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Vérification — Les fusils militaires américains

Fiche de traçabilité de trois articles traités ensemble parce qu'ils forment une lignée et se citent mutuellement : Le fusil M1 Garand, La carabine M1 (USM1) et Le fusil d'assaut M16. Le contrôle a débordé sur la carabine AR-15, qui portait la même erreur dans les mêmes termes. Voir la méthode.

Sources

  • Le brevet Stoner US 2 951 424 (délivré le 6 septembre 1960), lu pour ce qu'il décrit du mécanisme et pour ce que son auteur y écrit du vocabulaire employé.
  • Les dates d'adoption et de standardisation américaines : commandes de novembre 1963, mise en service de 1964, standardisation du M16A1 en février 1967, du M16A2 en 1982.
  • Les caractéristiques officielles de la cartouche .30 Carbine et sa révision entre les essais et la production.
  • Pour le Garand, les deux manuels déjà archivés localement (FM 23-5, TM 9-1005-222-35).

Ce qui a été fait

Les faits répétés d'une page à l'autre ont été tabulés d'abord — masses, longueurs, vitesses, dates — puis confrontés. Le tableau comparatif Garand / carabine de l'article USM1 sert de contrôle croisé naturel : il recopie les chiffres des deux armes côte à côte, et une erreur y apparaît donc deux fois. C'est ce qui a permis de la voir.

L'erreur principale : une filiation prise pour une description

Les deux pages qui décrivent le système de gaz de l'AR-15 — l'article historique et l'article matériel — écrivaient, dans des termes presque identiques, que les gaz sont « renvoyés directement sur la tête de culasse ». L'article historique allait plus loin et donnait sa généalogie : le système serait « issu du Ljungman suédois via le MAS-49 ».

C'est cette généalogie qui produit l'erreur. Le Ljungman (Ag m/42) et le MAS-49 fonctionnent réellement ainsi : le gaz débouche du tube et souffle sur la face du porte-culasse, sans piston d'aucune sorte. L'auteur a décrit l'ancêtre annoncé, puis a attribué son mécanisme au descendant — alors que c'est exactement ce dont l'AR-15 se distingue.

Stoner l'a écrit lui-même, dans le brevet qui couvre précisément cet organe :

This invention is a true expanding gas system instead of the conventional impinging gas system.

Le mécanisme réel : les gaz sont admis par la clé de gaz dans une chambre annulaire ménagée à l'intérieur du porte-culasse. La queue de la culasse, garnie de segments, y joue le rôle de piston ; le porte-culasse joue celui de cylindre. La pression écarte les deux pièces — le porte-culasse recule pendant que la culasse reste plaquée en avant, verrouillée, jusqu'à ce que la came la fasse pivoter. C'est un emprunt de gaz à piston, simplement logé à l'intérieur de l'arme au lieu d'être posé au-dessus du canon.

Le nom d'usage, lui, reste direct impingement : il n'y a pas lieu de le bannir, il désigne sans ambiguïté une famille d'armes. Les deux pages le conservent donc, mais ne le prennent plus pour une description.

Un détail de vocabulaire trahissait la même confusion sur la page matériel : la tournure « la tête de culasse (bolt carrier) » nommait en français une pièce et en anglais l'autre. Ce sont précisément les deux pièces dont la distinction porte tout le mécanisme — et la même page les nommait correctement dix lignes plus haut.

L'erreur suivante : deux organes intervertis sur le M16

L'article distinguait le M16 de l'Air Force du XM16E1 de l'Army par l'absence de sélecteur de tir sur le premier, et le présentait, dans la liste des variantes, comme dépourvu de cache-flamme à dents et de déflecteur de douilles. Trois affirmations, trois inexactitudes :

  • les deux armes ont un sélecteur à trois positions. Ce qui les sépare est l'assistance à la fermeture (forward assist), exigée par l'Army, refusée par l'Air Force, par Colt et par Stoner, qui la tenaient pour une dépense injustifiée ;
  • le M16 initial portait le cache-flamme à trois dents. C'est le M16A1 qui lui substitue le modèle fermé dit « birdcage » — l'article le disait d'ailleurs correctement une ligne plus bas, et se contredisait donc ;
  • le déflecteur de douilles n'apparaît qu'avec le M16A2 en 1982. Son absence sur le M16 ne le distingue de rien, puisque le A1 n'en a pas davantage.

La page portait par ailleurs deux dates pour le même événement : l'adoption par l'USAF était datée de 1963 dans le récit et de 1964 dans la liste des variantes. Les deux se rejoignent une fois l'enchaînement rétabli — commandes autorisées en novembre 1963, mise en service en 1964.

Corrections secondaires

Affirmation d'origine Correction
.30 Carbine à ~570 m/s (1860 fps) — écrit deux fois : liste technique et tableau comparatif ~600 m/s (1970 fps) au canon de 18 pouces. 1860 fps est la valeur des essais, révisée avant la production de série
Winchester reçoit la première commande gouvernementale en juillet 1942, sans que la date d'adoption figure nulle part L'arme est standardisée le 22 octobre 1941 (essais d'août à octobre) ; les premiers marchés vont alors à Winchester et Inland, la série ne démarrant qu'en 1942
AR-15 civil commercialisé dès 1963 Approuvé à la vente le 10 décembre 1963, mis en vente le 2 janvier 1964 (modèle R6000 Sporter)
Vente des droits à Colt en 1959, sans conditions Complété : 75 000 dollars comptant et 4,5 % de redevance sur la production future

Ressorti intact

Le tableau comparatif Garand / carabine de l'article USM1 est juste sur tout le reste, et c'est ce qui compte le plus sur cette page : masses (2,36 kg contre ~4,3 kg), longueurs (904 mm contre 1105 mm), modes d'alimentation, rôles tactiques. L'avertissement liminaire contre la confusion des deux « M1 » est fondé et bien posé.

Tiennent également, vérifiés ou recoupés :

  • pour le Garand : l'adoption de 1936, les ~5,4 millions d'exemplaires de 1936 à 1957, la répartition entre Springfield (~3,5 M) et Winchester (~513 000, seul producteur privé de guerre), le passage du gas trap au gas port en 1939 après une cinquantaine de milliers d'exemplaires, les clics d'1 MOA, et surtout l'avertissement sur les munitions — la mise en garde contre les poudres lentes et les balles lourdes qui tordent le levier d'armement est exacte, et les trois parades proposées le sont aussi ;
  • pour le M16 : la genèse chez ArmaLite, la vente à Colt en 1959, la standardisation du M16A1 le 28 février 1967, les quatre causes de la crise de fiabilité au Viêt Nam et la commission d'enquête de 1967, le pas de 1:7 du A2 contre 1:12 du A1, les dates du A4 et du M4, et l'attribution du DA Pamphlet 750-30 à la supervision de Will Eisner ;
  • pour la carabine : la genèse du besoin (1938, repris en 1940), le mécanisme de Williams, les ~6 millions d'exemplaires qui en font l'arme américaine la plus produite de la guerre, la liste des fabricants, le remplacement du bouton de sûreté par un levier après confusion avec le bouton de chargeur, et la critique de Corée sur le manque de puissance.

Ce qui n'a pas été vérifié

  • Les productions sous licence européennes du Garand — Breda et Beretta, l'outillage Winchester, les marquages FKF des exemplaires danois. Détail de collection, non recoupé.
  • Le motif prêté à International Harvester — la dispersion industrielle « en cas d'attaque nucléaire sur la côte Est ». L'argument de dispersion est courant ; sa formulation nucléaire n'a pas été confrontée à une source d'époque.
  • Les huit points de graissage du Garand : le principe (graisse et non huile, Lubriplate 130A) est bien celui de l'Ordnance, mais le décompte des points n'a pas été relevé dans le FM 23-5 lui-même.
  • Le passage du cache-flamme à trois dents au « birdcage » est daté ici de la transition vers le M16A1 ; la date exacte du changement en production n'a pas pu être fixée au mois près.
  • Les effectifs de production du T26 « Tanker » et l'affirmation qu'aucun n'a été produit en série : cohérent avec tout ce qui a été lu, mais non confronté aux archives de l'Ordnance.
  • Le rôle de la balle 5,56 à effet yaw dans l'enthousiasme des essais de 1962 : rapporté tel quel, sans contrôle des rapports d'essai.

Voir aussi

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