Ch. 5 — Le tir lent
A. Généralités
1. Une technique est la méthode selon laquelle on exécute les procédures d'une opération.
2. Une technique de tir lent qui permette à un tireur au pistolet de réussir en compétition comprendra :
a. Une préparation minutieuse.
b. Une planification approfondie.
c. Un relâchement méthodique du système musculaire.
d. Une concentration intense.
e. La coordination de tous les facteurs fondamentaux dans le lâcher d'un coup précis.
f. L'analyse du lâcher du coup.
g. La correction des erreurs.
h. Une stricte uniformité dans l'exécution de tout ce qui précède est nécessaire pour garantir la reproduction d'une bonne performance, encore et encore.
3. Les facteurs qui concernent la technique du tir lent ne doivent pas être considérés comme des règles rigides exigeant l'exécution stricte de chaque point. Dans le tir de compétition, comme dans tout autre sport, il n'existe pas de règles établies de technique qui s'appliquent à tout le monde.
4. Le tireur doit accueillir le contenu de ce chapitre avec un esprit critique et s'en servir comme d'un guide pour trouver son propre style de tir : un style qui convienne à son tempérament, à ses capacités personnelles et à sa constitution physique.
B. Techniques de contrôle en tir lent
Pour chaque tireur, la meilleure technique de contrôle en tir lent est l'emploi judicieux d'une combinaison des facteurs fondamentaux qui contribuent à obtenir une performance satisfaisante.
1. Tir à sec avant le tir. Un tireur devrait rarement tirer la première fois qu'il se stabilise pour viser. Prenez l'habitude de lâcher un ou deux coups « à sec » avant le premier coup. Cela aide à obtenir la mise au point nette et précise nécessaire à une exécution fluide et coordonnée. Évitez de faire traîner un coup, ce qui a pour effet d'augmenter l'arc de mouvement et d'émousser la vision. Après avoir essayé sans succès pendant cinq ou six secondes, le tireur doit cesser le tir à sec, retirer son doigt de la détente et se reposer, puis tenter à nouveau de lâcher à sec un coup satisfaisant. Ne le faites toutefois pas trop souvent : une longue journée de tir sollicite fortement les muscles et les yeux.
2. Le soin. Un grand soin est l'un des piliers du contrôle en tir lent. Chaque tireur obtient un certain pourcentage de bons coups ; les autres vont de médiocres à mauvais. Les mauvais coups viennent de la négligence. Accepter des conditions presque assez bonnes est une forme de négligence. Rares sont les meilleurs tireurs qui ne font absolument aucun compromis. Le tireur qui n'est pas disposé à s'engager pleinement et qui ne parvient pas à prendre le point qui départage les ex aequo est celui qui perd le match. Le principal dommage que la négligence inflige à une performance contrôlée frappe là où on peut le moins se le permettre : l'uniformité. Par exemple, ne pas reprendre correctement le pistolet en main à chaque nouvelle tentative de tir enfreint la règle selon laquelle, pour répéter une bonne performance, il faut reproduire uniformément l'emploi de tous les fondamentaux.
3. La patience. La patience est d'une grande importance dans la conduite du tir lent, car sans elle le tireur peut ruiner, à un instant de son aboutissement, une performance par ailleurs bonne. Lorsque les conditions d'un coup contrôlé et précis sont réunies, le problème du tireur se réduit à laisser patiemment les événements prévus suivre leur cours normal. La synchronisation des facteurs qui interviennent dans le lâcher d'un coup précis demande un certain temps pour s'accomplir. Toute impatience qui viendrait perturber un seul facteur de contrôle réduit l'ensemble à néant. Des mesures improvisées et désespérées pour rattraper une défaillance ne peuvent en aucun cas réussir. Prenons un exemple : un tireur est sur le pas de tir et fait un effort soutenu pour maintenir les conditions qu'il a mises en place afin de contrôler un coup précis. Ses organes de visée sont alignés, l'arc de mouvement se stabilise et il exerce une pression franche sur la détente, droit vers l'arrière ; il doit alors attendre un instant. À ce stade de sa technique d'emploi des fondamentaux, il réussira ou échouera selon sa capacité à laisser passer le temps nécessaire à une libération du chien fluide et sans perturbation.
4. La visée trop longue. Le tireur doit se rappeler qu'il ne peut pas améliorer ses résultats en visant longtemps. Au contraire, une visée trop longue réduit fortement la précision. Après environ dix à douze secondes de visée, la vision s'émousse progressivement et l'œil du tireur cesse de percevoir certaines erreurs infimes. Il en résulte une visée trompeuse, et le tireur, sans remarquer son erreur de visée, lâche un coup imprécis. Pour obtenir la plus grande précision, la visée doit être accomplie en six à huit secondes. Cette façon de viser est bonne parce que le tireur qui ne prolonge pas sa visée et ne fatigue pas ses yeux leur permet de récupérer rapidement et de garder leur acuité pendant toute la durée du match.
5. Établir un système. Chaque tireur doit concevoir individuellement un système de tir, sans lequel il n'est pas capable d'atteindre durablement un haut niveau de performance. Reportez-vous au chapitre IV, « Établir un système de tir ». Le guide du tireur pour une organisation complète du contrôle d'un coup en tir lent, la « fiche de travail du tir lent », figure au chapitre IV.
Mener à bien le programme de tir de la journée exige du tireur qu'il passe, pour chaque coup, par toutes les étapes du tir exactement de la même façon. Cela n'est possible que s'il parvient à préserver, pendant qu'il tire, une énergie physique, une acuité visuelle, une rapidité de réaction, etc., suffisantes. Pouvoir tout répéter de la même façon exige un usage intelligent et économe de ses forces.
6. Le rythme du tir. L'expérience a montré que la meilleure façon de tirer consiste à lâcher chaque coup rapidement, dans les six secondes qui suivent la stabilisation. Le temps passé entre deux coups à préparer et à planifier n'est limité que par le temps total accordé pour la phase de tir. Tout le tir doit se faire à une cadence déterminée et selon un rythme déterminé.
a. Pour que le tireur non seulement dépense ses forces avec soin, mais les reconstitue effectivement au cours du tir, il convient de faire des pauses suffisantes, aussi bien entre les coups qu'entre les séries de coups. Le mieux est de tirer à intervalles réguliers, en utilisant tout le temps accordé pour un match donné. En tir lent, les circonstances permettent rarement un tir rythmé sans interruption. Le tireur doit donc tenir compte de la situation particulière et de ses propres capacités du jour, et tirer tantôt à une cadence accélérée, tantôt à une cadence ralentie, en adoptant ainsi le rythme qui lui permet la meilleure performance.
b. Avant de commencer le tir de match, il est recommandé que le tireur lâche des « coups à sec ». Si, après les premiers coups, il sent que son tir se déroule facilement, il doit passer aux munitions réelles sans chercher à ralentir, afin de ne pas déranger la coordination de ses mouvements qui s'est établie.
c. Lorsqu'un tireur a du mal à tirer, il ne doit pas accélérer son tir. Il doit refaire son plan, se relâcher, attendre un court moment jusqu'à retrouver la « sensation » de son pistolet, lâcher quelques « coups à sec », rétablir patiemment le contrôle de la détente, viser avec soin avant chaque coup, puis recommencer à tirer avec assurance à une cadence plus rapide afin de rattraper le temps perdu.
d. Quelle que soit la qualité de son tir, le tireur doit toujours veiller à contrôler ses mouvements en permanence, afin de ne pas provoquer un échec par négligence. Il est impossible de tirer longtemps sans perdre un peu le contrôle. Il faut cependant se garder constamment de devenir nerveux et de se précipiter après un mauvais coup, comme s'il fallait compenser ce mauvais coup en peu de temps par du bon tir. Il arrive généralement que la précipitation conduise à répéter les mêmes erreurs. Dans de telles circonstances, analysez, corrigez les erreurs, tirez sans hâte et construisez le coup suivant avec plus de soin.
e. Le rythme de tir habituel s'applique lorsque le tireur tire dans des conditions favorables, par un bon temps de tir. Si, au contraire, le temps n'est pas favorable, le tireur doit adopter un autre rythme et une autre approche, selon les conditions du moment.
7. Le repos pendant les pauses entre les coups. Pendant la pause entre les coups, le tireur doit veiller à ne pas détruire l'uniformité de sa position et de son orientation. L'angle dont le corps est tourné par rapport à la cible et la position relative des pieds ne doivent pas changer. Pour que la pause soit la plus efficace possible, il est bon d'adopter une posture qui permette aux muscles de se relâcher et de reconstituer leur force. Le mieux est de poser le pistolet sur la table et de s'asseoir sur une chaise sans bouger les pieds. Vous pouvez marquer la position des pieds à la craie si vous craignez de ne pas pouvoir la reproduire exactement. Lorsque l'on tire par vent en rafales, il faut se reposer debout, le pistolet tenu d'une prise légèrement relâchée. Le tireur doit être prêt à reprendre rapidement la position de tir, pour tirer entre les rafales et pendant les meilleurs moments pour tirer.
D. Points de faiblesse courants dans le contrôle
Les mauvais coups ont une multitude de causes. On trouvera ci-dessous celles que l'on rencontre le plus fréquemment. Cette liste ne se veut pas complète, et elle n'est pas non plus destinée à fournir au tireur un catalogue commode de mauvaises habitudes. Elle a cependant pour but de l'aider à trouver la source de ses difficultés.
1. Coup de doigt ou poussée du talon de la main. L'application brusque d'une pression, soit avec le seul index sur la détente, soit, dans le cas de la poussée du talon, en poussant en même temps avec le talon de la main.
2. L'indécision. Le manque de savoir-faire et d'habileté entraîne des changements de technique incessants. Le résultat final est généralement que l'on espère obtenir un bon coup.
3. L'anxiété. Vous travaillez et retravaillez un coup, tout en laissant grandir dans votre esprit un doute sur votre capacité à le lâcher pendant que votre contrôle est optimal. L'impatience s'installe. Finalement, vous tirez simplement pour vous débarrasser de cette cartouche-là et pouvoir travailler sur les autres.
4. Ne pas regarder les organes de visée. On le désigne souvent par « regarder la cible ». Il se peut que le tireur ne mette au point ni sur les organes de visée ni sur la cible ; mais, comme il ne voit pas la cible nette, il suppose qu'il regarde les organes de visée. Concentrez-vous sur l'alignement des organes de visée.
5. La perte de concentration. Si l'objectif est une bonne image de visée, la concentration oscillera entre l'alignement des organes de visée et la position relative des organes de visée par rapport à la cible. Concentrez-vous uniquement sur l'obtention d'un alignement parfait avec un mouvement minimal, et l'application d'une pression franche sur la détente devient beaucoup plus facile et presque involontaire.
6. Tenir trop longtemps. Des conditions défavorables qui perturbent la capacité du tireur à « tenir » l'amèneront à retarder sa pression franche sur la détente en attendant que les conditions s'améliorent. Ce qui est troublant, c'est que vous le ferez parfois alors même que vous avez votre arc de mouvement minimal habituel ; vous devez donc essayer de figer momentanément tout arc de mouvement pour lâcher rapidement un coup parfait avant que le mouvement ne reprenne.
7. Le contrôle. Garder le contrôle de son tir est une lutte de tous les instants. Cette lutte crée de la tension. La tension contracte les muscles et, finalement, les mouvements brusques faits pour compenser les erreurs amènent le tireur à dépasser la zone voulue et à placer ses coups exactement à l'opposé de l'endroit où l'erreur les envoyait au départ. C'est une approche relâchée, confiante et soigneusement planifiée qui garantit le mieux des actions fluides et coordonnées.
8. L'absence d'accompagnement du coup. L'accompagnement du coup est l'effort conscient pour maintenir tous les facteurs de contrôle jusqu'au départ du coup et au-delà. Par exemple, vous continuez à maintenir votre concentration sur l'alignement des organes de visée même après que la balle est partie. On y parvient avec un départ du coup par surprise et sans réflexe d'anticipation qui vienne perturber l'alignement. L'accompagnement du coup ne doit pas être confondu avec le retour en position de visée. Le simple fait de récupérer du recul et de rétablir la tenue et l'alignement après le départ du coup n'indique en rien que vous accompagnez le coup.
9. La pression du match. (Voir le chapitre VII, « La discipline mentale ».) S'il y a 200 compétiteurs dans un match, soyez assuré qu'il y a 200 tireurs qui souffrent de la pression du match. Vous devez consacrer toute votre énergie mentale à planifier et à exécuter correctement les fondamentaux.
E. Tir par vent et conditions défavorables
Au cours d'une journée de tir, le temps est susceptible de changer radicalement, mais pas nécessairement très souvent. Cela signifie que le tireur doit être capable de réagir à tous les changements qui se produisent autour de lui et de modifier sa façon de tirer en conséquence.
Le tireur doit aussi se laisser guider par la règle selon laquelle il ne faut pas précipiter le tir lorsque les conditions météorologiques changent fréquemment. Il doit être particulièrement attentif et analyser soigneusement toute condition météorologique. Après avoir décidé de tirer dans une condition donnée, adoptez la méthode appropriée et ne tirez que dans cette condition, si le temps imparti le permet.
1. Non seulement le vent fait dériver la balle latéralement, mais il réduit la précision en augmentant le balancement du corps du tireur et de son pistolet. S'il y a un vent latéral constant, le tireur doit essayer de déterminer une correction de hausse appropriée pour le compenser. S'il y a un vent de face, veillez à ce que les lunettes de tir détournent le vent des yeux. Les fragments de poudre et les fumées âcres rabattus vers le visage provoquent des picotements et font larmoyer les yeux. On peut réduire au minimum le balancement du corps par un effort soutenu pour résister à la pression du vent. Une légère augmentation de la tension musculaire générale est nécessaire.
a. Le tir par vent favorise le coup de doigt, car à mesure que l'arc de mouvement augmente, le tireur a tendance à relâcher sa pression franche sur la détente. Le plus souvent, il attend une image de visée plus stable. Sa concentration sur l'alignement des organes de visée diminue et il cherche à faire partir le coup au vol, au moment où les organes de visée passent à proximité du point visé.
b. La réponse évidente consiste d'abord à attendre une accalmie du vent, puis à se concentrer, comme on le fait normalement, sur l'alignement des organes de visée. Lorsque l'on a obtenu le plus petit arc de mouvement possible dans les conditions du moment, on applique une pression franche sur la détente.
c. Ne prolongez pas la tenue pendant les fortes rafales. Profitez toujours d'une occasion de vous reposer. Chaque nouvelle tentative de lâcher un coup doit être entreprise avec la ferme résolution d'aligner les organes de visée et d'appliquer sur la détente une pression qui augmente constamment jusqu'au départ du coup.
d. Même dans ces conditions, le coup de surprise reste l'indicateur qui permet de savoir si vous appliquez correctement les fondamentaux. Votre groupement sera un peu plus large, du fait que la perturbation due au vent augmente l'arc de mouvement, mais les coups égarés dus à un mauvais alignement des organes de visée, à l'anticipation, au coup de doigt et aux corrections excessives seront réduits au minimum.
e. Il n'est pas recommandé de s'entraîner beaucoup par vent, mais il faut tirer suffisamment dans ces conditions pour que le tireur se familiarise avec la technique et la méthode qui lui conviennent le mieux.
f. Les changements du vent. Lorsque l'on tire à 50 yards et que toute la masse d'air se déplace à peu près à la même vitesse dans une même direction, on peut apporter des corrections de hausse assez précises pour le vent. Il n'est toutefois pas sage de croire alors qu'on a fait une correction valable en toutes circonstances. Il faut tenir compte de la nature changeante du vent. Pendant le tir, il faut observer attentivement l'herbe, les mauvaises herbes, etc., pour détecter un changement de force et de direction. On ne doit tirer un coup que lorsque les conditions de vent ont été déterminées avec précision.
g. Parfois, la nécessité de tirer par vent en rafales oblige le tireur à tirer avec précision en un temps très court, disons en deux secondes. On ne réussira à lâcher un coup précis dans ces conditions que si le tireur est resté en position de tir entre les accalmies. Lorsqu'il tire dans de telles conditions, il doit trouver la posture la plus avantageuse pour lui, dans laquelle il peut attendre la fin des rafales. Dès qu'une accalmie survient, il peut viser rapidement et lâcher son coup.
h. Pour favoriser la précision du tir lorsque le vent souffle en rafales et lorsqu'il change, le tireur doit modifier son rythme de tir. Il doit parfois tirer rapidement, parfois tirer deux fois pendant que le vent est calme ou que l'éclairage est bon, parfois faire des pauses assez longues. Attendez que passent les conditions défavorables pour tirer un coup, mais surveillez votre temps !
i. Pour maîtriser les difficultés qui surgissent par vent, le tireur doit être préparé d'avance à changer à la fois le rythme de son tir et son système de contrôle, à mesure que la situation dans laquelle il se trouve évolue.
2. Les conditions météorologiques défavorables, comme le froid, la chaleur, la pluie ou des conditions de lumière extrêmes, posent des problèmes qui peuvent se résoudre à peu près de la même manière que dans le tir par vent. Soyez résolu à vous en tenir aux fondamentaux et à ignorer ce qui vous distrait de la compétition. Compensez les conditions désagréables.
a. Il est conseillé d'avoir toujours avec soi un imperméable, et éventuellement une housse en plastique pour sa boîte de tir, afin de garder son matériel au sec. La plupart des stands, sauf ceux des National Matches, ont des postes de tir couverts qui aident à garder le compétiteur au sec par temps de pluie. Un ensemble de pluie ou un manteau court et épais sont les meilleurs vêtements pour tirer sous la pluie ou par temps froid et venteux. Les plis et les pans flottants d'un imperméable ou d'un pardessus qui battent au vent provoquent des mouvements du corps.
b. Par temps froid, le tireur doit évidemment porter des vêtements chauds. Utilisez des sous-vêtements isolants pour éviter de porter de nombreuses couches de vêtements épais. Lorsque le tireur grelotte de froid, il lui est difficile de maintenir les organes de visée parfaitement alignés ou de garder un contrôle sensible de la détente. Les chauffe-mains sont très utiles et assez petits pour être gardés dans la boîte de tir ou dans une poche. Par temps froid, il faut utiliser une huile de graissage légère pour éviter les incidents de fonctionnement des armes.
c. Par temps chaud, la transpiration devient un problème. Un bandeau sur le front empêche la sueur de couler dans les yeux, et il est recommandé d'utiliser de la colophane en poudre pour sécher la main. Lorsqu'il n'est pas sur le pas de tir, le tireur doit se reposer à l'ombre. Les postes de tir couverts protègent du soleil pendant le tir. Les comprimés de sel préviennent le coup de chaleur. Mangez léger.
3. Les changements d'intensité et de direction de la lumière ont une grande influence sur la précision de la visée. Lorsque les conditions changent, l'œil ne perçoit pas de façon constante la relation entre le guidon et la hausse. Le point d'impact du groupement sur la cible peut se déplacer. Lorsque la couverture nuageuse change, les tireurs expérimentés s'en tiennent généralement à une seule condition d'éclairage, en ne visant que lorsque le soleil brille fortement ou en ne tirant que lorsque les cibles sont à l'ombre. Le choix d'une condition d'éclairage doit se faire en fonction de la durée relative pendant laquelle les cibles sont bien éclairées ou à l'ombre.
a. Les conditions de lumière vont d'une luminosité extrême à une lumière très faible, et le tireur doit noter dans son carnet de tir les conditions de lumière de chaque stand où il tire. Certains compétiteurs sont plus sensibles que d'autres aux changements de lumière. Il faut aussi noter de combien son zéro varie selon ces différentes conditions de lumière. Par temps lumineux, les organes de visée doivent être noircis avec soin. Parmi vos accessoires de tir, vous devez avoir des lunettes de tir ambrées et des lunettes vertes, non seulement pour les conditions de lumière, mais aussi pour vous protéger de l'huile, des fragments de poudre, des fumées, du vent et des douilles éjectées. Tirer depuis un pas de tir découvert exige généralement d'autres réglages des organes de visée que tirer sous un abri. Les munitions doivent être tenues à l'abri du soleil, car leur précision est affectée si elles sont exposées aux rayons directs du soleil.
b. Le tireur doit aussi être capable de terminer rapidement le match, pour éviter de tirer dans des conditions limites. La nécessité de tirer rapidement se présente lorsque le crépuscule tombe. Il arrive sur n'importe quel stand qu'un tireur doive soit accepter une interruption pendant un match, soit tirer à une cadence accélérée. Par exemple, lorsque la lumière se déplace sur la cible, il doit avoir fini de tirer avant que les rayons du soleil ne traversent la cible par l'arrière. La cible paraît alors tachetée, ce qui rend difficiles une visée et un tir précis.
4. Nos réussites sur le pas de tir viennent de notre capacité mentale à faire face à l'inhabituel et à tirer parti de ces conditions pour gagner. De mauvaises conditions ne doivent jamais devenir une excuse pour abandonner ou transiger. Les bons résultats sont le fruit d'un travail acharné dans l'application des fondamentaux, quelles que soient les conditions. Le contrôle correct de l'application des fondamentaux est le facteur le plus important pour réaliser des résultats gagnants dans des conditions défavorables.
F. Méthodes d'entraînement
1. La compétition. Tout tireur de premier plan sera d'accord avec ce conseil : tirez tous les matchs que vous pouvez vous permettre. Les conditions particulières créées par la compétition au coude à coude se maîtrisent le mieux grâce aux leçons tirées de l'expérience des matchs. Apprendre à appliquer ce contrôle à votre technique de tir lent est le fruit d'une pratique continue de la compétition.
Si vous n'avez pas accès à de nombreux matchs, essayez de faire en sorte que vos séances d'entraînement reproduisent les conditions de match d'aussi près que possible.
2. Le tir à sec. Acquérir la capacité d'appliquer les fondamentaux à votre tir est un processus fastidieux et minutieux. Si tout l'effort se limite à l'entraînement au stand et aux matchs de compétition, il faut des années de travail acharné et de grosses dépenses en munitions. Le recours à l'entraînement au tir à sec peut réduire le coût sur ces deux plans.
Le tir à sec développe la capacité à contrôler votre tir dans tous les facteurs principaux : coordination, vue, arc de mouvement, uniformité dans l'application des fondamentaux, analyse et correction, etc. Acquérir la capacité de contrôler votre corps dans sa tâche de lâcher un bon coup est affaire de répétition de bonnes habitudes de tir. Le tir à sec est une aide certaine à ce stade du développement. Pour tirer le meilleur parti de votre tir à sec, utilisez la fiche de travail appropriée pour guider votre travail. Préparez et planifiez chaque coup comme s'il s'agissait d'une cartouche réelle. Relâchez-vous lorsque vous êtes prêt et donnez-vous les commandements de tir. Lâchez le coup avec le même effort qu'à l'entraînement à balles réelles. Utilisez un centre de cible posé sur la table pour noter les coups annoncés. Si les coups annoncés comportaient une erreur décelable, analysez et déterminez pourquoi ces erreurs se trouvaient dans votre exécution. Vous remarquerez peut-être dans votre exécution des erreurs qui étaient masquées par le recul et la détonation de l'arme au moment du tir. L'identification précise de ces erreurs ne peut se faire qu'au cours des séances de tir à sec. Une correction franche est nécessaire avant de passer au coup suivant. On peut pratiquer le tir à sec sur un visuel, un mur nu ou le ciel.
On peut abuser de l'entraînement au tir à sec. Au début, le tireur débutant doit se limiter à dix minutes d'effort. Plus tard, à mesure que la performance s'améliore, la durée maximale doit être d'environ trente minutes.
3. Balle réelle et cartouche inerte. L'exercice « balle réelle et cartouche inerte » est une autre aide importante pour accélérer vos progrès. Il est le plus efficace lorsqu'une autre personne charge l'arme et observe le tireur pendant qu'il tente de tirer. L'entraîneur charge au hasard soit une cartouche réelle, soit une cartouche inerte. Le tireur ne doit jamais savoir s'il a une cartouche réelle ou une cartouche inerte dans la chambre. Si le tireur perturbe l'arme de quelque façon que ce soit par des réactions musculaires, l'entraîneur pourra identifier l'erreur immédiatement. Après avoir identifié le schéma d'erreur, l'entraîneur et le tireur doivent s'accorder sur une correction franche. Dans l'idéal, la correction empêchera l'erreur de se reproduire. Dans la plupart des cas, cependant, l'entraîneur et le tireur doivent se contenter de voir l'erreur se produire moins fréquemment.
4. L'instruction aux fondamentaux et aux techniques ne doit pas être négligée. Chaque tireur doit être formé à fond aux fondamentaux du tir au pistolet. Sa réussite future dépendra de la façon dont il maîtrisera les fondamentaux et les techniques de leur emploi.
5. Une révision des fondamentaux et des techniques doit être faite périodiquement. Il faut rappeler au tireur les points fondamentaux du tir au pistolet pour garantir que son habileté au tir progresse constamment. Chaque tireur doit développer une technique personnelle d'emploi des fondamentaux. Les progrès s'arrêtent lorsque l'analyse de la technique ne permet plus d'identifier et d'éliminer les défauts d'une mauvaise performance.