de la poche. Une vraie arme de défense !
Déjà du temps de la platine à silex, autant en Amérique qu’en Europe, il existait des petits pistolets “de voyage” qui trouvaient leur place dans une poche ou un sac à main.
Henry Deringer, ou le nom devenu commun
Vers 1830-35, profitant de l’invention toute récente de la platine à percussion plus fiable, un armurier de Philadelphie allait donner son nom à un type d’arme de petite taille : Henry Deringer.
En fait, il ne s’agissait pas à proprement parler d’une invention (il ne prit d’ailleurs jamais de brevet…) mais plutôt d’une évolution progressive vers de tout petits pistolets à la demande d’une clientèle intéressée.
Pas de modèles précis, les tailles varient entre le pistolet minuscule et celui un peu plus grand.
Un calibre souvent voisin du .41 (10 mm), un canon court qui se charge par la bouche avec de la poudre noire et une balle ronde, une amorce sur la cheminée qui sera percutée par le chien extérieur et c’est “la mort en poche”, du moins si l’adversaire n’est pas éloigné de plus de 3-4 mètres.
C’est seulement à partir de 1850 que la production augmente à cause de la popularité toujours plus importante.
Les petits “deringers” connaîtront le succès jusqu’à la fin de la Guerre de Sécession et l’arrivée progressive de la cartouche métallique.

L’un des derniers faits marquants perpétrés avec un deringer sera l’assassinat du Président Abraham Lincoln dans un théâtre le 14 avril 1865, cinq jours après la reddition de l’armée de Lee à Appomattox. Le meurtrier, un acteur du nom de John Wilkes Booth, fervent partisan de la Confédération dont la principale armée venait de capituler, s’approcha de la loge présidentielle et fit feu avec son deringer de calibre .44 (11 mm) dans la tête de Lincoln, ne lui laissant aucune chance. On estime la production à 15.000 exemplaires jusqu’en 1866.

Les deringers d’Henry Deringer furent souvent copiés par de nombreux armuriers. L’une de ces copies était marquée “Derringer” avec 2 R et cette orthographe a fini par devenir presqu’aussi populaire que l’originale avec 1 R.
Quoi qu’il en soit, le nom est entré dans la légende des armes américaines.
Les poivrières
En 1837, alors que Samuel Colt fabriquait ses tout premiers revolvers, un autre armurier nommé Ethan Allen prit un brevet pour une arme qui allait prendre le surnom de “pepperbox” ou “poivrière” à cause de sa forme.
Contrairement au revolver qui possède un barillet à plusieurs chambres pour un seul canon, la poivrière est constituée d’un ensemble de plusieurs canons, le bloc complet tournant autour d’un axe central.
Chaque canon est chargé individuellement par de la poudre noire et une balle ronde.
Une cheminée avec une amorce pour chaque canon.
La particularité assez innovante pour l’époque, est la “double action” : lorsque l’on actionne la détente, le chien en forme de petite barre se soulève, l’ensemble des canons tourne et, finalement, le chien s’abat sur l’amorce du canon suivant pour faire feu.
L’arme existait en plusieurs tailles dont la plus petite tenait parfaitement dans une poche. Calibres de .28 à .36 (de 7 à 9 mm) selon le modèle.
Difficile d’estimer la production de la cinquantaine de modèles fabriqués mais, c’était des armes assez courantes donc, largement plusieurs dizaines de milliers de 1837 à 1865.
D’autres fabricants comme Robbins & Lawrence ou Blunt Syms apportèrent quelques modifications en restant néanmoins avec le même système de bloc de canons tournant. Par rapport au deringer à 1 coup, les poivrières disposaient généralement de 5 ou 6 canons, avec toutefois la même portée assez limitée.

Elles connurent un certain succès lors de la Ruée vers l’Or en Californie vers 1850 car elles étaient moins chères que les revolvers Colt et offraient une certaine efficacité à courte distance.
Précisément, du côté de chez Colt, on propose le modèle “Pocket” dès 1848-49.
Malgré sa dénomination, cela reste un revolver de format moyen difficile à mettre dans une poche sauf peut-être dans ses versions à canon court.
Le calibre .31 (8 mm) et sa charge de poudre noire en font une arme avec une portée plus importante que les deringers ou poivrières, de l’ordre d’une vingtaine de mètres avec une bonne précision. Grosse production de 340.000 exemplaires jusqu’en 1873.
Les « Pocket » à percussion
Vers 1863, Colt concevra un modèle dérivé : le Pocket Model of Navy Caliber. Sous ce vocable mystérieux, on retrouve la carcasse du Pocket 1849 mais, en calibre .36 au lieu de .31 grâce à un épaulement qui élargit le diamètre du barillet.
Production mal connue, sans doute vers les 22.000 exemplaires jusqu’en 1872.
En 1855, Colt commercialise le modèle Root du nom d’un collaborateur de Samuel Colt. Contrairement à la totalité des revolvers Colt à percussion qui sont à carcasse ouverte (pas de barre de renfort au-dessus du barillet), les revolvers du modèle Root sont à carcasse fermée (avec présence de la barre de renfort).
Comme le Pocket, le Root reste une arme à percussion : on met de la poudre noire et une balle dans chacune des chambres du barillet, un refouloir placé sous le canon permet de pousser la balle et la sertir dans la chambre. Des amorces sur les cheminées à l’arrière du barillet et le revolver est prêt à faire feu.
Le modèle Root sera décliné dans 2 petits calibres (.28 ou .31) et est véritablement un revolver de poche, produit à 40.000 unités.
En 1857, à l’expiration du brevet qui avait assuré le monopole du revolver à Colt, d’autres armuriers se lancent dans la production de revolvers à percussion dont certains peuvent être qualifiés de modèles de poche. Il serait fastidieux de les citer tous.
C’est le cas, par exemple, de Remington avec ses modèles Beals Pocket dès 1857 ainsi que New Model Pocket en 1865.
Nous verrons plus loin que Remington concevra plusieurs modèles de petits pistolets deringers à cartouches métalliques.
L'arrivée de la cartouche métallique
En 1857, les associés Smith et Wesson ont mis au point la première cartouche métallique américaine : la .22 short Rim Fire (= 6 mm courte annulaire) qui existe toujours aujourd’hui.
Bien que d’un calibre assez faible, c’est une petite révolution car les munitions métalliques vont constituer l’avenir mondial de l’armement, à ce jour et pour longtemps encore.
Cela commence toutefois par un revolver assez discret : le Smith & Wesson n° 1.
Sa petite taille en fait un revolver de poche malgré les 7 coups de son barillet.
Une particularité : le canon s’ouvre vers le haut grâce à une petite charnière située en haut et juste à l’avant du barillet. Une fois ouvert, il faut sortir le barillet de son axe pour enlever les douilles vides et recharger avec des cartouches neuves. Le verrouillage de l’ensemble se fait par un petit verrou situé à la base avant de l’arme qui est donc à carcasse fermée comme le Colt Root mais, à l’inverse des autres revolvers à percussion de chez Colt à carcasse ouverte. Près de 260.000 exemplaires de 1857 à 1881.
Précisément, à l’époque, les revolvers à percussion ont encore de beaux jours devant eux et ne seront vraiment supplantés que vers 1870.
De plus, l’approvisionnement des localités reculées en cartouches métalliques, est aléatoire alors que l’on trouve du plomb, de la poudre noire et des amorces dans tous les “general stores”.
Pour la compréhension de la suite:
- RF = Rim Fire = amorçage annulaire
- CF = Central Fire = amorce centrale au culot de la douille.
Percuteurs rotatifs, chambres amovibles et coups de poing
En 1859, l’armurier Christian Sharps qui avait inventé les fusils à bloc tombant portant son nom, prend un brevet pour un petit pistolet de poche que l’on appellera erronément “poivrière”.
En effet, l’arme dispose d’un bloc de 4 canons qui restent fixes et c’est le percuteur monté sur le chien, qui est rotatif : à chaque armement du chien, le percuteur fait 1/4 de tour afin de percuter la cartouche placée dans le canon suivant jusqu’à tirer les 4 munitions l’une après l’autre.
Le calibre est le fameux .22 short RF comme le revolver n° 1 de Smith & Wesson.
Le pistolet Sharps est vraiment petit et correspond parfaitement à la notion d’arme de poche. En cas de défense rapprochée, les 4 coups pouvaient certainement dissuader. Plus tard, Sharps proposera le même pistolet à peine un peu plus grand pour tirer du .30 ou .32 RF (= 8 mm) et basé sur le même mécanisme à percuteur rotatif.
Quelques milliers au total, de 1859 à 1874.
En 1860, un armurier du nom de Daniel Moore conçoit la cartouche métallique .41 RF.
Il reprend de fait le calibre .41 (10 mm) le plus courant des authentiques deringers de Henry Deringer et cette nouvelle munition deviendra standard dans pas mal de modèles de petits pistolets de poche Colt ou Remington pour ne citer que les plus connus.
Pour tirer sa cartouche, Daniel Moore met au point un petit deringer à 1 coup qu’on appellera n° 1.
En 1865, sa petite société est englobée par National Arms Brooklyn qui continuera à produire le n° 1 auquel on ajoute un n° 2 assez similaire.
Et en 1870, la société sera rachetée par Colt qui produira encore le n° 1, le n° 2 et un nouveau modèle n° 3 conçu par l’ingénieur Thuer.
Ces 3 petits deringers à 1 coup en calibre .41 RF, seront produits jusqu’en 1890 et même 1912 pour le n° 3, à plus de 80.000 unités au total.
Les année 1860 et la Guerre de Sécession vont voir fourmiller une quantité très importante de modèles d’armes américaines, qui se poursuivra pendant plusieurs décennies.
Par ailleurs, la limite est ténue entre un petit revolver et un revolver moyen pourtant appelé “pocket”. Globalement, entre 1860 et 1890, les fabricants américains ont produit une quantité incroyable d’armes dites “Pocket”.
Il serait fastidieux de les énumérer ici mais, on peut citer Allen, Iver Johnson, Marlin, Merwin-Hulbert, Bacon, etc. à-côté des grands noms comme Colt ou Remington.
Notons parmi eux le petit pistolet Williamson à 1 coup en calibre .41 RF.
Sa particularité est d’être livré avec une chambre amovible qui peut se charger avec de la poudre noire, une balle et une amorce.
Insérée dans la chambre de l’arme, cette chambre amovible remplace la cartouche métallique habituelle en cas de rupture d’approvisionnement. Une sorte de munition de secours, en somme ! 10.000 exemplaires de 1866 à 1870.
Notons aussi le James Reid Knuckle Duster, petite poivrière devenant coup de poing américain lorsque l’on avait tiré les 7 coups de .22 short RF ou les 5 coups de calibre .32 ou .41 RF.
Il suffisait s’empoigner l’arme en passant un doigt dans l’orifice percé dans sa “crosse” et on continuait la bagarre à coups de poing “percutants”. 14.000 unités de 1868 à 1882.
Contourner le brevet Rollin White
De 1857 à 1869, Smith & Wesson exploitera le brevet d’un certain Rollin White pour le barillet percé au même diamètre de part en part. Ce système permet tout simplement le chargement du barillet par l’arrière, chose qui semble évidente aujourd’hui. Smith & Wesson a donc le monopole du revolver à cartouches métalliques jusqu’en 1869.
Il y a ceux qui vont carrément plagier les modèles Smith & Wesson et leur barillet percé. Ils seront implacablement poursuivis en justice.
D’autres contournent le brevet en conservant un barillet avec des chambres partiellement obturées à l'arrière, avec juste un orifice étroit permettant le passage du percuteur. Le reste de la chambre est au diamètre des cartouches que l’on charge par l’avant avec des munitions spécifiques sans bourrelet. Dans cette catégorie, notons le Cup-fire Pocket .30 de Plant ou le Teat-fire .32 de Moore/National Arms, qui rencontrent un certain succès malgré la difficulté de trouver les munitions très spéciales dans le commerce : 20.000 exemplaire pour le Plant vers le milieu des années 1860 et 30.000 pour le Moore Teat-fire de 1864 à 1870
Un autre système appelé Slocum a la particularité d’avoir des chambres coulissantes vers l’avant permettant le chargement du barillet par le côté. Il utilise la cartouche de .32 RF de Smith & Wesson que l’on trouve presque partout. De plus, le chargement est plus simple et plus rapide que sur les Smith & Wesson.
Production assez courte de 10.000 exemplaires en 1863 et 1864.
Remington et le pistolet de poche
A côté de sa production de revolvers, la firme Remington a proposé plusieurs modèles de pistolets de poche avec des formes et des systèmes mécaniques divers.
Cette variété a fait de Remington l’un des plus importants fabricants de petits pistolets pendant plusieurs décennies de 1861 à 1935. Cette variété a toutefois pris fin en 1888 pour la plupart des modèles. Après cette date, seul un modèle a continué à être produit jusqu’en 1935, le plus célèbre de tous.
Procédons chronologiquement, modèle après modèle :
- en 1861-62 : Remington Zig-Zag Deringer : 6 coups en .22 short RF, ± 1.000 exempl.
Le mécanisme est caractérisé par des rainures en zig-zag sur l’arrière du bloc des canons et qui font tourner le tout à chaque tir. L’armement du percuteur interne se fait grâce à une détente-anneau qu’il faut pousser en avant et ensuite ramener en arrière pour tirer.
En fait, c’est une petite poivrière puisque l’ensemble des canons tourne en même temps. - de 1863 à 1888 : Remington Elliot Repeating Deringer : 5 coups en .22 short RF ou 4 coups en .32 RF, 25.000 unités pour les 2 modèles. Le bloc de canons est fixe et c’est un percuteur rotatif qui assure la percussion. L’armement du percuteur interne se fait en poussant le détente-anneau vers l’avant comme sur le modèle Zig-Zag.
- de 1865 à 1888 : Remington Vest Pocket Pistol : 1 coup en calibres .22, .30, .32 et .41 RF, entre 32 et 35.000 exemplaires.
Crosse en poignée de scie, canon assez long jusqu’à 10 cm, chien extérieur. - de 1866 à 1935 : Remington Double Deringer Over-Under : 2 coups en .41 RF, 150.000 Le plus célèbres des deringers à cartouches métalliques, avec ses 2 canons superposés, souvent vu au cinéma ou dans les BD.
A chaque armement du chien extérieur, le percuteur frappe alternativement les cartouches placées dans les 2 canons. - de 1867 à 1888 : Remington Elliot Single Shot Deringer : 1 coup en .41 RF, 10.000 ex. Plus petit et plus compact que le Vest Pocket, avec un canon de 6,3 cm, une crosse arrondie dite “en bec de corbin” et un chien extérieur.
- de 1871 à 1888 : Remington Rider Magazine Pistol : 5 coups en .32 RF Extra Short, 15.000 exemplaires.
Caractérisé par un tube-magasin sous le canon, un peu comme les Winchesters, qui peut contenir 5 petites cartouches très courtes (Extra Short).
En armant l’ensemble chien-culasse, on éjecte la douille tirée et une nouvelle munition est acheminée du magasin en bas vers le canon en haut. Un système inhabituel sur ce type d’armes.
Mais, en plus de tous ces modèles de petits pistolets type deringer, Remington fabriqua aussi des petits revolvers pendant la même période :
- de 1875 à 1888 : Remington Smoot n° 1 (.30 short RF), n° 2 (.32 short RF) et n° 3 (.38 short RF) : 5 coups, 3.000 exemplaires pour chacun des 2 premiers modèles et 25.000 pour le n° 3.
Petits revolvers à canon entre 6 et 9,5 cm selon le calibre et souvent une crosse “en bec de corbin”, extracteur le long du canon pour sortir les douilles par l’arrière du barillet. - de 1877 à 1888 : Remington New Model N° 4 : 5 coups en .38 ou .41 short RF ou CF, 23.000 exemplaires.
Encore plus petit et plus simple que les Smoot. Pas d’extracteur. - de 1878 à 1888 : Remington Iroquois Pocket : 7 coups en .22 short RF, 10.000 ex.
C’est un n° 4 en petit calibre, pour faire concurrence aux petits revolvers Colt.
Comme les autres, crosse en “bec de corbin”.
Après cette fastidieuse énumération, on constate que Remington a produit pas moins de 9 modèles d’armes de poche, dont 8 ont été fabriqués ensemble jusqu’en 1888, date d’une profonde restructuration au sein de la société Remington et d’une manifeste rationalisation de la production.
Seul le pistolet Double Deringer passera ce cap et sera encore fabriqué pendant près de 50 ans jusqu’en 1935 pour un total de 69 ans de production, faisant de ce modèle l’un des plus populaires de l’histoire armurière des USA.

Les petits Colt
Du côté de chez Colt, en plus des deringers n°ˢ 1, 2 et 3 déjà évoqués, on s’est lancé aussi dans la production de petits revolvers de poche :
- de 1871 à 1877 : Colt Open Top Pocket : 7 coups en .22 short ou long RF, 114.000 ex. Caractérisé par sa carcasse ouverte (pas de barre de renfort au-dessus du barillet), avec ou sans extracteur le long du canon, crosse en “bec de corbin”.
Le premier revolver Colt à cartouches métalliques. - de 1873 à 1884 (pour le .32) : Colt New Line : 7 coups en .22 short RF, 5 coups en .30 RF, .32 RF ou CF, .38 RF ou CF et .41 RF ou CF. Un total de 100.000 exemplaires dont 55.000 pour le seul calibre .22
Carcasse fermée (présence de la barre de renfort au-dessus du barillet) contrairement au modèle Open Top.
Pas d’extracteur, crosse en “bec de corbin”, chaque calibre reçoit un surnom : par exemple, pour le .32, c’est “The Ladies Colt”. - de 1871 à 1876 : Colt House (5 coups) et Cloverleaf (4 coups) : le modèle à 4 coups dont la forme du barillet rappelle un trèfle à 4 feuilles prend le nom assez logique de Cloverleaf. Calibre .41 short ou long RF, 10.000 exemplaires au total. Crosse en “bec de corbin” et présence ou non d’un éjecteur le long du canon.
- de 1880 à 1886 : Colt New House : 5 coups en .38 ou .41 CF, parfois en .32 CF, 4.000 ex Ressemble au New Line sauf la crosse à talon carré.

Les petits Smith & Wesson
Du côté de chez Smith & Wesson, après le n° 1 en .22, on met au point un n° 2 en .32 RF en 1861. Comme il s’agit d’un revolver de format moyen, on ne peut pas vraiment le classer comme arme de poche sauf peut-être dans sa version à canon de 10 cm.
Mais, Smith & Wesson proposa aussi un modèle intermédiaire à peine plus gros que le n° 1 mais, en calibre .32 RF comme le n° 2. Avec une certaine logique bien à eux, il prend le nom de n° 1 1/2 : fabriqué de 1865 à 1875, 5 coups, crosse à talon carré sur le 1ᵉʳ type et en “bec de corbin” sur le second, 127.000 exemplaires au total. Et toujours l’ouverture de la carcasse vers le haut comme pour les n°ˢ 1 et 2.
Pour ceux qui préféraient le calibre .38 plus puissant, Smith & Wesson conçut le 38 Single Action Revolver : 3 modèles successifs de 1876 à 1911 pour 160.000 exemplaires au total.
Le 1ᵉʳ modèle prendra la surnom de “Baby Russian” à cause de la longueur du logement d’axe du barillet sous le canon, qui rappelle le “gros” Smith & Wesson n° 3 Russian. Cette particularité disparaîtra sur les suivants bien que leurs formes générales rappellent le n° 3. Les 3 modèles ont l’ensemble canon-barillet qui bascule vers le bas. Dorénavant, ce sera la marque de fabrique de la société après 1875. Crosse à talon carré.
Comme pour prolonger la notoriété de l’ancien n° 1 1/2, Smith & Wesson proposa un nouveau modèle n° 1 1/2 Single Action Revolver à 5 coups toujours en .32 de 1878 à 1892.
Ouverture par brisure vers le bas comme le modèle en .38.
Crosse en “bec de corbin”. Plus de 97.000 exemplaires.
Détentes éperon et « Saturday Night Specials »
Bien que ce soit pas une règle absolue, beaucoup de ces petites armes de poches avaient une détente sans pontet, appelée souvent “détente mexicaine” ou “détente éperon”.
De manière générale, la concurrence est rude entre Colt, Remington, Smith & Wesson et beaucoup d’autres fabrications.
Certaines de ces dernières sont de si piètre qualité qu’on les surnomme “Suicide Special”, ce qui en dit long sur leur longévité et leur usage unique.
Le surnom de “Saturday Night Special”, appliqué aux revolvers bon marché de faible calibre, est plus tardif : sa première occurrence connue dans la presse date de 1917.
Il y avait aussi des armes de qualité en dehors des grandes marques.
Les oubliées du western
Quand on voit le nombre de modèles de poche dont seulement les plus populaires ont été présentés ici, et surtout la production totale assez incroyable, on constate qu’il s’est vendu bien davantage de revolvers ou pistolets de poche que de “gros” revolvers de ceinture, surtout si on y ajoute les modèles moins connus.
Ces petites armes sont pourtant les oubliées des westerns alors qu’elles étaient clairement très populaires, surtout après l’arrivée de la cartouche métallique vers 1860.
Après 1880 ou 1890, chaque société conçut de nouveaux modèles de revolvers, souvent à double action ou à barillet basculant. Puis, vint l’ère des pistolets semi-automatiques dont certains étaient également de poche mais, ceci est une autre histoire…
Le document d'origine
Les pistolets et revolvers américains de poche, Jean-Claude Cavalier (Jesse Lone Rider), 8 juin 2026 — 15 pages illustrées.
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L'auteur précise que les photographies, qui viennent de lui-même ou du Net, ne sont pas à la même échelle.
Le texte de cette page est celui du fascicule. Les intertitres et les illustrations avec leurs légendes sont du site. Trois points de fond y ont été corrigés : le contexte de l'assassinat de Lincoln, l'orthographe de la firme Robbins & Lawrence et l'origine du surnom « Saturday Night Special ». Le détail figure sur la fiche de vérification.
Les illustrations de cette page ne sont pas celles du fascicule : ce sont des images libres provenant de Wikimedia Commons, du Metropolitan Museum of Art et du National Museum of American History. Auteur, source et licence de chacune figurent dans sa légende ; elles ne sont pas à la même échelle.
Voir aussi
- Les débuts du revolver américain — la guerre des brevets Colt et Rollin White, par le même auteur.
- Winchester et les armes à levier de sous-garde — la voie de la répétition sans barillet, par le même auteur.
- Histoire des armes à feu : de l'Antiquité à nos jours — le cadre chronologique général.
- L'amorçage des cartouches et Des systèmes de mise à feu — les amorçages annulaire (RF) et central (CF), leurs concurrents abandonnés et ce qu'ils impliquent au rechargement.
Sur le forum
- Armes anciennes → Armes de poing — la section dédiée aux revolvers et pistolets anciens.
- Histoire de la poudre et des armes — la section d'où provient ce fascicule.
- Les fascicules de Lone Rider — le fil de discussion où l'auteur a mis ses documents à disposition ; c'est là qu'on peut le remercier.
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