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Choisir un pistolet .22 LR

Le pistolet .22 LR est l'arme de poing par laquelle presque tout le monde commence, et en Belgique il occupe une place à part : c'est la seule arme de poing moderne qu'une licence de tireur sportif permet de détenir sans autorisation. Le choix se fait donc à trois niveaux — ce que la loi admet, ce que le règlement de la discipline admet, et ce qui convient à la main et à l'usage. Cette page les prend dans cet ordre. Les caractéristiques propres à chaque épreuve sont sur les pages des disciplines ; la munition, sur celle de la .22 Long Rifle.

En bref

  • Avec une licence de tireur sportif, l'arme de poing admise est le pistolet conçu spécifiquement pour le tir sportif, à cinq coups maximum, de calibre .22 (arrêté ministériel du 15 mars 2007). Un revolver .22 n'y figure pas.
  • « Pistolet » a un sens légal précis : une arme courte qui se réarme seule après le coup, c'est-à-dire le semi-automatique ; un revolver n'en est pas un. Une arme .22 à un coup d'au moins 28 cm entre, elle, dans un autre point de la même liste.
  • Un seul pistolet .22 sert aux trois épreuves de 25 m à percussion annulaire de l'ISSF : mêmes limites de poids, de détente, de boîte de contrôle, de canon et de rayon de visée.
  • Deux détails éliminent beaucoup de pistolets du commerce en compétition ISSF : un canon de plus de 153 mm (7 pouces font 177,8 mm) et un guidon à fibre optique, interdit.
  • La munition fait partie du choix : un semi-automatique ne fonctionne qu'avec les cartouches qui le font cycler ; seul l'essai de plusieurs lots le dit.
  • Aucune marque n'est recommandée ici : les critères ci-dessous permettent de juger celle qu'on a en main.

En Belgique : ce que la licence de tireur sportif permet

La loi sur les armes dispense les titulaires d'une licence de tireur sportif de l'autorisation de détention pour les armes « conçues pour le tir sportif » dont le ministre de la Justice arrête la liste (article 12, alinéa 1er, 2° ; voir La licence de tireur sportif). Cette liste est l'arrêté ministériel du 15 mars 2007, dont l'article 1er énumère sept catégories, « pour autant que la licence de tireur sportif prévoie leur utilisation ». Trois concernent l'arme de poing :

Point de l'article 1er Texte Ce qui y entre
6° « les pistolets conçus spécifiquement pour le tir sportif, à cinq coups maximum de calibre .22 » le pistolet .22 de tir sportif semi-automatique
4° « les armes à feu à un coup à percussion annulaire dont la longueur totale est au moins 28 cm » les armes .22 à un coup, dont le pistolet de 50 m, s'il atteint 28 cm
7° armes « se chargeant par la culasse, par la bouche du canon ou par l'avant du barillet, exclusivement avec de la poudre noire » ou des cartouches à poudre noire à amorçage séparé, « dont le brevet est antérieur à 1890 »
Limite (ISSF 2026, art. 8.12) Valeur
Poids, tous accessoires et chargeur vide compris 1 400 g au plus
Poids de détente 1 000 g au moins
Boîte de contrôle, pistolet complet avec ses organes de visée 300 × 150 × 50 mm
Longueur du canon 153 mm au plus
Rayon de visée 220 mm au plus
Compensateur, frein de bouche, canon percé interdits

Un même pistolet sert donc aux trois ; les pistolets de tir rapide sont des armes spécialisées, mais conformes à la même ligne. Le pistolet 50 m est d'une autre famille : tout pistolet .22 long rifle y est admis, chargé d'une seule cartouche (art. 8.4.3.4), sans limite de poids ni de détente ; un pistolet de 25 m y est légal, mais désavantagé.

Vérifier un pistolet contre le règlement

  • Le canon. Pour un semi-automatique, il se mesure « de la bouche à la face de la culasse (canon plus chambre) » (art. 8.4.3.1). Les catalogues l'annoncent souvent en pouces : 5,5″ font 139,7 mm, 6″ font 152,4 mm (de justesse sous 153), 7″ font 177,8 mm et 7,25″ font 184,1 mm — hors limite.
  • Les organes de visée. Seuls les organes de visée ouverts sont admis ; la fibre optique, les points rouges, les lunettes et les visées projetées sont interdits (art. 8.4.1.2). Beaucoup de pistolets de loisir sortent d'usine avec un guidon à fibre optique : il faut le remplacer pour concourir.
  • La boîte. Le pistolet doit y entrer complet, organes de visée montés : un canon long, une poignée volumineuse ou un rail ajouté peuvent l'en empêcher.
  • La poignée. Elle ne doit pas envelopper la main ; la partie qui repose sur le dessus de la main, entre le pouce et l'index, ne dépasse pas 40 mm ; l'arrière est taillé en remontant d'au moins 45° (art. 8.4.1.6). Et l'axe du canon doit passer au-dessus du creux de la main en position de tir (art. 8.4.3.1).
  • La détente. Elle se pèse (voir Peser et régler une détente) ; 1 000 g au moins aux 25 m.

Un pistolet dessiné pour ces épreuves se tient au plus près des limites : la fiche d'un pistolet de match .22 annonce par exemple 295 × 140 × 49 mm hors tout, 1 095 g, un canon de 120 mm et un rayon de visée de 220 mm — le maximum — pour une boîte de 300 × 150 × 50. Ces limites sont celles de l'ISSF ; pour un championnat national ou un concours de club, c'est le règlement de l'organisateur, dans son édition en cours, qui fait foi.

La main, la poignée et la détente

Un pistolet de match se distingue d'abord par ce qui se règle à la main du tireur :

  • La poignée anatomique, taillée pour la main, se choisit à la taille de la main et existe en version gaucher : la même fiche propose quatre tailles pour droitier et trois pour gaucher. Elle doit tenir la main sans la forcer : c'est elle qui ramène chaque coup dans la même position. Les règles de l'ISSF ci-dessus fixent ce qu'on peut y ajouter.
  • La détente réglable — course, point de départ, poids au-dessus du minimum — et, sur beaucoup de pistolets de match, la possibilité de tirer à sec sans cartouche, qui permet l'entraînement chez soi.
  • L'équilibre : des masses d'équilibrage se montent sous le canon ; elles comptent dans les 1 400 g.

Un pistolet de loisir robuste et bon marché permet de débuter et de savoir si l'on continue ; un pistolet de match d'occasion offre ces réglages pour un prix comparable, avec l'incertitude d'une arme usagée. Le choix entre les deux dépend de l'usage et du budget — et, pour la compétition ISSF, des vérifications ci-dessus.

La munition et le fonctionnement

Un pistolet semi-automatique .22 se réarme avec l'énergie du coup. S'il en reçoit trop peu, l'étui n'est pas éjecté ou la cartouche suivante n'est pas chambrée ; s'il en reçoit trop, la culasse frappe fort. Le fonctionnement dépend donc de la munition, et pas seulement de l'arme.

  • La notice du fabricant fait foi. Celle du Ruger Mark IV, par exemple, admet la .22 LR « standard velocity or high velocity » fabriquée aux normes de l'industrie américaine, et met en garde : certaines munitions haute vitesse peuvent faire apparaître des douilles gonflées ou fendues ; dans ce cas, il faut cesser de les employer.
  • Chaque pistolet a ses cartouches. Deux lots d'une même munition peuvent se comporter différemment dans la même arme. Le seul moyen de savoir est d'essayer plusieurs lots, pour le fonctionnement d'abord, pour la précision ensuite (voir le couple canon–lot).
  • Les chargeurs s'usent et se déforment ; un incident de chargement vient souvent d'eux avant de venir de l'arme.

Ce que cette page n'établit pas

  • Aucune marque, aucun modèle, aucun prix : ils changent plus vite qu'une page de wiki, et un conseil de modèle dépend de la main qui le tiendra.
  • Ce qui rend un pistolet « conçu spécifiquement pour le tir sportif » et la portée exacte de « cinq coups maximum » : les textes ne le définissent pas ; la page le dit et renvoie au service des armes.
  • La version consolidée de l'arrêté ministériel du 15 mars 2007 n'a pas pu être lue : la page cite le texte publié au Moniteur et repris dans la circulaire de 2010. Aucune modification de l'arrêté n'a été relevée.
  • Les kits de conversion .22 montés sur une arme d'un autre calibre : leur statut au regard de la licence n'est pas traité ici.
  • Les règlements nationaux et de club : seules les règles de l'ISSF sont citées.

Voir aussi

Sources

  • Arrêté ministériel du 15 mars 2007 déterminant la liste des armes à feu conçues pour le tir sportif, pour lesquelles les titulaires d'une licence de tireur sportif sont exemptés de l'obligation d'autorisation, Moniteur belge, numac 2006009968 : article 1er, 4°, 6° et 7°.
  • Circulaire du 29 octobre 2010 relative à l'application de la législation sur les armes, Moniteur belge, numac 2010009903 : définitions du revolver (24°) et du pistolet (25°), section relative aux tireurs sportifs.
  • Loi du 8 juin 2006 réglant des activités économiques et individuelles avec des armes, article 12 — voir La licence de tireur sportif.
  • ISSF, Rule Book, édition 2025, second tirage 07/2026, en vigueur au 1ᵉʳ juillet 2026 : art. 8.4.1.2 (visée), 8.4.1.6 (poignées), 8.4.3.1 à 8.4.3.4 (armes de 25 m et de 50 m), 8.12 (tableau des spécifications).
  • Sturm, Ruger & Co., Instruction Manual for Ruger Mark IV Pistols : chapitre « Ammunition ».
  • Pardini, fiche technique du pistolet SP (.22 LR, 25 m) : dimensions, poids, canon, rayon de visée, tailles de poignée, tir à sec — citée pour illustrer les limites de l'ISSF, pas comme recommandation.

Cet article a fait l'objet d'une vérification factuelle : voir la fiche de vérification.

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