Ch. 6 — Le tir soutenu
Les phases de tir chronométré et de tir rapide peuvent être des pierres d'achoppement, surtout si on les aborde au petit bonheur. Cependant, en développant des techniques appropriées et par une planification soignée, vous pouvez améliorer vos résultats et devenir plus régulier dans vos performances. Un développement récent dans la réflexion des tireurs est la notion d'une technique de tir soutenu, au lieu de l'idée plus généralement admise d'une méthode distincte pour chacune des phases, tir chronométré et tir rapide. Beaucoup de tireurs qui ont obtenu une reconnaissance nationale et mondiale rencontrent un problème bien précis dans la montée de la tension causée par la limite de temps du tir rapide. On a constaté que la meilleure méthode consiste à pratiquer la technique développée pour le tir rapide en l'employant aussi pendant la phase de tir chronométré. On y gagne un autre avantage : si un schéma d'erreur apparaît pendant le tir chronométré, le tireur a amplement l'occasion de prendre des mesures correctives. Il peut alors éprouver l'efficacité de la correction avant d'être forcé de l'employer dans les conditions plus éprouvantes de la limite de temps de dix secondes du tir rapide.
A. Emploi des fondamentaux
Lorsqu'un tireur établit sur le pas de tir son plan pour tirer le tir chronométré et le tir rapide, un certain nombre de choses ont généralement déjà eu lieu. Normalement, il a déjà tiré son tir lent, et les fondamentaux qui y sont employés s'appliquent aussi au tir chronométré et au tir rapide. La planification d'une série de coups est un prolongement des facteurs de base qui interviennent dans le tir de coups en tir lent, avec en plus le retour en position de visée et le rythme.
1. Le retour en position de visée est le retour de l'arme à la position de tenue initiale au centre de la zone de visée, accompagné d'un alignement naturel des organes de visée. Si le tireur a une position bien stable, une orientation naturelle correcte, une prise ferme, le poignet rigide et le coude verrouillé, le retour est plus naturel et plus uniforme. Lors de la vérification préliminaire, si l'arme revient à droite ou à gauche du centre de la cible, on peut corriger simplement en déplaçant le pied arrière dans le sens de l'erreur. Si l'alignement des organes de visée dévie, il faut décaler la prise pour compenser. Le retour doit se faire aussi rapidement que possible, afin de laisser plus de temps pour aligner précisément les organes de visée et appliquer une pression franche sur la détente. Dès l'instant où le coup est parti, le tireur doit reprendre immédiatement la séquence d'application des fondamentaux pour le coup suivant. Il s'installe un rythme bien net qui lui permet de placer sa série sur la cible en gardant le contrôle et dans le temps imparti.
2. Acquérir un bon rythme est très difficile, mais absolument nécessaire pour un tir chronométré et un tir rapide bons et réguliers. C'est en utilisant une technique uniforme, en exécutant correctement une séquence d'actions planifiée et en minutant soigneusement chaque coup que l'on obtient un bon rythme. Une cadence régulière indique un emploi fluide des fondamentaux, à condition que le groupement de cinq coups soit centré et serré. C'est particulièrement vrai en tir rapide : vous n'avez pas le temps de corriger de petites erreurs de tenue. Toute tentative de corriger de petites erreurs de tenue peut faire perdre le rythme. Cette tentative de correction provoque une hésitation ou une pause dans la séquence de tir d'un coup pendant que la correction se fait, et entraîne une accélération de la pression sur la détente pour les coups restants de la série. Le manque de rythme est la cause de plus de mauvaises séries en tir rapide que tout autre facteur. En tir rapide, le premier coup doit partir dans la seconde qui suit le pivotement de la cible. Une erreur courante consiste à chercher à obtenir une image de visée parfaite pour mettre le premier coup dans le X, ce qui fait perdre un temps précieux pour lancer la série. Lorsque cela arrive, le tireur s'inquiète généralement du temps, perd sa concentration, accélère sa cadence pour les coups restants de la série et, en conséquence, a un mauvais rythme et fait une mauvaise série. Une autre erreur courante consiste à tirer les quatre premières cartouches avec un bon rythme puis, sachant qu'il reste beaucoup de temps, à hésiter et à chercher à composer une image de visée parfaite pour mettre le dernier coup dans le X. Ce dernier coup sera généralement mauvais, parce que le tireur n'applique pas correctement la pression sur la détente. Immanquablement, il s'inquiète du temps, perd sa concentration et force le départ du coup. Ce faisant, il perturbe l'alignement des organes de visée, soit par un coup de doigt, soit par une poussée du talon de la main. En tir chronométré et en tir rapide, il faut acquérir un rythme, une cadence de tir. Ce rythme est nécessaire à la coordination et aussi pour donner au tireur l'assurance, de façon inconsciente, qu'il consacre le même temps à chaque coup et qu'il suit bien son horaire. Toute opération mécanique a un certain rythme. Le tir chronométré et le tir rapide sont incontestablement des opérations mécaniques.
B. Technique du tir soutenu
Le tireur doit employer une technique taillée sur mesure pour lui donner la capacité de contrôler l'emploi des fondamentaux sous toutes les formes de stress de la compétition. Il doit prendre en considération les facteurs connus suivants, qui influent sur le contrôle d'une série de cinq coups en tir chronométré ou en tir rapide.
1. Repérez votre zone de visée sur le bord du cadre de la cible. Regardez directement la cible présentée de face, la tête en position de tir. Déterminez précisément où se trouvera votre zone de visée lorsque la cible pivotera pour s'effacer. Rapportez cette zone à un point du bord du cadre qui sera le plus proche de vous lorsque les cibles seront effacées. La limite de temps interdit le luxe de regarder la cible pendant qu'elle pivote vers vous pour ajuster votre tenue avant d'appliquer une pression franche sur la détente pour le premier coup.
2. Raidissez votre bras de tir pendant qu'il porte l'arme vers la cible et qu'il se stabilise dans la zone de visée. Retenez le degré de tension musculaire nécessaire pour vous donner un contrôle solide du bras et un arc de mouvement minimal.
3. Vous devez regarder la zone de visée et la rapporter à un point du bord du cadre de la cible pendant que vous vous stabilisez dans un arc de mouvement minimal. Ramenez ensuite le point de mise au point sur la hausse avant de faire la mise au point définitive sur le guidon. Ce procédé sert à s'assurer absolument que les yeux ne mettent pas au point quelque part entre le guidon et la cible.
4. Le tireur ne doit jamais oublier qu'une fois la mise au point définitive faite sur le guidon, il ne laisse plus jamais la mise au point se déplacer avant que les cinq coups de la série aient été tirés. Regarder la cible à un moment quelconque pendant la série, c'est courir au désastre. Faites confiance à votre position, à votre orientation et à votre prise pour vous donner un retour précis et maintenir un arc de mouvement minimal à l'intérieur de votre zone de visée.
5. En tir rapide, le premier coup doit partir peu après le pivotement de la cible. Il n'est pas nécessaire de chercher à faire partir le premier coup pendant que la cible pivote, mais il doit partir dans la seconde. Il est conseillé d'utiliser le premier mouvement de la cible comme signal pour appliquer sur la détente une pression franche et régulièrement croissante. Le pivotement de la cible peut parfois produire un sentiment de surprise et s'accompagner d'une hésitation momentanée. Cela peut rompre le calme du tireur, et le départ du premier coup est retardé. En adoptant une attitude plus résolue et en stimulant votre combativité, vous pouvez surmonter ce problème. Nous proposons cette approche : « Quand cette cible bougera, je vais cribler le 10 de trous. » Vous serez surpris de l'effet qu'a cette démarche pour éliminer les derniers doutes, et de l'élan de confiance qu'elle procure.
6. Pendant le retour en position de visée, rétablissez l'alignement des organes de visée sans déplacer la mise au point. C'est important, car un déplacement de la mise au point pendant le retour retarde le rétablissement de l'alignement. Cette manœuvre malavisée demande environ une demi-seconde entre les coups et pourrait totaliser deux bonnes secondes de temps perdu. Un tir rapide réussi exige l'utilisation de la totalité des dix secondes pour une bonne coordination et un plein contrôle.
7. Si vous laissez vos yeux suivre le pistolet pendant le recul, vous risquez de déplacer involontairement votre tête de sa position initiale. Tout mouvement de la tête pendant le tir perturbe la relation entre l'œil directeur et l'alignement du guidon et de la hausse. La correction exigera un mouvement du poignet, qui ne corrige l'erreur qu'artificiellement. Au retour après le recul du coup suivant, la même erreur réapparaît et doit elle aussi être corrigée.
8. Réaffirmez votre détermination à vous concentrer sur l'alignement des organes de visée à l'instant où la pression franche sur la détente reprend. Maintenez votre concentration sur l'alignement jusqu'à ce que le pistolet tire de nouveau.
9. Après le départ du coup, le recul sort le pistolet de la zone de tenue normale, et il doit être ramené instantanément à la position qu'il occupait avant les effets déplaçants du recul. Le retour doit être naturel, uniforme et rapide.
10. Vous devez immédiatement rétablir sur la détente une pression franche et régulièrement croissante. Cela doit se produire peu avant que le retour soit achevé et que l'arc de mouvement minimal soit rétabli. La pression croissante ne doit être ni interrompue ni modifiée dans sa progression avant que l'arme ait de nouveau tiré. Dès que la pression franche et constamment croissante sur la détente a repris, faites passer votre attention du contrôle de la détente au problème de l'alignement des organes de visée, exactement comme vous l'avez fait pour le premier coup de la série.
11. Les organes de visée seront presque parfaitement alignés à la fin du retour si la prise, le contrôle et la position de la tête sont maintenus. Cette situation idéale ne se présente cependant que par intermittence.
12. Rappelez-vous que cette technique, répétée pour chaque coup, assure la continuité d'un coup au suivant. Persuadez-vous qu'en suivant ce système, vous pouvez placer une bonne série sur la cible avec un minimum absolu de pensées et de temps gaspillés.
C. Faiblesses courantes dans le contrôle
Voici un certain nombre de faiblesses propres au tir chronométré et au tir rapide :
1. L'accompagnement du coup s'applique au tir lent, au tir chronométré et au tir rapide, et ne doit pas être confondu avec le retour en position de visée. L'accompagnement du coup est l'effort du tireur pour garder tout exactement tel qu'il l'a mis en place jusqu'à ce que la balle soit en route vers la cible. L'absence d'accompagnement du coup est la défaillance d'un ou de plusieurs des facteurs que le tireur a mis en place pour contrôler un bon coup. Par exemple, l'absence d'accompagnement peut être causée par une accélération de la pression sur la détente qui entraîne une anticipation du recul et un coup poussé du talon de la main, à une heure.
2. Le retour en position de visée doit être rapide pour laisser le temps d'aligner les organes de visée et d'appliquer une pression franche sur la détente. Un retour trop lent prend trop de temps, altère le rythme du tireur et, lorsque celui-ci se rend compte qu'il lui reste très peu de temps, l'amène à accélérer sa cadence. Chaque coup d'une série de cinq doit être tiré individuellement et de façon uniforme, chacun étant traité comme un coup isolé. Le tireur doit voir cinq alignements des organes de visée distincts.
3. La prise. Une prise incorrecte provoque un mauvais alignement des organes de visée au retour, après chaque coup tiré. On y remédie en décalant soigneusement la prise avant la série suivante. Toute inclinaison ou rotation de la tête par rapport à sa position normale, bien droite, fera paraître l'arme revenir à droite ou à gauche du visuel. Ces deux erreurs peuvent amener le tireur à retarder son tir pour tenter de les corriger, ou rompre sa concentration sur l'alignement des organes de visée, ce qui fait perdre un temps précieux et le rythme. Tous ces facteurs s'additionnent pour donner une mauvaise série de cinq coups. Vérifiez la position et la prise, et faites du tir à sec, pendant la période de préparation de trois minutes qui précède immédiatement le commandement « Chargez » du directeur de tir.
4. Annoncer le groupement. Beaucoup de tireurs ne parviennent pas à se souvenir de chaque coup sur la base de cinq alignements des organes de visée distincts et ne peuvent pas annoncer leur groupement avec précision. Si le groupement est annoncé et que l'annonce et le groupement ne coïncident pas, il faut en déterminer la cause et appliquer une correction franche. Probablement l'arme n'est pas réglée au zéro, la position était mauvaise ou la prise incorrecte. Si le tireur est sûr du zéro de son arme, il doit alors faire du tir à sec pour vérifier la position et la prise avant de tirer la série de cinq coups suivante.
5. Le rythme est absolument essentiel. Une erreur courante en tir soutenu consiste à chercher à mettre le premier coup dans le X et à perdre ainsi un temps précieux pour lancer la série. Lorsque cela arrive, le tireur a généralement un mauvais rythme et fait une mauvaise série. Lorsqu'un tireur résolu fait partir le premier coup à temps, cette même détermination entraîne une application continue des fondamentaux qui assure une cadence de tir permettant de terminer la série à temps.
6. En tir rapide, le tireur n'a pas le temps de corriger de petites erreurs de tenue. La pression sur la détente s'applique en fonction de l'alignement des organes de visée et non de l'image de visée. Le tireur doit tout faire pour garder son arc de mouvement minimal, continuer la pression franche sur la détente, maintenir l'alignement et tirer avec un rythme bien déterminé.
7. L'absence de système. Lorsqu'un tireur a un système à suivre, son esprit en est soulagé et il peut se concentrer sur l'exécution. Dans les premiers temps de l'entraînement d'instruction, il faut veiller à respecter chacun des points des fiches de travail. À mesure que le tireur devient plus compétent, seuls les points clés — préparation, séquence du coup, analyse du coup et correction franche — restent pertinents. La répétition méthodique de ces étapes essentielles inculquera au tireur de bonnes habitudes de tir qui lui permettront de répéter une bonne performance. De plus, la fiche de travail du tir rapide aidera le tireur à prendre l'habitude de ne négliger aucun facteur susceptible d'améliorer son tir.
8. Une analyse complète et instantanée du coup est une condition préalable indispensable à toute amélioration de votre performance ou de vos résultats. Une impression mentale de chaque alignement des organes de visée doit se former à l'instant du départ du coup. Les mesures correctives destinées à empêcher qu'une mauvaise performance se reproduise doivent être appliquées immédiatement. On a beaucoup écrit sur les raisons pour lesquelles on tire mal ; rappelez-vous cependant qu'il est tout aussi profitable d'analyser pourquoi vous tirez bien un jour donné. Il est plus utile de connaître la bonne façon de faire que d'avoir l'esprit encombré d'une multitude de « ne pas ». Les entraîneurs, en particulier, doivent se concentrer sur les facteurs positifs et les mettre en avant.
9. Les excès de table pendant la journée de tir ont fait baisser bien des résultats cumulés. L'acuité fragile qu'un tireur atteint avant un match peut être complètement anéantie par un seul repas copieux. L'arc de mouvement minimal est fortement augmenté par les pulsations d'un cœur emprisonné entre un estomac surchargé et une cage thoracique enrobée de graisse.
10. L'incapacité à contrôler ses processus mentaux traduit une peur de l'échec ou un manque de motivation à donner le meilleur de soi-même. Le tireur doit développer une méthode plus efficace pour stimuler sa confiance. Repassez-vous les raisons pour lesquelles vous êtes ici en tant que tireur. Vous êtes venu pour gagner le match. Encouragez votre instinct de compétiteur en vous fixant un objectif aussi élevé que vous puissiez atteindre.
11. La concentration du tireur se rompt au moment où la cible pivote. Il faut accorder plus d'attention au développement d'une attitude résolue et de la vigilance mentale. Revoyez le système que vous utilisez pour commencer la pression franche sur la détente et pour maintenir le point de mise au point sur le guidon. Appliquez toute correction nécessaire. Pendant la phase de préparation, levez tout doute sur l'emplacement du centre de la zone de visée de la cible par rapport au bord du cadre de la cible.
D. Méthodes d'entraînement
1. Une compétition fréquente au coude à coude et des entraînements en conditions de match, programmés régulièrement au stand, sont la méthode la plus efficace pour accélérer votre progression vers le statut de compétiteur de premier plan.
2. Pour être la plus efficace possible, chaque séance d'entraînement doit avoir un objectif. Vous devez aborder la séance avec l'idée que vous allez nettement améliorer un aspect de votre technique de tir, tout en poursuivant l'amélioration générale de votre capacité à employer plus efficacement les fondamentaux.
3. Pour améliorer votre capacité à lâcher votre premier coup rapidement et avec précision, nous conseillons une séance d'environ dix cartouches tirées de la manière suivante. Réglez le mécanisme de rotation des cibles pour présenter la cible de face et l'effacer au bout d'une seconde et demie. Faites votre préparation préliminaire habituelle, en portant toute votre attention sur le lâcher du premier coup sans hésitation au moment où la cible pivote. Ne tirez qu'un seul coup. Répétez l'exercice dix fois, en laissant entre les coups assez de temps pour vous réorganiser mentalement et vous préparer. Tirez deux séries de cinq coups avec le délai de 10 secondes réglementaire pour établir votre rythme, puis tirez un match de tir rapide de 20 coups en conditions de match.
4. Pour améliorer votre capacité à trouver le rythme et à maintenir le point de mise au point sur le guidon, placez une cible à l'envers sur le cadre, de sorte qu'aucun visuel ni point de visée ne soit visible. Prenez votre position, votre orientation et votre prise en apportant une attention méticuleuse aux détails. Sans point à viser, vous constaterez que vous devez faire confiance à votre position et à votre orientation pour maintenir un arc de mouvement acceptable au centre de la zone de visée sur la cible vierge. Vous trouverez plus facile d'appliquer les fondamentaux et découvrirez que vous pouvez placer la série avec une précision étonnante. Le rythme et l'alignement des organes de visée peuvent être maintenus avec un degré de contrôle surprenant. Cela tient à ce que l'effet perturbateur d'un point de visée exact a été éliminé. Vous n'avez aucun moyen de savoir à quel moment survient une tenue parfaite. Une image de visée parfaite n'est pas nécessaire. Vous acceptez simplement les petites erreurs de tenue dues à votre arc de mouvement minimal et vous poursuivez en suivant votre plan de lâcher de chaque coup. Après avoir tiré sur le centre vierge, vous devez passer immédiatement à une phase de tir rapide sur une cible normale, en conditions de match.
5. Évitez de vous entraîner et de tirer seul. Utilisez un programme d'entraînement qui reproduise d'aussi près que possible l'atmosphère de compétition d'un match. Élaborez et utilisez un plan complet qui améliore votre capacité à employer les fondamentaux de façon fiable sous pression, et cherchez constamment à progresser.
6. L'entraînement au tir à sec doit être mené avec la même attention minutieuse aux détails que l'entraînement à balles réelles. La fiche de travail du tir rapide (par. C, « Établir un système de tir »), ce chapitre, est un guide pour perfectionner votre système de contrôle du tir.
7. L'amélioration du retour en position de visée doit être abordée sous deux angles : rétablir une tenue au centre de la zone de visée, et réaligner le guidon et la hausse dans une relation parfaite. Exercez-vous encore et encore à prendre une orientation correcte qui donne au tireur une tenue naturelle, dirigeant le bras de tir et l'arme vers le centre de la zone de visée. Adoptez une prise et une position de la tête correctes qui donnent au tireur un alignement naturel des organes de visée. Un retour rapide est essentiel. Par exemple, avec un intervalle de 2 secondes pour lâcher un coup en tir rapide, il ne faut pas consacrer plus de 1/2 seconde à 1 seconde entière au recul et au retour. Au moins 1 seconde de l'intervalle doit servir à parfaire l'alignement des organes de visée tout en se stabilisant dans un arc de mouvement minimal. L'application simultanée d'une pression franche sur la détente peut être retardée si l'un ou l'autre des facteurs, tenue ou alignement, est imparfait.
E. Tir par vent et conditions défavorables
En tir chronométré et en tir rapide, le tireur doit tirer quand les commandements sont donnés, qu'il y ait du vent ou non. Les moyens de surmonter ce handicap gênant se trouvent dans une application vigoureuse des fondamentaux. Généralement, ces efforts donnent des résultats moins nets, parce que le tireur ne peut pas maintenir dans le vent son arc de mouvement minimal habituel. La concentration sur l'alignement des organes de visée, quel que soit le mouvement causé par le vent, donnera des groupements à peine plus larges que ceux tirés dans des conditions idéales.
1. Pendant le tir par vent. À mesure que l'arc de mouvement augmente pendant le tir par vent, le tireur a tendance à relâcher sa pression sur la détente. Il attend une image de visée plus stable. Sa concentration sur l'alignement des organes de visée diminue et il cherche à tirer au moment où les organes de visée passent à proximité du centre de la cible. La réponse évidente consiste à se concentrer sur l'alignement, à maintenir un arc de mouvement aussi petit que possible et à commencer sur la détente une pression constamment croissante jusqu'à ce que tous les coups soient tirés. Chaque tentative de tirer une série de coups doit être entreprise avec la ferme résolution d'aligner les organes de visée pour chaque coup et d'appliquer une pression croissante sur la détente malgré l'arc de mouvement accru par le vent. Votre groupement sera plus large du fait de l'augmentation de l'arc de mouvement, mais les coups égarés dus à un mauvais alignement des organes de visée, à l'anticipation, au coup de doigt et aux corrections excessives seront réduits au minimum.
a. Le rythme doit être maintenu, avec la détermination intransigeante de ne pas hésiter à appliquer une pression franche sur la détente malgré le mouvement anormal du bras de tir.
b. Il n'est pas recommandé de s'entraîner beaucoup par vent, mais il faut tirer suffisamment par vent pour éviter de se ruer vers l'abri le plus proche dès qu'un souffle d'air agite la cime des pins.
c. Le tireur ne doit pas trop se fier aux indications des drapeaux placés bien au-dessus de la ligne des cibles et du pas de tir. En outre, ne vous fiez pas aux indications des drapeaux qui flottent en lisière d'une forêt, d'un à-pic, d'un ravin ou de dépressions, car la vitesse du vent diffère selon les hauteurs dans l'atmosphère et selon le terrain. Il faut se guider sur les indications des hautes herbes, des grandes mauvaises herbes, des bandes de papier, etc., situées à proximité, qui sont plus proches du niveau de la ligne arme-cible.
d. Il faut aussi garder à l'esprit que le vent peut contourner les irrégularités du terrain et créer toutes sortes de turbulences. Si l'on plaçait des drapeaux sur toute la longueur du stand, ils indiqueraient souvent une direction du vent différente, voire opposée. C'est pourquoi le tireur ne doit pas toujours se fier à une seule indication au niveau de la ligne des cibles. Déterminez la direction et la force du vent sur toute la longueur du stand en observant attentivement le mouvement de l'herbe et des buissons situés entre le pas de tir et la cible.
e. Avec le temps, le tireur développera une sensation inconsciente et acquerra une expérience qui lui permettront de s'orienter rapidement dans les conditions de vent et d'apporter les corrections nécessaires pour tirer avec précision dans des conditions défavorables.
2. Les conditions météorologiques défavorables, comme le froid, la chaleur, la pluie ou des conditions de lumière extrêmes, posent des problèmes qui peuvent se résoudre de la même manière que dans le tir par vent. Soyez résolu à vous en tenir aux fondamentaux et à ignorer la distraction que cause le mauvais temps.
a. Il est conseillé d'avoir toujours avec soi un imperméable, et une housse en plastique pour sa boîte de tir, afin de garder son matériel au sec. La plupart des stands ont des postes de tir couverts qui aident à garder les compétiteurs au sec par temps de pluie.
b. Par temps froid, le tireur doit évidemment porter des vêtements chauds, y compris des sous-vêtements isolants. Lorsque le tireur grelotte de froid, il lui est difficile de maintenir les organes de visée parfaitement alignés ou de garder un contrôle sensible de la détente. Les chauffe-mains sont très utiles et assez petits pour être gardés dans la boîte de tir ou dans une poche. Par temps froid, il faut utiliser une huile de graissage légère pour éviter les incidents de fonctionnement des armes.
c. Par temps chaud, la transpiration devient un problème. Un bandeau sur le front empêche la sueur de couler dans les yeux, et il est recommandé d'utiliser de la colophane en poudre pour sécher les mains. Lorsqu'il n'est pas sur le pas de tir, le tireur doit se reposer à l'ombre. Là encore, les postes de tir couverts protègent du soleil pendant le tir. Les comprimés de sel préviennent le coup de chaleur. Mangez léger.
d. Effet de la température sur la dispersion des coups :
(1) Plus la température de l'air est basse, plus la densité de l'air est grande. Une balle qui se déplace dans un air plus dense rencontre un plus grand nombre de particules d'air, si bien qu'elle perd rapidement sa vitesse initiale. Par conséquent, lorsque l'on tire par temps froid, la vitesse de la balle diminue quelque peu et le point moyen d'impact descend légèrement.
(2) Lorsque l'on tire un grand nombre de cartouches pendant une longue période et que le canon du pistolet devient chaud, le tireur ne doit pas laisser une cartouche trop longtemps dans la chambre. La température relativement élevée du canon se transmet à la poudre par l'intermédiaire de la douille, et peut entraîner un déplacement du point moyen d'impact et des coups hauts, selon le temps pendant lequel la cartouche reste dans la chambre chaude.
3. La lumière va d'une luminosité extrême à une lumière très faible, et le tireur doit noter dans son carnet de tir les conditions de lumière de chaque stand où il tire. Certains compétiteurs sont plus sensibles que d'autres aux changements de lumière. Il faut noter de combien son zéro varie selon les différentes conditions de lumière. Par temps lumineux, les organes de visée doivent être noircis avec soin. Parmi vos accessoires de tir, vous devez avoir des lunettes de tir ambrées et des lunettes vertes, non seulement pour les conditions de lumière, mais aussi pour vous protéger de l'huile, du vent et des douilles éjectées. Tirer depuis un pas de tir découvert exige généralement d'autres réglages des organes de visée que tirer sous un abri. Les munitions doivent être tenues à l'abri du soleil, car leur précision est affectée si elles sont exposées aux rayons directs du soleil.
4. La plus grande part de nos réussites sur le pas de tir vient de notre capacité mentale à faire face à l'inhabituel et à tirer parti de ces conditions pour obtenir une marge gagnante. De mauvaises conditions ne doivent jamais devenir une excuse pour fournir moins d'efforts, et donc une mauvaise performance. Les bons résultats sont le fruit d'un travail acharné dans l'application des fondamentaux, quelles que soient les conditions. L'application correcte des fondamentaux est le facteur le plus important pour réaliser des résultats gagnants dans des conditions défavorables.