Ch. 7 — La discipline mentale
A. Objet
Ce chapitre a pour objet de vous faire comprendre pourquoi il faut maîtriser vos processus mentaux et émotionnels et allonger la durée de votre concentration mentale dans les conditions de stress de la compétition, et comment y parvenir.
B. Généralités
La discipline mentale est le terme général qui sert à décrire les actions et les réactions du tireur face à la pression de la compétition. Le tir de compétition réussi a ceci de particulier qu'il consiste à surmonter des obstacles et des difficultés qui exigent de mobiliser au maximum ses capacités mentales. La faculté de garder la maîtrise de soi, de se forcer à surmonter les difficultés et de conserver sa présence d'esprit dans n'importe quelle situation difficile est une qualité humaine indispensable. Sans elle, vous ne réaliserez pas de scores élevés en match. Pour entretenir votre discipline mentale, vous devez posséder de hautes qualités morales, le sens du devoir et de la responsabilité envers l'équipe, et le sens de l'honneur. Ces traits sont la source de la volonté de gagner. Dans les moments critiques, ils vous aident à mobiliser toutes vos ressources pour la victoire. Personne ne naît avec ces qualités. Elles se développent en partie au fil de la vie du tireur et de ses activités quotidiennes. Un bon entraînement au tir consolidera ces traits et développera l'aptitude de l'esprit à maîtriser les processus mentaux.
C. Une condition indispensable au tir de précision
1. La maîtrise mentale est indispensable au tir de précision. La seule maîtrise des savoir-faire physiques n'apporte pas le contrôle de la performance nécessaire pour concourir au plus haut niveau. Il faut insister sur la manière de penser et sur ce à quoi il faut penser. La capacité de concentration intense permet un contrôle rigoureux. La coordination des facteurs essentiels est nécessaire pour placer un coup précis dans la cible.
2. La discipline mentale vous apporte la maîtrise de vos facultés mentales dont vous avez besoin pour garder confiance, penser positivement et conserver l'aptitude à reproduire une performance réussie. La discipline mentale vous aidera à éviter l'excès de confiance et le pessimisme, et à résister aux conditions qui troublent la tranquillité d'esprit. Elle apporte aussi la stabilité émotionnelle nécessaire à la formation d'un tireur champion, ainsi que la confiance en sa capacité d'employer avec succès les savoir-faire de base du tir pour fournir une performance fiable sous toutes les formes de stress.
D. Développer la discipline mentale et la confiance
L'exécution réussie, répétée sans cesse, d'un coup entièrement planifié entraîne le développement progressif de la discipline mentale. Si votre discipline mentale a acquis une force suffisante, vous serez capable de maîtriser vos pensées et d'exercer une concentration mentale sans entrave. De plus, vos préparatifs et vos routines de tir seront toujours les mêmes.
1. Réponse à un problème. Les psychologues ont établi qu'il existe quatre façons fondamentales de répondre à un problème. Deux sont positives et se classent en directe et indirecte. Deux sont négatives et se classent en repli et en esquive.
a. Réponse positive.
(1) L'approche directe et positive. C'est l'attaque directe et positive, sûre d'elle-même et autonome. Vous regardez les faits en face avec réalisme, vous les analysez, vous identifiez et évaluez les obstacles à une solution réussie. Vous savez ce que vous voulez accomplir et vous prenez des mesures directes pour y parvenir.
(2) L'approche indirecte, de substitution ou de compromis. Elle se caractérise par des actions mineures, timides, hésitantes et indirectes. Les détours conduisent à chercher des raccourcis. Lorsqu'on essaie la solution probable, on espère ardemment que le sort sera de son côté. Vous vous contentez de suggérer et de tâtonner au lieu d'établir clairement ce que vous devez faire. L'effort positif est ici réduit au minimum.
b. Réponse négative.
(1) Le repli négatif. C'est le refus de tenter honnêtement de voir ce dont on est capable. C'est capituler sans effort sincère. L'habitude de la fuite peut devenir chronique. C'est l'homme qui ne peut pas assumer la responsabilité d'une erreur ou d'un échec. Un mauvais coup produit des excuses.
(2) L'esquive. L'esquive, c'est le manque de motivation. « Pourquoi ? » : voilà l'attitude. « Pourquoi devrais-je faire mieux que tout le monde ? » Si le désir d'exceller n'est pas là, vous n'atteindrez jamais, ni au hasard ni autrement, le degré de réussite qui couronne le champion.
2. Analyser le problème.
a. Les psychologues ont découvert que l'une des principales causes de difficulté dans la résolution des problèmes est l'incapacité de les analyser correctement. Établissez un plan d'action clair et complet. Affrontez la difficulté précise et faites un effort résolu pour la décomposer. Si elle peut être identifiée, elle a une solution. Il y a dans votre équipe, ou dans une autre, des tireurs qui fonctionnent sans que ce problème précis freine leur performance. Parlez-en. Une séance de réflexion en commun permettra de le résoudre complètement.
b. Il existe un système en quatre points pour analyser et résoudre les problèmes précis. Il réduit le grand problème d'ensemble à quatre petits : « étapes de la planification » ; « difficultés précises » ; « solutions réussies » ; « solution douteuse ou inapplicable ». Pesez vos « difficultés précises » et vos « solutions douteuses », et lancez une campagne d'amélioration pour résoudre chacun des points faibles.
3. La confiance. La confiance naît du fait d'avoir, à maintes reprises, maîtrisé tous les facteurs qui créent les conditions d'un coup précis. Un coup précis est un coup qui atteint le centre de la cible. Vous devez avoir confiance pour bien tirer. Confiance en quoi ? Comment l'acquérir ? Comment la conserver une fois qu'on l'a acquise ?
a. Vous devez avoir confiance dans les fondamentaux. Vous devez être convaincu que, si vous maîtrisez correctement leur mise en œuvre, vous obtiendrez d'excellents résultats.
b. Vous devez aussi avoir confiance en votre capacité d'exécuter correctement ces fondamentaux éprouvés. Vous aurez fait la preuve de cette capacité lors de vos séances d'entraînement.
c. Voyez grand ! Pensez positivement ! « Je vais y arriver », et vous réussirez. Mais dès que vous admettez la moindre possibilité d'échec, vos chances de succès deviennent incertaines.
d. On a dit qu'un tireur doit avoir l'esprit ouvert, c'est-à-dire être capable d'accepter des idées nouvelles. Ce que nous devrions aussi rechercher, c'est un esprit ouvert aux pensées positives et entièrement fermé aux pensées négatives. Vous avez entendu tant de fois : « Ne donne pas de coup de doigt sur la détente. » Si juste que soit ce principe, il ne sert à rien que cette pensée vous vienne à l'esprit au moment où vous essayez de lâcher un coup. Elle est négative, elle sous-entend l'échec. Une telle pensée occupe sans cesse votre esprit avec ce que vous ne voulez pas faire, au lieu de ce que vous devriez faire. Ne serait-il pas plus avantageux de penser : « Je dois accompagner le coup, car si je le fais, j'obtiendrai un X » ? C'est le côté positif des choses, il sous-entend la réussite. Il vous donne quelque chose à faire plutôt que quelque chose à ne pas faire. Ce dont le tireur a besoin, c'est d'un esprit rempli de « fais » et de « je vais » positifs. Il n'y a ni place ni nécessité pour ces « ne fais pas » et ces « je ne peux pas » qui distraient. Cependant, il ne suffit pas de penser positivement ; nous devons encore avoir des idées précises sur la façon dont nous allons employer ces pensées positives. Il n'y a pas de place pour le flou ou l'hésitation dans notre technique de tir.
e. Une attitude confiante a un effet défavorable sur vos concurrents. En général, on concède d'avance un match à un petit nombre de tireurs confiants qui s'attendent à gagner. La confiance est contagieuse et a un effet favorable sur vos coéquipiers. Souriez. Ne réconfortez pas vos concurrents en laissant voir, par une parole ou par un geste, que quelque chose ne va pas qui pourrait compromettre vos chances de gagner le match.
4. Un effort mental canalisé résiste à la tendance de l'esprit à vagabonder pendant la période où une concentration intense sur la relation entre le guidon et la hausse est indispensable.
a. Canalisez sans relâche votre effort mental vers l'acte final.
b. L'exclusion complète de toute pensée étrangère pendant une courte période (trois à six secondes) est nécessaire pour un départ du coup maîtrisé.
c. La planification préalable de l'enchaînement des actions permet progressivement aux tireurs de soutenir leur concentration plus longtemps.
d. La coordination de la pensée et de l'action est le fruit de l'expérience acquise par un entraînement intensif et par le tir en match, où l'on suit à maintes reprises le même plan d'action satisfaisant. Une coordination précise est absolument nécessaire pour maîtriser le départ de chaque coup pendant tout le match. Une coordination et un synchronisme à la fraction de seconde s'entretiennent par un entraînement fréquent. Lorsque le temps d'entraînement est insuffisant, ne soyez pas trop sûr de vous en comptant pouvoir maintenir votre coordination dans des conditions de match prolongées.
E. Pourquoi ne pourriez-vous pas être un gagnant ? (Le danger de la pensée négative)
1. Qui a gagné le dernier match auquel vous avez participé ? Si ce n'est pas vous, pour quelle raison ? Pourquoi est-il si difficile de réaliser des scores de championnat ? Ce n'est pas que la plupart d'entre nous n'aient pas appris les fondamentaux du tir ; la faute tient généralement à ce que nous ouvrons notre esprit à des milliers de raisons négatives pour lesquelles nous ne pouvons pas réaliser de bons scores.
Voici l'examen de chacune des raisons qui entraînent une mauvaise performance, et de ce que l'on peut y faire.
a. Quand le temps est mauvais, il est facile de dire : « Il pleut, il neige, le vent souffle. Tous mes scores vont être mauvais. » C'est peut-être une supposition exacte. Vous pouvez suivre ce fil de pensée pendant tout le match, et vous continuerez probablement à ne réaliser que des scores moyens par rapport à vos concurrents.
Pourquoi ne pas penser, et vous convaincre, que de bons scores gagnants ont été et seront réalisés dans les mêmes mauvaises conditions ? L'application positive des fondamentaux a donné de bons résultats malgré de nombreuses difficultés. Si vos pensées sont dirigées avec assez de force vers la planification et l'exécution d'une performance maîtrisée, vous n'aurez pas le temps de vous inquiéter du temps qu'il fait.
b. Ne critiquez pas après coup, en stratège du dimanche, la façon dont le stand est dirigé. Convainquez-vous que : « Tant qu'il y a une cible sur laquelle tirer et que je dispose du temps voulu pour tirer, je réaliserai de bons scores. »
c. Vous êtes-vous demandé : « Pourquoi dois-je réaliser des scores exceptionnels ? » La réponse à cette question varie selon chaque tireur. Vous devez être motivé pour améliorer constamment votre performance. L'une des excuses les plus courantes pour ne pas donner le meilleur de soi-même est l'absence de concurrence stimulante. La tendance à se contenter d'un score passable en match devient une habitude. Vous tolérez une performance moyenne sans vous en alarmer. Quel que soit le niveau des concurrents présents, vous devez employer les fondamentaux au maximum de vos capacités. Vous devez conserver non seulement le désir de gagner, mais vous efforcer en tout temps d'établir de nouveaux records. Si vous ne relevez pas le défi, vous glisserez peu à peu dans l'habitude de traiter votre tir comme une corvée quotidienne au lieu d'une aventure stimulante.
d. Les principaux éléments nécessaires pour réaliser des scores de championnat sont une arme précise, de bonnes munitions, un individu qui a les capacités (physiques et mentales) et le désir d'être un champion. Par conséquent, chaque fois que vous laissez entrer dans votre esprit l'idée d'un matériel de qualité inférieure, arrêtez ! Pensez : « Cette arme et ces munitions feront le score maximal si je la maîtrise. »
e. Le gagnant potentiel pense toujours à appliquer son plan d'action, et non à la façon dont il va vous battre. Il sait que la plupart des autres concurrents se battent eux-mêmes par leurs propres pensées incontrôlées. Vous pouvez avoir une longueur d'avance sur tous vos concurrents en dirigeant votre effort mental vers votre plan de maîtrise de chaque coup.
f. Il y a une première fois pour gagner au tir comme en toute chose. Une première fois pour qu'un champion national soit battu, et une première fois pour que vous deveniez champion national. Si vous voulez tout rafler, vous le pouvez. Le meilleur moyen est de croire que vous êtes aussi qualifié que n'importe qui pour gagner. Décidez de tirer votre prochain tournoi comme un seul grand match. Laissez les épreuves individuelles et les classements par arme se faire d'eux-mêmes. Votre but est désormais une bonne exécution de chaque coup pris isolément.
g. La négligence est un état d'esprit qui s'empare de celui qui aborde une tâche exigeante sans but et au petit bonheur. L'organisation de tous les facteurs qui ont une incidence sur la tâche assurera, dans la plupart des cas, que l'action sera exécutée avec succès.
h. L'excès de confiance émousse vos réactions normales. Vous ignorez, ou ne remarquez pas, l'apparition de conditions défavorables. Une fausse assurance peut rompre l'équilibre délicat dont dépend votre performance. Ne relâchez pas votre résolution de travailler dur, même si la concurrence n'est pas vive. Efforcez-vous de trouver un juste milieu entre l'excès de confiance et le pessimisme.
i. Le pessimisme nuit à votre capacité de concentration. L'anxiété face à un échec possible sape l'aptitude à maîtriser le coup. Il en résulte de l'impatience et des actions incontrôlées. Une approche négative entrave la répétition d'une performance régulière et satisfaisante.
j. Évitez les situations distrayantes dont vous savez qu'elles vous perturberont. Évitez les bouleversements émotionnels tels que la colère, l'inquiétude, l'abandon dans des conditions défavorables ou après des coups insatisfaisants ; ignorez les fanfaronnades, les rumeurs, les fausses informations et les remarques désobligeantes. Évitez d'additionner les coups un à un au fil de la progression vers le score final.
F. La pression du match
Si vous pensez que vous seul avez le problème de la pression du match, regardez autour de vous : nous l'avons tous. Celui qui n'a jamais ressenti la pression du match n'a jamais été en position de gagner un match. Quelle est la différence ? Quelle est la ligne de partage entre le champion et le tireur du dimanche ? Tous deux peuvent réaliser des scores comparables à l'entraînement, et pourtant l'un est invariablement en tête du classement et l'autre en queue. La ligne de partage est nette et évidente : la capacité ou l'incapacité de maîtriser leurs pensées. La discipline mentale. Certains ont appris à maîtriser leurs émotions et leurs angoisses, et vont de l'avant en donnant toute la mesure de leurs moyens. D'autres, même après des années d'expérience, se mettent eux-mêmes hors course sous la pression chaque fois qu'ils s'avancent sur le pas de tir.
1. Pour traiter la pression du match, il faut d'abord trouver ce qui la provoque. Sans en connaître les causes, nous ne pourrons jamais la combattre. La pression du match est simplement un état créé par le suspense, et par l'incertitude et l'anxiété qui l'accompagnent généralement. Par exemple, il est facile pour le compétiteur relativement inexpérimenté de sentir le suspense monter lorsqu'il s'aperçoit qu'il accumule un score supérieur ; ou même pour le compétiteur expérimenté de le ressentir, à l'approche de la fin d'un match, quand il sait qu'il peut gagner. C'est alors que l'inquiétude et la peur s'insinuent et, si elles ne sont pas maîtrisées, la tension qui en résulte sapera les efforts en vue de la meilleure performance.
2. Ce qui aidera le plus un tireur dans ces conditions, c'est l'expérience. De longues heures d'entraînement consacrées à travailler ses points faibles, et la participation à des tournois face aux meilleurs concurrents, serviront à calmer progressivement nos émotions et nos angoisses lorsque nous sommes soumis au stress. Les champions, malgré leur nervosité en match, mobilisent toute leur énergie et toutes leurs ressources et, à l'occasion, font même mieux en match qu'à l'entraînement.
Les perturbations émotionnelles et physiques dues au stress de la compétition sont vécues différemment selon les personnes. Cet état varie pour chaque tireur, tant dans sa nature que dans son intensité. Cependant, quelles que soient leur expérience ou leur aptitude à l'autodiscipline, les tireurs sont, à un degré ou à un autre, nerveux en compétition. Mieux vous êtes entraîné, plus vous aurez confiance. Si vous vous êtes entraîné dans des conditions proches de celles du match et avez participé à de nombreux tournois, vous serez moins nerveux. Au début d'une saison de tir, même avec de l'expérience, vous pouvez être un peu nerveux. Il est important de ne pas rester passif face à ces perturbations. Ne vous laissez pas devenir la victime de vos émotions. Résistez obstinément et forcez-vous à tirer pour gagner. Si vous avez le sentiment que la nervosité en compétition vous est inconnue, il se peut que vous soyez indifférent à l'intérêt du groupe. Il vous manque peut-être une compréhension élémentaire de la fierté du travail bien fait. Vous faites preuve d'indifférence envers l'une des excitations naturelles les plus fortes qui constituent un défi pour l'animal humain. Quand vous êtes anxieux, vous aggravez votre détresse en ayant l'impression que tout le monde vous regarde. Et pourtant, malgré tout cela, notre homologue, le champion, paraît calme et semble s'amuser. Admettons-le : c'est le cas !
3. Comment maîtriser la pression du match ? D'abord, comprenez qu'elle peut être maîtrisée, et même tournée à votre avantage. Certains ont appris à maîtriser leur tir au point que leurs scores en match et à l'entraînement ne diffèrent pas sensiblement.
a. La détermination mentale préalable. C'est le facteur le plus utile dont vous disposez. En repassant mentalement la procédure correcte de tir de chaque coup juste avant de tirer, vous pouvez pratiquement éliminer les distractions. Si vous ne le faites pas et abordez le coup sans plan d'attaque préconçu, vos résultats seront, au mieux, irréguliers.
b. Canalisez votre pensée vers les fondamentaux les plus importants. Vous devez penser sans cesse aux fondamentaux et les passer en revue mentalement. Entraînez-vous de sorte que le plus grand nombre possible de ces fondamentaux s'exécutent automatiquement, sans effort fastidieux de votre part. Ainsi, il ne vous reste que les fondamentaux les plus difficiles à gérer pendant le tir proprement dit. Cela vous permettra de consacrer tous vos efforts mentaux et physiques à garder les yeux accommodés sur le guidon et à accompagner le coup.
c. Établissez une routine. Évitez de vous énerver. En établissant une routine, vous éliminez le risque d'oublier un petit détail de préparation ou de technique qui pourrait vous déséquilibrer.
d. Travaillez chaque coup isolément. Chaque coup doit être traité comme une tâche à part. Il n'y a aucune raison de croire que, parce que votre premier coup était mauvais, le suivant le sera aussi. Il n'est pas plus logique de penser que, si vos trois premiers coups étaient bons, vous avez la garantie que les suivants le seront également. Chacun n'est que l'expression de votre capacité à appliquer les fondamentaux. Votre performance variera si vous la laissez varier.
e. Relâchez votre esprit. Dès le moment où vous vous levez le matin. Rien ne vous mettra dans un plus grand état d'agitation mentale que de devoir avaler votre petit déjeuner à la hâte et vous précipiter pour arriver à temps à votre relève. Si cela arrive, votre score est ruiné vers le troisième feu rouge. Prenez votre temps. Le tir est un plaisir, profitez-en.
f. Cultivez la sérénité. Êtes-vous de ceux qui se mettent en colère à chaque mauvais coup ? Contre qui êtes-vous fâché ? Vous ne faites rien d'autre que vous reprocher votre hésitation dans l'exécution d'un coup. Si vous aviez travaillé un peu plus l'application des facteurs de maîtrise, le coup aurait été meilleur. En revanche, si vous faites tout ce qui est en votre pouvoir pour que le coup soit bon et que, pour une raison ou une autre, il ne l'est pas, vous n'avez aucune raison de vous irriter outre mesure. Bien que vous deviez consacrer toutes vos capacités mentales et physiques à réaliser un bon score, il vous arrivera parfois de ne pas y parvenir. Inutile de dire que, si vous vous reprochez alors sévèrement votre échec ou tombez dans un accès de découragement à cause d'un mauvais score, vous nuirez à votre performance pour le reste du match. Il ne s'agit pas de prendre à la légère ou de tourner en dérision une mauvaise performance ; mais vous devez avoir la présence d'esprit d'accepter les mauvais moments avec les bons. Se préparer, planifier, se relâcher et soigner le départ du coup, avec une analyse attentive et des mesures correctives positives : tel est le cycle d'action auquel vous devez vous forcer à vous conformer. Vous pourrez alors être sûr que le coup suivant partira avec la maîtrise la plus précise dont vous êtes capable.
g. L'expérience du match. Sans aucun doute, l'expérience de la compétition est l'un des ingrédients nécessaires à un compétiteur accompli. Cependant, l'expérience seule a une valeur limitée. Vous devez l'assortir d'une évaluation exacte et honnête de votre performance. Vous devez rechercher une maîtrise mentale toujours plus grande. On la néglige souvent à l'entraînement jusqu'à ce que la capacité physique de tirer dépasse de loin la capacité d'exercer une maîtrise mentale.
h. Discutez avec votre subconscient. Non seulement discutez avec lui, mais gagnez la discussion. Au moment même où vous lisez ces lignes, vous entendez cette petite voix au fond de votre esprit qui répète : « Oui, ce genre de chose marche peut-être pour Joe, mais je sais très bien que je vais rater mon coup la prochaine fois que j'approcherai d'un score gagnant. » À qui est cette voix ? D'où viennent, au départ, toutes ces idées ? Où ce petit bonhomme a-t-il puisé tout son savoir ? Soyons réalistes. C'est votre esprit conscient qui place ces idées dans votre subconscient ; ne croyez donc jamais que vous ne pouvez pas en venir à bout. Ce n'est pas facile. Il dit ce qui lui plaît depuis des années et il ne se laissera pas déloger facilement. Mais ne lui cédez pas, et vous finirez par constater que le subconscient n'est plus en conflit avec vos efforts conscients.
k. Après tant d'insistance sur l'approche positive, voici maintenant deux grands « ne faites pas ».
(1) N'attendez pas de résultats spectaculaires la première fois que vous essayez la discipline mentale. Il y a une coordination dans l'emploi des fondamentaux à maîtriser. Si vous constatez que vous n'exercez une maîtrise satisfaisante que pendant une courte période, efforcez-vous d'allonger cette période en vous entraînant et en perfectionnant votre système de tir. Souvenez-vous que ce que vous récoltez est proportionnel à ce que vous investissez.
(2) Ne consommez ni alcool ni drogues. L'un comme l'autre peut atténuer certains des symptômes provoqués par la pression du match. Mais, ce faisant, ils vous diminuent d'autres façons qui vous empêcheront de bien tirer.
G. Réduire la tension et parvenir au relâchement
1. Les types de tension.
a. La tension normale est l'état ordinaire de tout organisme qui rassemble ses forces pour faire face à une situation difficile. Tous les animaux, y compris l'homme, se tendent dans les situations où leur sécurité et celle des êtres qui leur sont chers sont en jeu.
b. La tension pathologique est une exagération de la tension normale ; elle est assez rare. Ce type de tension exige généralement que le sujet soit confié aux soins d'un médecin.
c. La grande majorité des gens, et des tireurs, que la tension préoccupe ne connaissent rien de plus qu'une tension normale. Il leur suffit d'une technique pour se relâcher. Vous devez savoir ce qu'est la tension et connaître quelques conseils pour en réduire les effets.
2. Dans la tension normale, votre corps subit certaines modifications bien définies. L'adrénaline se déverse dans votre circulation sanguine et votre foie libère du sucre, ce qui fournit une réserve d'énergie à vos muscles. Tout votre système nerveux passe à la vitesse supérieure. Votre odorat, votre ouïe et votre vue s'aiguisent et toutes vos facultés mentales deviennent extrêmement vives. Votre système nerveux stimulé fait aussi se contracter les grands muscles volontaires de vos jambes, de vos bras et de votre tronc, prêts à l'action. Les muscles de votre tube digestif ralentissent votre digestion pendant un moment. Les muscles de votre thorax et de vos artères se contractent légèrement, de sorte que votre respiration devient un peu plus superficielle et que votre tension artérielle augmente. Lorsque tout cela se produit, vous êtes en état de tension normale. La plupart d'entre nous connaissent ce genre de tension une ou plusieurs fois par jour. Une fois résolu le problème qui vous a rendu tendu, votre tension s'apaise et vous revenez à un état normal de relâchement. Elle peut partir lentement, mais elle partira. La tension normale est autolimitée : elle ne se prolonge pas sans faiblir une fois que vous n'en avez plus besoin.
3. Dans la tension pathologique, tout votre corps réagit de manière excessive, comme si la difficulté à laquelle il fait face était une question de vie ou de mort. C'est le genre de réaction qu'une personne normale n'aurait que dans une situation extrêmement dangereuse. Dans la tension pathologique, la tension artérielle, les battements du cœur et le pouls s'élèvent fortement et restent élevés. L'excès d'adrénaline peut provoquer de la nervosité, des bouffées de chaleur et des tremblements. Les fonctions digestives de l'estomac s'arrêtent généralement tout à fait et ne reprennent pas, ce qui entraîne une perte d'appétit ou une indigestion. Les muscles se tendent pour l'action mais peuvent finir par avoir des crampes. La respiration est rapide et superficielle, jusqu'au vertige. Le résultat inévitable, et souvent rapide, est une sensation de fatigue écrasante. La tension normale peut elle aussi vous laisser épuisé, mais pas à ce point.
4. Techniques de réduction de la tension.
a. Respirez un bon coup. Respirez profondément trois fois, très lentement ; à la fin de chaque expiration, retenez votre souffle aussi longtemps que possible. Lorsque vous avez terminé, vous devriez vous sentir sensiblement plus relâché et beaucoup plus calme. En vous forçant à respirer profondément, vous rompez la tension de vos muscles respiratoires volontaires. Cela fait se relâcher aussi les muscles involontaires des poumons, du tube digestif et du cœur. C'est la méthode la plus simple pour se relâcher. Certains peuvent s'en servir pour mettre complètement fin à la tension. D'autres peuvent l'employer pour un soulagement temporaire lorsqu'ils ne souhaitent pas « décrocher » complètement.
b. Lâchez prise. Asseyez-vous et laissez votre tête tomber en avant. Essayez de vous concentrer réellement sur le relâchement des muscles. Relâchez complètement un bras, puis l'autre. Laissez maintenant vos jambes devenir complètement molles, puis les muscles de votre tronc. Restez dans cette posture plusieurs minutes. Chassez momentanément la compétition entièrement de votre esprit. Cette technique vise à relâcher les muscles volontaires. Elle est particulièrement efficace lorsque vous avez dû maintenir une tension normale plusieurs heures d'affilée.
c. Arrêtez-vous et réfléchissez. Lorsque l'activité qui vous met sous tension vous laisse un répit, asseyez-vous et passez calmement en revue ce à quoi vous tenez le plus dans votre vie. Pensez au but à long terme de votre vie, aux personnes que vous aimez, aux choses que vous voulez vraiment. Au bout de quelques minutes, vous remarquerez peut-être que vous avez pris involontairement une profonde inspiration. C'est le signe que la tension retombe rapidement. Lorsque vous vous tendez pour faire face à une situation difficile, vous avez tendance à en exagérer l'importance. Le jugement et la raison peuvent rapidement modifier cet état d'esprit quand vient le moment de se relâcher à nouveau.
d. Faites une pause. C'est une technique « par télécommande » pour gérer la tension normale. Faites simplement une pause de dix bonnes minutes toutes les heures. Vous constaterez peut-être que cela vous permet de sortir plus vite et plus facilement de votre tension de travail.
e. Rétrogradez. En fin de journée, ralentissez progressivement en vous plongeant dans une activité de diversion. Si vous aimez les travaux manuels, choisissez-en un qui soit intéressant sans être trop créatif. La sculpture sur savon, la peinture au doigt, le travail du bois et le jardinage sont d'excellentes activités « au ralenti » qui vous aideront à « redescendre ». Ce type de remède contre la tension vise à modifier votre disposition mentale. Il est utile à ceux qui doivent fonctionner à plein régime. Après une stimulation, une partie de votre capacité mentale reste en éveil. Pour vous ralentir lorsque vous êtes dans cet état d'esprit, il vous faut quelque chose d'absorbant mais qui n'exige rien de vous intellectuellement. Les divertissements télévisés et les travaux manuels simples sont idéaux.
f. Ces techniques reposent sur le fait que la tension peut prendre fin de deux façons distinctes : par le relâchement de vos muscles volontaires et involontaires, et par la modification de votre disposition mentale. Si vous obtenez l'un, vous modifiez l'autre et vous hâtez le processus de relâchement normal.
H. Vous pouvez gagner !
1. La confiance fournit l'alliage qui durcit la volonté de gagner et de ne pas abandonner ni transiger. La confiance repose sur la parfaite compréhension de toute la technique de maîtrise de l'emploi des fondamentaux. La confiance, alliée à la connaissance, à une bonne condition physique et à la détermination de gagner, vous permettra de donner le meilleur de vous-même. Chacun a sa chance d'atteindre la grandeur. Vous devez avoir la conviction d'être capable d'une performance supérieure à tout ce que vous avez accompli jusque-là. Sachez que vous pouvez gagner, si c'est ce que vous avez entrepris.
2. Soyez un tireur affamé. L'assaut implacable d'un appétit vorace de victoire brise la résolution du concurrent plus faible.