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Ch. 3 — Contrôle de la détente

A. Généralités

Un contrôle correct de la détente doit s'exercer en combinaison avec tous les autres fondamentaux du tir. L'acte physique qui consiste à presser la détente pour lâcher un coup précis peut varier d'un individu à l'autre. Le bon contrôle de la détente de chacun devient peu à peu régulier lorsque la technique correcte est maîtrisée. Beaucoup de tireurs, par exemple, conservent une certaine maîtrise de la détente avec une prise en main relativement légère, alors qu'un autre tireur utilisera une prise très ferme. Certains tireurs préfèrent exercer une pression régulière et rapide sur la détente tout en maintenant un alignement correct des organes de visée. Pour un autre tireur, une pression plus lente et plus délibérée peut donner les mêmes résultats. Un nombre toujours croissant de tireurs adopte la pression franche sur la détente : une fois commencée, elle devient une pression ininterrompue et constamment croissante jusqu'au départ du coup.

Le contrôle de la détente est d'une très grande importance pour obtenir un coup précis. Lorsque le tireur exerce une pression sur la détente, il doit le faire de façon à ne modifier ni l'alignement des organes de visée ni la position du pistolet. Le tireur doit donc être capable d'exercer sur la détente une pression souple et régulière. De plus, la détente doit être pressée en même temps que s'exercent une concentration maximale, une perception visuelle optimale de l'alignement et un arc de mouvement minimal.

Pour produire un coup précis, le tireur doit accomplir de nombreuses actions diverses, mais liées entre elles. La tâche est compliquée par le fait que le pistolet est plus ou moins en mouvement pendant toute la durée de la visée. Ce mouvement varie selon la stabilité de la position du tireur. L'alignement des organes de visée s'écarte donc de la zone de visée. Souvent, il traverse la zone de visée et ne s'arrête que peu de temps en alignement parfait avec la cible. Il est impossible de déterminer à quel moment et pendant combien de temps les organes de visée correctement alignés resteront au centre de la zone de visée. Cette difficulté est encore aggravée par le fait que le tireur cherche à exécuter des actions coordonnées alors que des réflexes tendent à les contrarier. Une telle situation exige le développement de réflexes conditionnés et l'amélioration de la coordination.

L'action coordonnée que constituent une visée correcte, une pression sur la détente au bon moment et un départ correct du coup est difficile, et on ne peut l'accomplir qu'en surmontant d'anciens réflexes non coordonnés ou en en acquérant de nouveaux. Ce n'est que par un entraînement constant et une attention soutenue aux techniques reconnues que ces nouveaux réflexes peuvent s'acquérir. La nature et les caractéristiques propres du système nerveux humain sont traitées en détail à l'annexe III intitulée « Processus du système nerveux humain liés à l'équilibre, au contrôle de la détente et à l'audition ».

N.d.T. Les annexes I et III auxquelles renvoie le manuel ne figurent pas dans la version numérique qui a servi à cette traduction.

B. Facteurs d'un contrôle correct de la détente

La pression exercée sur la détente doit provenir uniquement d'un mouvement indépendant de l'index. Les doigts qui tiennent la poignée et le pouce ne bougent pas et ne se serrent pas. Gardez une pression de la prise constante. Alignez les organes de visée, installez-vous dans votre zone de visée habituelle et exercez une pression franche, ininterrompue et croissante, droit vers l'arrière, jusqu'à la chute du chien. Ne cherchez pas une image de visée parfaite combinant hausse, guidon et visuel. Faites au contraire la mise au point de l'œil sur le guidon, en le gardant parfaitement aligné dans le cran de mire. La cible floue, hors de la mise au point, peut bouger légèrement, mais ce mouvement a relativement peu d'importance. Chaque fois que le coup part avec un bon alignement, à l'intérieur de l'arc de mouvement habituel, et qu'il s'agit d'un coup de surprise, le coup sera bon et touchera la cible dans les limites de votre tenue.

Le contrôle de la détente comporte une suite d'actions qui se déroulent lorsque le mécanisme de mise à feu est libéré en douceur.

1. Jeu et pression initiale. Toute course libre de la détente, appelée jeu, doit être rattrapée avant une légère pression initiale. Cette action garantit que les jeux de la tringlerie du mécanisme de mise à feu sont rattrapés et que les pièces sont fermement en contact avant que la pression franche ne s'exerce.

La pression initiale est une pression automatique et légère, égale à environ un quart, ou moins, de la pression totale nécessaire pour faire partir le coup. Cette action soigneuse facilite la pression franche qui libérera le chien rapidement et en douceur.

Pour lâcher un coup contrôlé, le tireur doit apprendre à augmenter la pression sur la détente de façon franche, souple, progressive et régulière. Cela ne signifie pas pour autant que la détente doit être pressée lentement. Elle doit être pressée en douceur, sans interruption, mais le départ ne doit pas prendre plus de 2 à 5 secondes. De nombreuses séries précises de tir rapide, de cinq coups en dix secondes, sont tirées selon un cycle qui ne laisse qu'une seconde ou moins pour appliquer les principes d'un contrôle correct de la détente.

Une action douce sur la détente impose des exigences particulières à l'index lorsqu'il presse la détente ; son fonctionnement correct détermine dans une large mesure la qualité du coup. L'alignement des organes de visée obtenu avec le plus grand soin sera gâché par la moindre erreur dans le mouvement de l'index.

2. Rôle d'une prise en main correcte. Pour que l'index puisse remplir sa fonction sans gâcher la visée, il faut d'abord que la main saisisse correctement le pistolet et crée l'appui voulu, permettant à l'index de vaincre la résistance de la détente. La poignée du pistolet doit être serrée fermement, mais sans aucun tremblement. Il faut aussi que l'index ne touche pas le flanc de la crosse. Le mouvement de l'index doit être indépendant lorsqu'il presse la détente, et ne provoquer aucune modification latérale de l'alignement.

3. Placement correct de l'index sur la détente. Il faut presser la détente soit avec la première phalange de l'index, soit avec la première articulation. La détente doit être pressée droit vers l'arrière. Si le doigt presse la détente de côté, des effets indésirables apparaissent. Le poids de la détente augmente ; à cause du frottement supplémentaire sur certaines pièces du mécanisme de détente, une détente par ailleurs irréprochable prend, lorsqu'une pression latérale s'exerce sur elle, les caractéristiques d'une mauvaise détente. Il faut aussi considérer l'effet de la pression latérale sur l'alignement des organes de visée. Il suffit d'une légère pression latérale pour provoquer une erreur d'alignement. La cause principale d'une pression latérale est un mauvais placement de l'index sur la détente.

Figure 3-1. Placement correct de l'index sur la détente : (a) avec l'articulation de l'index, (b) avec la première phalange de l'index.
Figure 3-1. Placement correct de l'index sur la détente : (a) avec l'articulation de l'index, (b) avec la première phalange de l'index.

Le placement idéal de l'index sur la détente peut être modifié dans une certaine mesure par l'exigence d'une prise en main qui donne un alignement naturel du guidon et de la hausse. Le tireur doit souvent faire un compromis pour pallier les effets indésirables de l'impossibilité de tirer pleinement parti de chaque facteur.

4. Coordination. Il faut souligner que le tir en match ne réussit que si tous les facteurs de contrôle sont constamment coordonnés.

La capacité à contrôler la détente en douceur ne suffit pas à elle seule pour produire un coup précis. La détente doit être actionnée en même temps que s'exercent un alignement correct, un arc de mouvement minimal et une concentration maximale et sans perturbation. On pourrait appeler cela la cadence, le rythme ou la synchronisation. Quel que soit son nom, cela ne vient qu'à ceux qui s'entraînent souvent. Une aptitude occasionnelle ne suffit pas pour tirer au niveau d'un championnat. Un classement cumulé aux trois armes (three-gun aggregate) exige 270 réussites. Une performance régulière et rigoureuse est favorisée par la capacité à compenser automatiquement les erreurs. Pendant le tir, il faut presser la détente dans des conditions variables de mouvement du pistolet, en conservant un alignement correct. Pour exercer sur la détente une pression coordonnée, le tireur doit attendre des moments précis où tous les facteurs et toutes les conditions sont favorables. Il sera souvent impossible d'exercer un contrôle maximal. Le tireur ne doit cependant jamais chercher à tirer avant de s'être complètement installé dans un arc de mouvement minimal.

C. Application de la pression sur la détente

1. Pression franche et ininterrompue sur la détente (méthode du coup de surprise). Il s'agit essentiellement de mener le tir du coup à son terme une fois la pression sur la détente commencée. Le tireur s'engage à une vitesse de pression constante : ni accélération, ni ralentissement, ni arrêt. La pression sur la détente est ininterrompue parce qu'elle n'est commencée que si les conditions sont stables et presque parfaites. Si ces conditions parfaites se dégradent, le tireur ne doit pas tirer, mais poser l'arme, se relâcher, refaire son plan et recommencer.

Lorsque le pistolet est stable et immobile, et que les périodes d'arc de mouvement minimal durent plus longtemps, il importe peu que le départ intervienne une seconde plus tôt ou une seconde plus tard. Chaque fois que le coup part avec un arc de mouvement minimal et des organes de visée alignés, ce sera un bon coup. Par conséquent, dès que le tireur a établi un arc de mouvement minimal stable et l'alignement des organes de visée, il doit immédiatement commencer à presser la détente, en douceur mais franchement, droit vers l'arrière et sans s'arrêter, jusqu'au départ du coup. Cette méthode de contrôle de la détente donne au tireur un départ du coup par surprise, avant qu'un réflexe musculaire ne puisse perturber l'alignement.

Figure 3-2. Coup de surprise obtenu par une pression franche et ininterrompue sur la détente.
Figure 3-2. Coup de surprise obtenu par une pression franche et ininterrompue sur la détente.

2. Pression interrompue sur la détente, ou méthode du tir « au point ». C'est une méthode de contrôle de la détente qui n'est pas recommandée, bien que certains tireurs l'emploient. Certains tireurs croient pouvoir choisir le moment du départ, même après des années d'expérience.

a. Le tireur aligne les organes de visée et exerce une pression initiale sur la détente. Il fait ensuite tout son possible pour tenir l'arme immobile. Pendant les très brefs moments d'immobilité, il presse la détente. Si l'alignement change et n'est plus parfait, ou si l'arc de mouvement de l'arme augmente, la pression sur la détente est suspendue et la tension sur la détente maintenue. Lorsque l'alignement est de nouveau parfait et que le mouvement diminue, la pression reprend jusqu'au départ du coup ; ou bien, après le rattrapage du jeu de la détente, une pression initiale est appliquée et le coup est lâché d'un seul mouvement rapide de l'index lorsque l'arc de mouvement minimal diminue. Dans ce cas, la présence d'un alignement parfait n'est pas jugée indispensable pour commencer l'action sur la détente. Une pression brusque sur la détente perturbe l'alignement existant, et les autres facteurs fondamentaux de contrôle sont subordonnés à l'arc de mouvement minimal. L'application de tous les autres fondamentaux est requise, qu'ils soient optimaux ou non.

Figure 3-3. Pression sur la détente fondée sur une image de visée parfaite.
Figure 3-3. Pression sur la détente fondée sur une image de visée parfaite.

b. Pendant que le tireur exerce une pression franche droit vers l'arrière, si l'idée d'accélérer ou de ralentir cette pression lui traverse l'esprit, sa concentration sur l'alignement des organes de visée se rompt.

c. La décision d'augmenter la pression sur la détente peut provoquer une réaction réflexe couramment appelée anticipation, qui se traduit généralement par une poussée du talon de la main (la balle frappe la cible vers une heure). Le recul devient plus imminent et le cerveau envoie aux muscles du bras et de la main le signal de réagir prématurément, une fraction de seconde avant le départ du coup, d'où de fréquents mauvais coups et de faibles scores.

Figure 3-4. Coup tiré avec une pression interrompue sur la détente, comparé à un coup tiré avec un contrôle franc et ininterrompu de la détente.
Figure 3-4. Coup tiré avec une pression interrompue sur la détente, comparé à un coup tiré avec un contrôle franc et ininterrompu de la détente.

D. Erreurs de contrôle de la détente et moyens d'y remédier

1. L'erreur la plus grave et la plus perturbatrice du tireur est le coup de doigt, c'est-à-dire une pression brusque sur la détente accompagnée d'une action musculaire des muscles de la main et du bras.

Si le coup de doigt se limitait à une pression brusque sur la détente et au déplacement rapide de l'axe du canon, il ne produirait qu'une partie de ses effets.

a. Le coup de doigt s'accompagne généralement :

(1) d'une forte contraction de tous les muscles du bras et de l'épaule ;

(2) d'un serrage brusque de la main sur la poignée ;

(3) d'une pression qui ne s'exerce pas droit vers l'arrière.

Tous ces facteurs réunis provoquent un fort déplacement du pistolet sur le côté et vers le bas, et il ne peut en résulter qu'un très mauvais coup.

b. C'est le plus souvent chez les tireurs débutants que l'on observe le coup de doigt. Leur arc de mouvement étant généralement important, les moments favorables à un bon coup sont de très courte durée.

c. Le coup de doigt a pour cause l'habitude de vouloir « arracher un dix », comme on dit. Le tireur cherche à tirer au moment où le guidon centré, dans son va-et-vient, passe sous le bord inférieur du visuel, ou s'arrête brièvement près du centre de la zone de visée. Ces moments étant fugaces, le tireur inexpérimenté s'efforce d'exercer à cet instant toute la pression nécessaire sur la détente. Cette pression rapide et brusque ne fait pas seulement travailler les muscles de l'index, elle s'accompagne de l'action associée de plusieurs autres muscles. L'action involontaire de ces muscles produit le « coup de doigt » et le coup imprécis qui en résulte. Le jeune tireur, qui appréhende le recul du pistolet et le bruit de la détonation, contracte ses muscles par un réflexe d'anticipation du recul, pour contrer le recul attendu. C'est ce qu'on appelle aussi la poussée du talon de la main.

d. La pratique a montré qu'il faut avertir le jeune tireur suffisamment tôt dans sa formation des dangers du coup de doigt, et prendre des mesures efficaces pour lui enseigner la technique correcte d'un tir précis.

e. S'il est difficile de déceler les erreurs de contrôle de la détente, c'est souvent parce que le pistolet s'est déplacé pendant le recul et que les erreurs ne sont pas reconnues. Le tireur a plus de mal à juger qu'un entraîneur, et il ne se rend souvent pas compte qu'il donne un coup de doigt, qu'il cligne des yeux ou qu'il contracte les muscles du bras et de l'épaule.

f. Le moyen le plus simple de corriger le coup de doigt chez le jeune tireur est de le faire suivre par un entraîneur expérimenté. Un entraîneur décèle plus facilement les erreurs et corrige les habitudes qui conduisent à un mauvais contrôle de la détente. Souvent, le tireur ne juge pas nécessaire d'établir de façon certaine s'il donne ou non un coup de doigt. Il doit pourtant savoir que s'il ne se débarrasse pas de cette habitude néfaste, il n'obtiendra jamais de bons résultats.

g. Les signes du coup de doigt sont un agrandissement du groupement, ou des coups écartés sur le côté qui n'ont pas été annoncés à cet endroit, principalement en bas à gauche (pour les droitiers). Pour corriger ce défaut, le tireur doit modifier ses exercices d'entraînement, mais en aucun cas les interrompre.

(1) Le tir à sec permet au système nerveux de se reposer du recul du coup. Grâce à cette pratique, certains réflexes nuisibles au tir (raidissement du bras pour contrer le recul, contraction des muscles dans l'attente du coup, clignement des yeux au bruit de la détonation) ne se développent pas. En fait, ils commencent à diminuer et peuvent disparaître complètement.

(2) Ensuite, le tireur peut poursuivre son entraînement normal, mais s'exercer de temps en temps « à sec ». De cette façon, il ne perd pas la stabilité de sa position, ni les réflexes utiles qu'il a développés au cours des tirs précédents.

(3) En visant soigneusement et en observant attentivement tout ce qui arrive au pistolet lorsqu'il presse la détente, le tireur découvrira ses erreurs et les éliminera. L'entraînement avec des cartouches réelles mêlées de cartouches inertes (ball and dummy) et le tir à sec sont très profitables. Ils permettent de développer correctement et soigneusement la technique de pression sur la détente, et contribuent à l'acquisition de bonnes habitudes dans le contrôle de la détente.

(4) En commençant le tir à sec, le tireur doit d'abord surmonter l'envie d'« attraper » un coup lorsque le guidon centré se trouve sous le visuel. Quel que soit l'arc de mouvement, le tireur doit s'apprendre à ne faire que presser la détente en douceur et à employer la méthode de la pression franche et ininterrompue. Lorsque le contrôle souple de la détente est redevenu une habitude et qu'il n'a plus besoin d'y porter une attention particulière, il peut reprendre le tir à balles réelles. Après la reprise du tir à balles réelles, les premiers exercices d'entraînement doivent se faire sur une feuille de papier blanc vierge plutôt que sur une cible à zone de visée noire. En même temps, le tireur doit s'attacher tout particulièrement à analyser sa performance, à contrer l'envie de donner un coup de doigt, et à prendre conscience de ses réactions incorrectes au départ du coup.

2. Une autre erreur que commet le tireur dans le contrôle de la détente est de « tenir trop longtemps », c'est-à-dire de faire traîner la pression sur la détente.

a. Quand il tient trop longtemps, le tireur n'a plus assez d'air pour retenir sa respiration, son œil se fatigue et son acuité visuelle diminue. De plus, sa position perd une partie de sa stabilité. Par conséquent, lorsqu'il tient trop longtemps, le tireur presse la détente dans des conditions défavorables.

b. Tenir trop longtemps est la conséquence d'une pression excessivement lente et prudente sur la détente, elle-même causée par la crainte du tireur de faire un mauvais coup. Cette indécision et cet excès de prudence peuvent être considérés comme l'inverse du coup de doigt. En outre, le fait de tenir trop longtemps provient du manque de coordination des mouvements qui apparaît souvent, à certains stades de l'entraînement, lorsque le processus d'inhibition l'emporte sur le processus d'excitation. Plus simplement, le tireur n'arrive pas à se forcer à exercer une pression franche sur la détente au bon moment. Les moments favorables passent l'un après l'autre, et bientôt les chances de tirer un coup précis ont disparu. Évidemment, la phase de contrôle de la détente s'est prolongée bien au-delà de sa durée utile. Cette situation se produit souvent après une période d'exercices de tir à sec. Le tireur perd la sensation du poids réel de la détente lorsqu'il tire longtemps avec une cartouche dans la chambre. Lors du départ d'un coup à sec, la détente paraît plutôt légère, mais quand le tireur passe aux cartouches réelles, le poids de la détente semble nettement plus élevé. Il a l'impression de devoir fournir un effort plus grand pour vaincre ce poids apparemment plus élevé. Souvent, le tireur attribue ses difficultés à un mauvais réglage du mécanisme de détente. On ne gagne rien à de telles suppositions. Le plus souvent, le tireur retrouve un contrôle normal de la détente, puisque la racine du mal est un manque de coordination du contrôle et non le réglage de la détente.

N.d.T. Traduit tel quel (with a round in the chamber). Le contexte — le tir à sec — suggère plutôt « sans cartouche dans la chambre » : le tireur habitué au départ à vide trouve la détente plus lourde en tir réel.

c. Le rétablissement de la coordination des mouvements et le retour au juste équilibre entre excitation et inhibition s'obtiennent principalement par un entraînement méthodique, l'entraînement en conditions de match et des exercices de tir à sec. C'est précisément cette méthode d'entraînement qui développe la coordination nécessaire des actions du tireur. Lorsque les mouvements du tireur deviennent automatiques, l'index travaille sans contrainte et le coup part au bon moment. Il est important que chaque séance d'entraînement commence par quelques exercices de tir à sec. Il a été démontré que de tels exercices sont nécessaires au développement d'un tir précis. Ces exercices peuvent aussi être répétés après le tir compté, pour rétablir l'équilibre des processus nerveux.

d. Il arrive souvent qu'un tireur, pendant le tir compté, ne parvienne pas à lâcher un coup. Après plusieurs tentatives infructueuses, il perd confiance. Plutôt que de risquer un coup perdu, le tireur doit, si le temps le permet, décharger le pistolet et tirer quelques coups à sec. Après avoir rétabli la coordination de ses mouvements et retrouvé sa confiance, le tireur est bien mieux préparé, physiquement et mentalement, à lâcher un coup précis. Tirer le coup dans les premières secondes qui suivent l'installation dans une bonne tenue garantit la confiance.

3. Nous avons examiné les erreurs fondamentales qui surviennent dans le contrôle de la détente. Considérons maintenant un problème qui lui est également étroitement lié : le réglage de la détente.

a. La réussite d'un coup précis dépend dans une large mesure de la qualité du réglage de la détente. Une détente mal réglée aggrave les erreurs que commet le tireur en pressant la détente. Les mauvais réglages sont notamment :

(1) un poids de détente excessif ;

(2) une course de détente excessivement longue (mouvement de la détente) ;

(3) un poids de détente trop léger ;

(4) un poids de détente variable.

b. Le tireur ne doit pas chercher à surmonter ces difficultés en modifiant son contrôle de la détente, mais confier le problème et le pistolet à l'armurier pour qu'il y remédie.