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Générer une cible

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Ch. 1 — Obtenir un arc de mouvement minimal

Pendant le tir, il faut presser la détente dans des conditions variables de mouvement du pistolet, tout en maintenant un alignement correct des organes de visée. Pour exercer une pression coordonnée sur la détente, le tireur doit attendre les moments bien précis où tous les facteurs de contrôle sont optimaux et où les conditions de tir deviennent favorables. La règle à observer, première étape pour devenir maître de son tir, est la suivante : « Vous ne devez jamais tenter de tirer avant de vous être complètement stabilisé dans un arc de mouvement minimal. »

Pour apprendre à tirer le coup au bon moment, le tireur doit analyser le temps nécessaire pour se stabiliser et la durée de l'arc de mouvement minimal.

L'ensemble du système, constitué du corps du tireur et du pistolet, est toujours animé d'un certain mouvement. Il s'agit parfois d'un arc de mouvement pulsé, oscillant ou désordonné pendant la visée et le tir d'un coup. En dehors de facteurs comme les conditions météorologiques, ce mouvement a pour cause l'action des muscles qui maintiennent le corps du tireur dans une position déterminée. D'autres phénomènes, comme les pulsations du sang, provoquent le mouvement de certaines parties du corps du tireur et du pistolet. La nature et l'amplitude de l'arc de mouvement évoluent pendant le temps consacré au tir d'un coup. Par exemple, lorsque le tireur commence à prendre son alignement et n'a pas encore eu le temps de stabiliser son corps et son pistolet, l'amplitude du mouvement est relativement grande. À mesure que le corps trouve son équilibre et que la visée se précise, l'arc de mouvement diminue. Au bout d'un certain temps, l'arc de mouvement minimal recommence à augmenter, parce que les muscles commencent à se fatiguer et que le tireur n'a plus assez d'air dans les poumons pour continuer à retenir sa respiration. Si l'on enregistre l'arc de mouvement, on obtient une ligne ondulée dont l'amplitude d'oscillation varie (figure 1-1).

Figure 1-1. Schéma de principe de l'arc de mouvement minimal.
Figure 1-1. Schéma de principe de l'arc de mouvement minimal.

Il est évident que, dans ces conditions, le tireur doit commencer sa pression régulière sur la détente sans trop prêter attention à l'arc de mouvement, tant que celui-ci reste minimal. Continuez à presser la détente et concentrez-vous intensément sur le maintien de l'alignement des organes de visée. La période de cinq à sept secondes qui en résulte est le moment le plus favorable pour tirer un coup précis.

Compte tenu du rapport direct entre la précision du tir et le degré d'immobilité du pistolet au moment où le coup part, le tireur doit apporter le plus grand soin au choix d'une position, d'une orientation, d'une prise en main et d'une manière de contrôler sa respiration qui garantissent la plus grande stabilité au pistolet comme au corps. Le mouvement relativement faible ainsi obtenu fournit une base stable, qui permet de mettre en œuvre les autres fondamentaux.

A. La position

La qualité de la position est un facteur majeur pour créer les conditions d'un contrôle maximal. Un haut degré de contrôle est nécessaire pour tirer un coup précis. Chaque individu possède une combinaison de caractéristiques qui n'appartient qu'à lui : la taille, le poids, les proportions du corps, le développement de la musculature, etc. Il s'ensuit qu'il ne peut exister de position définie et universelle qui convienne également à tous les tireurs. C'est donc au tireur lui-même de trouver, en fonction de sa propre morphologie, la variante de position qui donne le plus de stabilité à son corps.

1. Principales exigences de la position. La position adoptée est l'attitude du corps humain qui soutient un pistolet pointé vers une cible. Malgré le grand nombre de différences physiques que l'on rencontre dans n'importe quel échantillon de tireurs, la position doit assurer :

a. Le plus grand degré possible d'équilibre et de stabilité de l'ensemble corps-arme, avec le moins de sollicitation possible des muscles du tireur.

b. Une position de la tête qui permette l'usage le plus efficace des yeux du tireur pendant toute la prise de visée.

Tout au long de l'entraînement, le tireur doit donc apporter un soin particulier au choix de sa position. Une mauvaise position en cours d'installation doit être détectée et corrigée tôt dans le programme d'entraînement ; sinon, il faudra peut-être plus tard rompre des habitudes profondément ancrées. Étant donné le rôle des muscles, des os et des ligaments dans la stabilité de la position du tireur, celui-ci doit comprendre la constitution du corps humain. Voir, dans la section cinq, l'annexe I, qui donne un complément d'information intitulé « Caractéristiques du corps humain relatives à la position, à l'orientation et à la prise en main ».

N.d.T. Cette annexe I ne figure pas dans l'édition de 1999 traduite ici, qui ne contient que l'annexe II.

2. Prendre la position.

a. Quand le tireur prend la position de tir, sa tête doit être tenue aussi droite que possible, de sorte que le tireur voie la cible directement dans l'axe du bras et des organes de visée. Il faut tout faire pour éliminer l'inclinaison de la tête vers la droite ou la gauche, ou une inclinaison excessive vers l'avant. Il n'est pas nécessaire de regarder de côté ni de regarder les organes de visée par-dessous les sourcils. La tête ne doit pas être avancée vers la hausse ; elle ne doit pas non plus être trop renversée en arrière. Cela impose une tension excessive aux muscles du cou et, en conséquence, un léger mouvement de la tête apparaît sous l'effet de la fatigue, ce qui peut empêcher de maintenir un alignement parfait des organes de visée.

b. En prenant une position de tir, le tireur doit soutenir le bras tendu qui tient l'arme. Le système musculaire subit de ce fait une sollicitation considérable : il doit non seulement maintenir le corps du tireur dans une position déterminée, mais aussi s'opposer au poids assez important de l'arme tenue en suspension.

c. Un tireur qui soutient une arme constitue un système unique doté d'un centre de gravité commun (figure 1-2). Comme l'ensemble du système n'est en équilibre que lorsque sa ligne de gravité passe par la surface d'appui (figure 1-3), le fait de tenir l'arme modifie la position relative des différentes parties du corps. La nécessité de s'opposer au poids du pistolet et du bras qui le soutient entraîne un déplacement compensateur. Ce déplacement compensateur des parties du corps modifie la posture du tireur. Il en résulte que, lorsque le tireur prend une position de tir, son corps adopte une attitude asymétrique, non naturelle. Préserver l'équilibre du corps dans cette posture non naturelle impose une charge plus forte aux muscles et aux ligaments qui maintiennent les parties mobiles du corps.

d. Le tireur doit trouver lui-même une position adaptée qui assure l'immobilité du corps sans sollicitation musculaire excessive.

Supposons que le tireur prenne pour tirer une position qui conserve la posture naturelle et droite du corps. Il s'efforcera de la garder droite par de petites corrections du système musculaire. Le bras tendu tenant le pistolet impose alors une forte tension aux muscles du dos et des épaules. De plus, si l'on observe le tireur de profil, il devient évident que lorsque son corps est maintenu raide et droit, il est légèrement instable. Garder le corps rigide entraîne une fatigue précoce et provoque des mouvements indésirables.

e. Quelle posture faut-il donner au corps pour soutenir au mieux l'arme avec le moins d'effort musculaire ?

Figure 1-2. Situation du centre de gravité global de l'ensemble du système.
Figure 1-2. Situation du centre de gravité global de l'ensemble du système.

Le tireur doit tenir son corps dans une posture un peu moins que droite, le dos légèrement cambré vers l'arrière et le bassin légèrement porté vers l'avant. Dans cette posture, la verticale du centre de gravité du corps est reportée en arrière de l'axe des articulations des hanches. Dans une telle attitude, le corps est maintenu stable au niveau des hanches moins par le travail des muscles que par des ligaments puissants. L'immobilité du corps relâché s'obtient en équilibrant le poids du haut du corps avec le bras de tir tendu et le pistolet, et en reportant une grande partie du poids sur la colonne vertébrale.

f. Le choix de la position la plus stable passe par une certaine inclinaison donnée au corps. Comme le montre la pratique, le tireur n'a rien à craindre à donner à son corps une attitude asymétrique.

g. La stabilité du bras de tir et de l'arme dépend dans une certaine mesure du bon placement des pieds, qui détermine la surface d'appui du corps du tireur. La position la plus stable et la plus confortable est celle où les pieds forment une surface d'appui en forme de trapèze, écartés à peu près de la largeur des épaules. Les pointes des pieds doivent être légèrement ouvertes (figure 1-3). Ce placement des pieds crée non seulement une surface d'appui relativement grande, mais c'est aussi la disposition la plus favorable pour éviter les tensions musculaires dans les jambes.

Figure 1-3. Placement des surfaces d'appui du corps — les deux pieds — l'une par rapport à l'autre, formant la surface d'appui pour le tir.
Figure 1-3. Placement des surfaces d'appui du corps — les deux pieds — l'une par rapport à l'autre, formant la surface d'appui pour le tir.

h. En prenant la position de tir, le tireur ne doit pas chercher à trop rapprocher les jambes l'une de l'autre. Des jambes trop serrées réduisent la surface d'appui et entraînent une perte de stabilité, ce qui provoque un mouvement horizontal du bras de tir. Ne pas non plus trop écarter les jambes : cela crée une tension indésirable sur la voûte plantaire interne, sollicite les muscles des jambes et bloque les articulations des hanches, ce qui conduit à la fatigue et à une augmentation de l'arc de mouvement.

i. Pour que la position soit stable, le tireur doit, premièrement, répartir le poids de son corps, du bras et du pistolet également sur les deux jambes ; deuxièmement, la charge portée par chaque jambe doit passer par le milieu du pied ou près de la plante, à la naissance des orteils. Lorsque le poids du corps est réparti de cette manière, la ligne de gravité du corps passe par le milieu de la surface d'appui. La position est la plus stable lorsque les muscles des deux jambes portent la même charge. Le travail coordonné de ces muscles des jambes fait que le poids du corps se déplace alternativement par de légers mouvements correcteurs pour maintenir l'équilibre.

j. Le degré de tension des muscles et des ligaments des genoux compte pour la stabilité de la position. Des genoux insuffisamment fermes entraînent une augmentation du mouvement de l'ensemble du corps. Si l'on tient une jambe tendue et l'autre partiellement fléchie, des tensions inégales s'exercent et sollicitent excessivement les muscles des jambes. Tendre les jambes de façon raide crée aussi une tension des muscles des jambes qui entraîne une perte de stabilité.

k. Le groupe de muscles qui ne participent pas directement au maintien du corps du tireur à la verticale ni à la tenue du pistolet pointé vers la cible, à savoir les muscles du bras et de la main gauches, de la moitié gauche de la poitrine, du cou, de l'abdomen et des fessiers, doit être relâché autant que possible.

Il faut placer correctement le bras et la main gauches, c'est-à-dire libres (pour un tireur droitier). La main libre peut être glissée sans crispation dans la poche latérale gauche, ou l'on peut accrocher le pouce gauche à la ceinture. Tout en relâchant le bras et l'épaule gauches, il ne faut pas laisser pendre le bras libre, car le vent ou le recul du corps pendant le tir le ferait balancer, et ce mouvement se transmettrait au corps.

l. Le bras qui tient le pistolet doit être tendu, le poignet ferme et le coude verrouillé sans crispation. Le bras doit être droit, fermement tendu, sans tension musculaire inutile. On obtient ainsi un contrôle solide du bras.

m. Le centre de gravité du poids du corps doit être porté légèrement en avant du centre de la surface d'appui, avec un très léger report vers la pointe des pieds, pour réduire l'action du mécanisme de correction de l'équilibre. Cette action se manifeste par la contraction et le relâchement alternés des muscles des jambes, de l'abdomen et du bas du dos. Ce rétablissement de l'équilibre est continu. Le corps ne peut rester immobile, car l'équilibre ne demeure pas constant. Ce processus de correction permanent provoque un balancement ou une oscillation presque imperceptible.

3. La position est un facteur si essentiel qu'un récapitulatif, point par point, de tout ce qui compte pour une bonne position s'impose.

a. La position doit assurer :

(1) Le plus grand degré possible d'équilibre et de stabilité du corps du tireur et de l'arme, avec le moins de sollicitation possible du système musculaire du tireur et le plus petit mouvement possible de toute partie du corps, du bras de tir et du pistolet.

(2) Une position de la tête qui offre les conditions les plus favorables au fonctionnement des yeux pendant la visée.

b. Pendant l'entraînement, le tireur doit veiller tout particulièrement à ne pas prendre une position ou une posture incorrecte qui l'obligerait plus tard à rompre des habitudes.

c. Le tireur doit se familiariser avec la prise d'une position correcte et s'exercer à retrouver la même position chaque fois qu'il la prend. Les exigences sont les suivantes :

(1) Les pieds sont écartés environ de la largeur des épaules, ou un peu moins, les pointes légèrement ouvertes.

(2) Se tenir droit et relâché.

(3) Les jambes doivent être tendues mais pas raides, les genoux fermement tendus mais pas verrouillés de façon rigide.

(4) Les hanches doivent être de niveau et dans une position naturelle.

(5) L'abdomen doit être relâché.

Figure 1-4. Deux vues d'une position efficace.
Figure 1-4. Deux vues d'une position efficace.

(6) Les épaules et la tête doivent être de niveau. Ni dos voûté ni corps affaissé, ni inclinaison non naturelle de la tête.

(7) Le bras qui ne tire pas doit être relâché, la main libre dans la poche latérale ou le pouce accroché à la ceinture, sans pendre librement.

(8) Le bras qui tient le pistolet doit être tendu, le poignet ferme et le coude verrouillé sans crispation.

(9) Le centre de gravité du poids du corps doit être porté légèrement en avant du centre de la surface d'appui, avec un très léger report vers la pointe des pieds, pour réduire l'action du mécanisme de correction de l'équilibre.

B. Orientation

Pour se préparer à un tir précis, il ne suffit pas de prendre une position confortable et stable. Vous devez être capable de viser ou de pointer votre cible de manière naturelle et constante. Une mauvaise orientation compromet votre capacité à établir ou à maintenir la tenue au centre de la zone de visée. Avant chaque coup ou chaque série, il faut vérifier la justesse de l'orientation prise par rapport à la cible. Évitez toute tension musculaire inutile dans l'effort pour tenir dans la zone de visée : un effort musculaire supplémentaire a un effet néfaste sur le mouvement du bras de tir et de l'arme.

En match, le tireur doit tirer un grand nombre de coups dans la même journée. Il faut trouver l'orientation la plus efficace, celle qui permet au corps du tireur de reprendre une attitude identique pendant longtemps sans imposer de sollicitation excessive au système musculaire. Toute sensation d'inconfort, de fatigue ou de gêne, ou la nécessité répétée de corriger l'orientation du corps par rapport à la cible, détourne l'attention du tireur de son objectif principal : le contrôle uniforme et absolu d'un coup précis. Trouver l'orientation la plus efficace pour le tir assure un pointage constant du bras de tir et de l'arme, et donne une sensation libre et sans contrainte d'alignement naturel sur la cible pendant toute la durée du tir.

1. Le tireur doit se placer de façon à s'aligner, ou à se pointer, naturellement avec son arme sur la cible, afin que la tenue reste dans la zone voulue sans que le bras de tir tende à dériver hors de la zone de visée.

2. Pour vous orienter ou vous aligner correctement sur la cible, utilisez la méthode suivante :

a. Placez-vous d'abord à environ 40 à 50 degrés de la cible, en appliquant les méthodes de prise de position décrites plus haut.

b. Regardez la cible en tournant seulement la tête. Gardez la tête droite et tournez-la suffisamment vers la cible pour que les yeux regardent droit devant eux.

c. Levez le bras pour l'aligner sur la cible. Fermez les yeux, levez le bras de tir d'un ou deux pieds au-dessus de l'horizontale, puis laissez-le redescendre, relâché et naturellement, jusqu'à l'horizontale. Relâchez complètement le bras et l'épaule qui ne servent pas. Répétez cette procédure une ou deux fois et stabilisez-vous dans un pointage naturel. On n'obtient pas un pointage véritablement naturel les yeux ouverts.

d. Une fois stabilisé dans un pointage naturel, ouvrez les yeux pour vérifier si votre bras et votre pistolet sont alignés sur la cible. Si le pistolet s'est stabilisé au centre de la cible, vous avez votre orientation naturelle.

e. Si le bras se stabilise d'un côté du centre de la cible, déplacez votre pied arrière dans le sens de l'erreur. Conservez sans la modifier l'attitude du corps, comme un bloc, des pieds jusqu'aux épaules et à la tête. Faites pivoter tout le corps en déplaçant les pieds jusqu'à ce que le bras et le pistolet soient naturellement alignés sur le centre de la cible. Des essais de ce genre indiquent facilement votre orientation naturelle. En aucun cas le tireur ne doit corriger des erreurs de tenue en déplaçant le bras indépendamment du corps. Ce type de correction est purement artificiel, et le bras reviendra à l'erreur initiale après le retour en position de visée qui suit le recul d'un coup.

f. Revérifiez après chaque erreur constatée, jusqu'à ce qu'il n'y en ait plus.

3. Le tireur doit toujours se rappeler que l'amélioration de son habileté au tir exige une recherche incessante d'une position et d'une orientation encore meilleures. La position et l'orientation adoptées ne doivent pas être considérées comme quelque chose de fixe. À mesure que l'habileté se développe, des changements de position et d'orientation sont nécessaires pour améliorer les performances.

4. Beaucoup de tireurs experts, au terme d'un entraînement long et persévérant, ont développé leur position et leur orientation au point de les rendre automatiques, sans même parfois en remarquer les défauts particuliers. Il arrive que certains experts, tout en connaissant leurs défauts, ne leur accordent pas l'importance voulue. Ce n'est que lorsque ces défauts de position ou d'orientation deviennent un sérieux obstacle à leurs progrès qu'ils commencent à changer. L'immense majorité des meilleurs tireurs travaille en réalité sérieusement et de façon créative à se perfectionner en évaluant leur position et leur orientation.

5. Les jeunes tireurs ne doivent pas copier aveuglément, et les moniteurs et entraîneurs ne doivent pas inculquer mécaniquement à leurs élèves, sans aucune analyse, une variante particulière de position ou d'orientation. Il faut aborder avec intelligence le choix de la position et de l'orientation qui conviennent à chacun, en prenant chez les experts les aspects souhaitables et en rejetant ceux qui ne le sont pas.

Figure 1-5. Prise en main du pistolet.
Figure 1-5. Prise en main du pistolet.
Figure 1-6. La prise en main.
Figure 1-6. La prise en main.

C. Prise en main

Une bonne prise en main est celle qui donne au tireur le contrôle maximal de l'arme. Pour conserver un alignement naturel des organes de visée, il doit tenir l'arme fermement et pouvoir exercer sur la détente une pression franche, droit vers l'arrière, qui ne dérange pas l'alignement.

1. Uniformité. Pour un contrôle maximal, toutes les exigences d'une bonne prise en main doivent être appliquées de façon uniforme, en permanence.

2. Exigences. Une bonne prise en main du pistolet répond aux exigences suivantes :

a. La prise doit être telle que le guidon et la hausse restent naturellement alignés sans aucun effort supplémentaire pour maintenir leur relation. Faute de quoi, le guidon aura tendance à se déporter d'un côté du cran de mire, ou à monter au-dessus ou descendre au-dessous du plan horizontal du sommet de la hausse. Un alignement retrouvé rapidement après le recul, sans qu'il faille le corriger, accélère le retour en position de visée et améliore le contrôle en tir chronométré et en tir rapide. Maintenir l'alignement doit se faire sans effort avant le coup suivant. Une pression franche sur la détente est possible si l'alignement est maintenu sans effort. L'alignement est plus facile à maintenir si aucun ajustement, comme bouger le poignet ou la tête, n'est nécessaire.

b. Tenez le pistolet assez fermement pendant le tir d'un coup pour qu'un glissement ou un déplacement de la prise ne fasse pas perdre le contrôle du pistolet. En tir soutenu, le retour en position de visée après le recul, pour le coup suivant, est sérieusement compromis par la perte de l'alignement. Dans ces conditions, la pression sur la détente est généralement hésitante et timide. À moins de pouvoir reprendre rapidement une bonne prise (chose presque impossible au milieu d'une série en tir chronométré ou rapide), maintenir l'alignement pendant une pression franche sur la détente est une opération difficile. Plus la prise est serrée, sans aller jusqu'à provoquer un tremblement, meilleur est le contrôle. La force avec laquelle il faut serrer le pistolet dépend de l'état des muscles qui serrent. Une pratique fréquente, l'expérience et certains exercices favorisent une prise vigoureuse et influent sur le moment où apparaît le tremblement.

c. Le serrage de la prise ne doit pas varier, car une variation de la pression de serrage nuit à l'alignement. Tout serrage ou desserrage, si faible soit-il, par rapport à une prise établie désaligne les organes de visée. La pression de la prise doit rester constante. Elle ne peut ni augmenter ni diminuer pendant que l'on presse la détente, sinon l'alignement sera modifié.

d. L'index doit exercer une pression franche sur la détente par une action indépendante, totalement libre des autres muscles de la main de tir. L'index ne doit toucher ni la plaquette ni la carcasse du pistolet, à cause du frottement et de la résistance ajoutés à la pression sur la détente. Tirez quelques coups à sec en observant attentivement le guidon. Si le guidon bouge à l'instant où le chien tombe, déplacez l'index vers la gauche ou la droite, vers le haut ou le bas, sur la face de la détente. Répétez le tir à sec et l'ajustement de la position de l'index jusqu'à ce que la libération du chien ne provoque plus aucun mouvement du guidon dans le cran de mire.

e. La prise ne doit varier ni d'un coup à l'autre, ni d'une série à l'autre, ni d'une journée de tir à l'autre, et ainsi de suite indéfiniment. En définitive, il n'existe qu'une seule prise correcte pour chaque tireur. Chaque type de pistolet, calibre .22, calibre .38, calibre .45, a ses particularités, et le tireur doit s'adapter à chacun. La bonne prise se découvre par tâtonnements, par la pratique et par l'analyse. À force d'usage, elle doit devenir une opération familière que l'on finit par exécuter sans grande difficulté. Quand le tireur expérimenté vérifie sa prise avant de tirer, elle a rarement besoin d'être ajustée. L'une des variations fréquentes de la prise qui gênent les débutants consiste à saisir la poignée du pistolet avec la main légèrement décalée à droite ou à gauche de sa place normale. Il en résulte que l'index se place différemment sur la détente, ce qui compromet l'exigence d'une pression sur la détente droit vers l'arrière.

f. La prise doit être aussi confortable que possible. Une fois que la main a eu le temps de s'habituer à cet effort supplémentaire, les muscles de la main et de l'avant-bras ne devraient guère souffrir de la façon dont le pistolet est placé dans la main. Si la prise est malcommode, risque de provoquer des crampes, et que les muscles de la main continuent de se fatiguer facilement, cherchez une autre solution ou utilisez un appareil d'exercice pour renforcer la main. Pour éviter la formation d'ampoules douloureuses, de callosités et de crevasses, réduisez la tendance de la peau à s'étirer. Une peau tendue à l'extrême peut aussi tirer ou exercer une force sur la carcasse du pistolet de manière à provoquer un défaut d'alignement. Il est primordial d'équilibrer l'étirement de la peau et des muscles de la main qui serre. Lorsque les pressions de serrage s'exercent, le contact entre la peau des doigts et de la paume et les surfaces de la carcasse et des plaquettes doit être direct, perpendiculaire, et non une pression latérale, glissante ou rasante.

g. La force du recul doit être maîtrisée en étant transmise droit vers l'arrière dans le bras de tir. Un recul qui porte contre la base du pouce, et qui fait tourner l'arme dans la main, entraîne un déplacement de la prise et/ou une flexion du poignet. L'un comme l'autre compromet un retour rapide en position de visée après le recul en tir chronométré et en tir rapide. Le pistolet doit être tenu par une prise normale, et non par une étreinte étouffante qui cherche à enserrer la crosse de toutes parts. Les meilleurs points de pression pour maintenir l'alignement des organes de visée sont les plaquettes presque plates de chaque côté de la carcasse. Cependant, la main ne peut pas exercer simultanément une pression égale sur chacune de ces surfaces, et une telle pression ne surmonterait pas l'effet du recul. Par conséquent, les points de pression de la main de tir qui s'imposent, ceux qui canalisent l'effet du recul droit vers l'arrière et permettent de maintenir assez facilement l'alignement, sont : les phalanges médianes des trois derniers doigts, la base du pouce haut sur la crosse, le creux au centre du talon de la main et, enfin, les articulations de la base des quatre doigts, le long du haut de la paume. Sur le pistolet de calibre .45, les points de pression principaux sont la face avant de la poignée et les surfaces du boîtier du ressort de chien et de la sûreté de poignée. Les points secondaires sont : le haut du côté gauche de la crosse, près de l'arrêtoir de culasse, et la courbe avant de la plaquette droite ; une pression de serrage égale doit s'exercer sur chacun d'eux pour éviter le relâchement de l'ensemble de la prise et pour maintenir l'alignement.

h. Tenir la prise trop longtemps sans la relâcher de temps en temps entraîne une fatigue précoce. La fatigue détruit le contrôle. Serrer avec une force excessive pour contrôler le pistolet garantit l'apparition de la fatigue si la force de préhension de la main est faible. Une fatigue excessive des muscles de la main et de l'avant-bras provoque aussi une pression irrégulière sur la détente. Le seuil de tremblement s'abaisse au point que le tireur ne peut plus tenir le pistolet immobile, même quelques secondes, pendant qu'il presse la détente.

3. Méthode pour obtenir une bonne prise en main. La bonne prise doit satisfaire à toutes les exigences qui précèdent ; en outre, elle doit être une prise ferme et adaptée à la main de chaque tireur.

Nota : pour cette leçon sur l'obtention d'une bonne prise en main, l'arme est le pistolet réglementaire de calibre .45. La séquence suivante, étape par étape, permet d'obtenir la bonne prise :

a. Avec la main qui ne tire pas, saisissez le pistolet par l'extrémité de la culasse, côté canon, en prenant garde de ne pas abîmer les organes de visée noircis, et gardez la bouche du canon dirigée vers le champ de tir.

b. Écartez l'index et le pouce de la main de tir pour former un « V », le pouce un peu plus bas que l'index.

c. Fléchissez légèrement le poignet vers le bas pour obtenir le bon angle de contact.

d. Logez le pistolet dans le « V » formé par le pouce et l'index en enfonçant la sûreté de poignée bien droit et fermement dans le repli de peau souple du « V ».

e. Appuyez vers le bas sur le canon pour faire pivoter le pistolet et pousser fermement le boîtier du ressort de chien contre l'intérieur du renflement de chair à la base du pouce et dans le creux situé à peu près au centre du talon de la paume.

f. Allongez les doigts vers l'avant en laissant l'index se poser à plat contre la carcasse du pistolet, juste au-dessus du pontet. La sécurité impose de ne pas toucher la détente à ce stade.

g. Les trois derniers doigts doivent se placer serrés les uns contre les autres, la phalange médiane de chaque doigt reposant sur la face avant incurvée de la carcasse (front strap). L'extrémité des doigts, qui fait le tour du front strap jusqu'à la plaquette gauche, ne doit exercer que peu ou pas de pression. La pression de l'auriculaire sur le front strap doit être plus légère que celle du majeur et de l'annulaire. Une pression trop forte de l'auriculaire peut faire légèrement plonger la bouche du canon, de sorte que le guidon s'aligne trop bas dans le cran de mire.

h. Le pouce doit être levé plus haut que l'index. Seule l'articulation du milieu du pouce vient en appui haut contre la crosse, près de la sûreté de culasse. Le bout du pouce est relevé et écarté de la crosse, car il n'a aucune fonction. Une pression exercée sur le côté du pistolet par le bout du pouce tend à déranger l'alignement. Le pouce ne doit pas appuyer fortement sur le côté du pistolet, sinon la fatigue apparaîtra tôt. Il ne doit exercer que la force d'appui substantielle nécessaire pour maintenir l'arme fermement en place dans la main de tir.

i. On obtient une prise qui contrôle l'arme lorsque les trois derniers doigts exercent la pression principale sur le front strap droit vers l'arrière, pressant respectivement le boîtier du ressort de chien et la sûreté de poignée fermement contre le creux central et le talon de la paume à la base du pouce, et contre la chair souple du « V » du pouce et de l'index. On peut comparer cela à un étau, dont les surfaces internes de la paume seraient la mâchoire fixe et les trois derniers doigts appuyant sur le front strap la mâchoire mobile.

j. La main qui ne tire pas sert à ajuster la position du pistolet dans la main de tir. Une légère rotation de l'arme dans la main, pendant que celle-ci serre et desserre alternativement, permet d'équilibrer une étreinte vigoureuse. La main qui serre doit faire suffisamment le tour vers la droite pour que l'index puisse entrer dans le pontet et se placer sur la détente à l'endroit exact où la pression peut s'exercer droit vers l'arrière. Selon la taille de la main, l'index presse avec le bout, avec la pulpe de la première phalange, avec le pli de la première articulation ou ailleurs. Ce qui importe n'est pas la partie ou l'endroit de l'index qui constitue le point de contact standard, mais l'endroit du doigt avec lequel vous pouvez prendre la détente en son milieu et presser droit vers l'arrière sans déranger l'alignement.

k. Lorsque la mise en place est correcte, retirez l'index de la détente, libérez le pistolet de la main qui ne tire pas et serrez la prise très fort jusqu'à remarquer un tremblement. Relâchez aussitôt un faible pourcentage de cette pression de serrage, juste assez pour que le tremblement disparaisse et que reste une prise dure et solide, qui donnera un contrôle absolu. Plus la prise est serrée, meilleur est le contrôle. Le tireur exerce à présent la pression correcte pour un contrôle maximal du recul.

4. Vérifier la prise en main. La bonne prise est une prise naturelle qui satisfait à toutes les exigences du paragraphe 2 ci-dessus. Pour s'assurer d'une bonne prise, il faut la vérifier au regard de ces exigences. La familiarité est un facteur décisif pour savoir si votre prise est bonne : à force d'avoir utilisé la bonne prise un nombre incalculable de fois, on sent immédiatement un défaut.

a. Pour s'assurer que les organes de visée resteront alignés, on fait l'essai suivant : tendez le bras de tir et observez l'alignement. Si le guidon et la hausse ne sont pas alignés, saisissez le canon avec la main qui ne tire pas, desserrez la prise suffisamment pour faire glisser le pistolet dans la main, en le tournant légèrement dans le sens opposé à l'erreur d'alignement. Reprenez fermement le pistolet en main et tendez le bras. Vérifiez l'alignement sans faire d'effort pour aligner les organes de visée par un mouvement du poignet ou de la tête. Si l'alignement est naturel, vous pouvez vérifier son maintien. Le bras tendu, fermez les yeux, levez et abaissez le bras, puis stabilisez-vous. Ouvrez les yeux et observez. Si l'alignement a dévié, replacez le pistolet dans la main de tir et répétez l'essai les yeux fermés jusqu'à obtenir et conserver un alignement naturel du guidon et de la hausse. Pendant le tir, il faut vérifier constamment que les organes de visée continuent à s'aligner d'eux-mêmes. La prise obtenue au début du tir ne restera pas forcément correcte, car les secousses du recul et l'accumulation de la fatigue obligeront à corriger la prise pour maintenir l'alignement.

b. Pour vérifier que la prise est assez ferme pour empêcher tout déplacement, après s'être assuré que le pistolet est déchargé, faites heurter le pistolet assez vigoureusement par l'entraîneur, vers le haut ou sur le côté, avec le talon de sa main. Faites aussi saisir le pistolet par le canon à l'entraîneur, qui essaiera de vous l'arracher de la main.

c. Pour déceler des variations de serrage ou de justesse de la prise, le mieux est de tirer quelques coups à sec avant le début du tir réel et de guetter de légères variations de l'alignement.

d. L'indépendance de l'action sur la détente se vérifie avant le tir en contrôlant visuellement que l'index ne touche pas la poignée. Vérifiez par le tir à sec qu'aucune résistance ni frottement excessif ne se fait sentir dans la détente. Vérifiez aussi qu'aucune contraction involontaire des muscles de la main n'accompagne la pression sur la détente : elle peut déranger l'alignement autant que le fait de ne pas presser la détente droit vers l'arrière.

e. L'apparition rapide de la fatigue et de douleurs dans la main de tir résulte généralement d'une prise incorrecte.

f. Le mieux, pour vérifier que le recul part droit vers l'arrière, directement dans le bras et l'épaule de tir, est de s'exercer avec un pistolet déchargé : un entraîneur ou un coéquipier se place devant vous et pousse vigoureusement et brusquement sur la bouche du canon de votre pistolet fermement tenu, le repoussant droit vers votre épaule pour simuler le recul.

5. Moyens de développer une bonne prise en main. Les grands tireurs au pistolet ont : des mains fortes et une prise dure ; une façon de serrer qui ne change pas, sauf si l'analyse impose un changement qui l'améliore ; une prise différente maîtrisée pour chaque forme de crosse ou chaque type de pistolet ; des plaquettes moulées, façonnées ou faites sur mesure, parfaitement ajustées ; et, s'ils utilisent de la colophane en poudre ou une substance analogue, ils l'appliquent chaque fois que leur main devient moite, avant de saisir le pistolet.

a. Les « as » ont une prise comme un étau. Des appareils d'exercice comme les balles en caoutchouc, les pinces à ressort, etc., développent une prise vigoureuse. Ces appareils exigent un usage constant. Une autre approche, pour moins dépendre des appareils artificiels, consiste à pratiquer un travail ou un sport qui sollicite la force et la dextérité des mains, par exemple fendre du bois, bêcher le jardin, tailler la haie au sécateur, jouer au tennis, au base-ball, au ping-pong, etc. Le travail minutieux des mains développe aussi un toucher précis et une coordination précieux pour le tireur au pistolet.

b. Ne changez jamais votre prise à la légère. Une prise correcte est un bien précieux. Elle naît de beaucoup de travail, de réflexion et de méthode, ainsi que d'une analyse minutieuse. Toute prise satisfaisante rencontrée chez les meilleurs tireurs est le fruit de tâtonnements. La bonne prise qui résulte de tant d'efforts ne doit être changée que si une analyse rigoureusement critique impose un changement qui l'améliore. Le tireur qui change désespérément de prise en espérant tomber par hasard sur la bonne solution verra en général ses scores baisser. S'il obtient un meilleur score dans ces conditions, c'est occasionnellement, sans raison tangible à cette amélioration. La réponse est l'analyse et l'essai, dans une quête sans fin pour améliorer votre tir.

c. La bonne prise du tireur doit être modifiée selon les types de pistolets. La fermeté de la prise reste la même pour tous les calibres et tous les types de pistolets et de revolvers, mais la manière de saisir doit correspondre à la forme et à la taille de la poignée, tout en satisfaisant à toutes les exigences de la bonne prise. Par exemple, la poignée du calibre .22 a parfois une circonférence plus petite que celle d'un pistolet de calibre .45. Dans ce cas, les trois derniers doigts peuvent faire davantage le tour de la crosse, de sorte que l'un des points de pression principaux (la phalange médiane de chacun des trois derniers doigts) se retrouve au-delà du front strap, en partie sur son côté gauche. La pression exercée ne serait alors pas droit vers l'arrière. Pleinement appliquée comme dans la prise normale, elle perturberait sans doute l'alignement naturel des organes de visée. De même, les tireurs aux petites mains ont des difficultés avec des crosses de tailles diverses. Un exemple : à cause d'un index court qui n'atteint la détente que du bout du doigt, il faut trouver un compromis entre une pression sur la détente droit vers l'arrière et la meilleure position du pistolet dans la main de tir, celle qui tend à donner un alignement naturel.

d. Les plaquettes façonnées, moulées ou faites sur mesure doivent être parfaitement ajustées. Les plaquettes ajustées servent avant tout à aider le tireur qui n'arrive pas à reproduire régulièrement la bonne prise avec les plaquettes d'origine. Chaque tireur doit d'abord déterminer quelles particularités et caractéristiques d'une plaquette façonnée conviennent à sa main. On peut fabriquer des plaquettes parfaitement ajustées, mais c'est un travail difficile. Seul un tireur expérimenté est capable de savoir ce dont il a réellement besoin dans des plaquettes sur mesure, car lui seul sait à quoi ressemble sa bonne prise, et quelle sensation elle donne.

e. De la colophane en poudre saupoudrée sur la main peut aider à conserver une prise solide et maîtrisée, mais elle n'est pas absolument nécessaire. Normalement, une main forte et le quadrillage et le grenage des plaquettes et des surfaces métalliques suffisent. Par temps chaud, quand la main peut transpirer, ou quand une main mouillée par la pluie risque de glisser, l'usage de colophane en poudre ou d'une substance analogue, qui assèche temporairement la peau de la paume et des doigts, se justifie alors.

En définitive, il n'existe qu'une seule prise correcte pour vous. C'est une prise ferme, qui donne au tireur le plus haut degré de contrôle sur le maintien de l'alignement des organes de visée et qui permet une pression franche, droit vers l'arrière, sur la détente sans déranger l'alignement.

D. Contrôle de la respiration

Une bonne méthode de respiration est une partie essentielle du système de contrôle du tireur. La plupart des tireurs au pistolet connaissent moins bien la bonne méthode de contrôle de la respiration que n'importe lequel des autres fondamentaux. Le but d'un bon contrôle de la respiration est de permettre au tireur de retenir sa respiration, sans inconfort, assez longtemps pour tirer un coup en tir lent, cinq coups en vingt secondes en tir chronométré ou cinq coups en dix secondes en tir rapide, sans perdre sa capacité à rester immobile ni à se concentrer sur l'alignement des organes de visée.

1. Pour être efficace, le contrôle de la respiration doit être pratiqué de façon systématique et uniforme. Il favorise la capacité à se concentrer et à maintenir un rythme.

a. Favoriser une tenue stable. Il est généralement admis que l'on ne doit pas respirer pendant la visée. La respiration s'accompagne du mouvement rythmique de la cage thoracique, de l'abdomen et des épaules. Le pistolet bouge alors excessivement, ce qui rend presque impossible de tirer un coup précis. On ne doit donc pas respirer et essayer de tirer un coup en même temps, mais s'efforcer de retenir sa respiration pendant un court moment.

b. Les processus physiologiques de la respiration. Le tireur ne doit cependant pas considérer la respiration sous le seul angle du mouvement de la cage thoracique et de l'arme. Il ne doit pas oublier que la respiration, qui combine des processus se déroulant en permanence dans le corps humain, détermine en général l'état de la personne. Une bonne respiration a donc une grande importance pendant des séances de tir qui durent plusieurs heures. Une technique de respiration incorrecte a un effet néfaste sur le tir, en particulier si la concentration est troublée par la sensation du besoin de respirer.

(1) Au cours de la respiration, le volume de la cage thoracique augmente et diminue alternativement ; la personne inspire et expire en conséquence. On inspire lorsque les dimensions de la cage thoracique augmentent. Une fois dans les poumons, l'air fournit de l'oxygène au sang et, en retour, se charge de gaz carbonique et de vapeur d'eau. L'expiration se produit lorsque tous les muscles se relâchent, que le diaphragme remonte et que, sous l'action du poids de la cage thoracique et de l'élasticité des poumons, l'air est chassé du corps. L'expiration ne demande aucun effort musculaire : elle résulte de l'élasticité des côtes, des tissus musculaires et des poumons.

(2) En respirant calmement, une personne effectue en moyenne 12 à 13 cycles respiratoires par minute. Un cycle respiratoire dure donc 4 à 5 secondes. Si l'on suit le cycle respiratoire, on remarque sans peine que la position tendue de l'inspiration est très vite remplacée par l'expiration. L'inspiration suivante commence après une pause respiratoire de 2 à 3 secondes (figure 1-7), pendant laquelle le gaz carbonique s'accumule dans les poumons. La durée de la pause respiratoire est déterminée par la proportion d'oxygène et de gaz carbonique dans l'air qui reste dans les poumons.

Figure 1-7. Schéma de la respiration d'une personne.
Figure 1-7. Schéma de la respiration d'une personne.

(3) La pause respiratoire et les questions de ventilation des poumons ont une grande importance pour le tireur. Il est évident que, pendant la visée et la pression sur la détente, la respiration ne doit être retenue qu'après l'expiration, en s'arrangeant pour la retenir au moment de la pause respiratoire naturelle. Pendant ce temps, les muscles ne sont pas sollicités et se trouvent dans un état de relâchement.

c. On peut prolonger cette pause respiratoire de plusieurs secondes, c'est-à-dire retenir confortablement sa respiration pendant 15 à 20 secondes, sans effort particulier et sans éprouver de sensations désagréables. Ce temps est plus que suffisant pour tirer un ou plusieurs coups. Les tireurs expérimentés prennent généralement une inspiration profonde avant de tirer puis, en expirant lentement, retiennent progressivement leur respiration, se relâchent et concentrent toute leur attention sur l'alignement des organes de visée et sur la pression régulière de la détente (figure 1-8).

Figure 1-8. Schéma de la manière dont une personne retient sa respiration pour tirer un coup.
Figure 1-8. Schéma de la manière dont une personne retient sa respiration pour tirer un coup.

2. Méthode recommandée.

a. Avant les commandements de tir :

(1) En chassant l'air des poumons avant la visée, on ne doit faire absolument aucun effort. L'expiration doit être naturelle et libre, comme dans la respiration ordinaire. L'air ne doit pas être retenu dans les poumons : une expiration incomplète avant la visée provoque une crispation et une stimulation des centres nerveux qui règlent la respiration, et la concentration du tireur sur la visée s'en trouve détournée.

(2) Pour que, au cours d'un tir prolongé, l'interruption du rythme respiratoire n'ait pas d'influence sur le tireur, il ne faut pas retenir sa respiration trop longtemps en essayant de tirer un coup en tir lent. Si le tireur n'a pas tiré son coup en 8 à 10 secondes, il doit interrompre la visée et reprendre sa respiration.

(3) Avant de retenir sa respiration pour le coup suivant, il doit bien vider ses poumons en prenant plusieurs inspirations profondes. Il faut faire de même entre les coups et entre les séries, pendant toute la durée du tir. Cela facilite l'allongement de la pause respiratoire avant la visée et assure un repos régulier entre les coups et les séries. Le taux d'oxygène dans le sang augmente légèrement. Le tireur reste ainsi relâché et à l'aise pendant tout le tir, sans fatigue excessive ni prématurée.

b. Pendant les commandements de tir. Prenez une inspiration plus profonde que la normale au commandement « Prêts à droite », une autre à « Prêts à gauche », tendez votre pistolet, prenez la dernière inspiration et expirez jusqu'au point de confort à « Ligne de tir prête ». À mesure qu'il acquiert de l'expérience dans le contrôle de la respiration, le tireur constatera qu'il retient sa respiration, ou prolonge sa pause respiratoire normale, sans trop en avoir conscience, ce qui lui permet une concentration intense sur l'alignement des organes de visée et la pression sur la détente.

c. Pendant le tir proprement dit. Le tireur ne doit pas avoir conscience du besoin de respirer. Si, à l'entraînement, un tireur constate qu'il ne peut pas retenir sa respiration pendant les vingt secondes nécessaires pour tirer une série en tir chronométré, il doit prendre l'habitude de tirer ses séries de tir chronométré en moins de vingt secondes. Cependant, si au cours d'une série en tir chronométré ou rapide le tireur se sent obligé de respirer, il doit prendre rapidement une courte inspiration et continuer à tirer. Cela provoque une baisse de la concentration sur l'alignement des organes de visée et ne doit pas être la technique normalement employée.